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Racisme, sexisme, violence et harcèlement : bienvenue à la mairie de Paris – Episode 2

Les fils qui mènent à des affaires sordides dépassent partout à la mairie de Paris, comme celle de Maxime Cochard – conseiller municipal accusé de viol et dont la victime présumée se suicidera peu de temps après avoir osé parler. Aujourd’hui, nous avons tiré un fil qui mène à Didier Conques. L’histoire ne vous décevra pas : entre racisme et harcèlement, la gestion de la capitale repose sur un système protégeant les coteries les plus folles. Enquête sur des monstres de la gauche parisienne. Deuxième partie.

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© Valentin Deniau pour L'Incorrect

Philippe Lasnier, « le monsieur gay de la mairie de Paris » à la manœuvre

Il, c’est Philippe Lasnier. « D’après son profil en ligne, c’est d’abord un conseiller de Delanoë qui fait partie du service numérique de la mairie de Paris, explique Alexandre, membre du bureau de l’association de défense des fonctionnaires. On nous a expliqué que quand quelqu’un accusait un élu, un fonctionnaire ou cadre qui appartenait au camp socialiste, une de ses missions consistait à ‘tailler’ une réputation au plaignant. Il semblerait que cet individu au rôle trouble a eu le dossier de Yanis entre les mains…». Celui que la revue ProChoix surnommait « le M. Gay de la mairie de Paris » est aussi connu sous le sobriquet de « Monsieur pack de lait » pour avoir envoyé par email une photo de son sexe en érection à côté d’une brique de lait à un jeune homme venu passer un entretien professionnel pour lui en montrer l’échelle. Soupçonné d’être derrière le fameux compte twitter anonyme et délateur « ParisPasRose », monsieur pack de lait inonde l’Inspection générale d’accusations contre Yanis et défendant son « ami » Didier Conques. Une méthode qui avait déjà été mise à profit dans d’autres cadres que nous révélions dans un précédent article.

« Suite à la diffusion d’un tweet, de nombreuses personnes nous ont contactés au sujet de ce Monsieur pour se plaindre d’harcèlements en ligne ». L’enfer n’en finit plus d’être dévoilé au téléphone par cette association.« Selon des messages reçus en privé, il agissait sur twitter avec ‘sa petite bande de gauche’ qui se considère au sommet de la caste ». Immanquablement, certaines manies se dégagent : « Ils considèrent pouvoir mépriser les autres gays sans problème. Ils se pensent irréprochables parce que cachés derrière la défense de la cause gay. Ils savaient qu’ils ne pourraient pas être accusés ».

Au début de « l’affaire Conques et Yanis», beaucoup n’osent pas témoigner à découvert de ce qui se trame à la mairie du XXe. Malgré cette peur collective, un agent choisit de raconter à l’Inspection générale que Didier Conques est passé derrière lui dans le couloir pour mimer une sodomie puis qu’il l’a giflé sans raison. Conques l’a appris et l’a fait convoquer dans son bureau où il l’a menacé de poursuites pour avoir parlé. Aucune protection n’a été garantie à ce fonctionnaire, il a été jeté en pâture au tout puissant directeur général des services. Un autre homme officiant à la mairie raconte que bien avant l’arrivée de Yanis dans cette mairie, Didier Conques l’a agressé sexuellement « dans l’ascenseur », lui attrapant d’abord les fesses puis les testicules. Alors qu’il essaye de se défendre, Didier Conques lui assène : « Fais pas ta petite mijaurée ! ». Il faut savoir qu’au moment des faits, Didier Conques venait à peine de prendre ses fonctions, ce qui déjà donnait le ton pour les années à suivre. « Est-ce agréable de se faire tirer sur le pantalon au point que ça découvre la moitié des fesses ? Se faire palper les pectoraux accompagné d’un « ça va vous former les muscles ici ! », de sentir en plein travail une main entre les fesses ? Ça se passe à quelle époque et où ? » s’indigne à juste raison un ancien fonctionnaire de la mairie du 20ème.

Lire aussi : Racisme, sexisme, violence et harcèlement : bienvenue à la mairie de Paris – Episode 1

Mais les consignes de la mairie de Paris sont de ne pas parler. Gare à celle/celui qui se montrerait trop téméraire, du moins trop bavard ! On demande aux victimes ou aux potentiels témoins de se taire voire de contredire la version de Yanis. Tout en haut de la pyramide, on veut protéger le DGS socialiste. Preuve de cette manigance dans une vidéo que ce dernier a filmé lors de sa première convocation à l’Inspection générale : « La Justice, c’est la Justice, nous c’est nous ! On n’aime pas les balances. Ne vous inquiétez pas, on vous fera passer en conseil de discipline, c’est à la demande de madame Hidalgo, c’est écrit là ! » selon les verbatims que nous avons pu consulter.

Le supérieur direct de Yanis monsieur Sylvain Lebegue, témoigne contre Yanis et défend, plutôt maladroitement, Didier Conques en le décrivant comme un homme très tactile et aux blagues très grivoises, avec cette tendance à s’approcher très près des agents pour leur parler.

Un chef d’équipe qui défend le Directeur général des services au détriment de ses agents, rien de singulier. Mais cette « alliance » est plus que naturelle quand on sait que Didier Conques possède de sordides informations sur monsieur Lebegue qu’il ne manque pas d’utiliser comme pression. Toujours au téléphone avec un interlocuteur associatif, nous comprenons l’infernal attelage : « Selon des informations rapportées par plusieurs agents et les dires de Monsieur Conques lui-même, monsieur Sylvain Lebegue possède un logement de fonction à la mairie du XXe où il a été surpris au petit matin complètement ivre en slip maculé errant dans les couloirs avant de se réfugier dans les WC jouxtant son appartement. Toujours selon une source, monsieur Sylvain Lebegue s’était familièrement parlant « pris une cuite » et s’était déféqué dessus, avant de se réfugier derrière les hauts rideaux de la salle des mariages où trône la statue de Leon Gambetta. Conques va dire lorsqu’il sera auditionné en interne qu’il rappelait souvent à Lebegue cet épisode ». Drôle d’ambiance au 6 place Gambetta 75020 ! Mais ce n’est pas tout.

Des méthodes de barbouzes

Peu après l’arrivée de Yanis à la mairie du XXe, un certain Mohammed-Aresky Aknouche y est embauché, lui aussi par Didier Conques. Mohammed-Aresky Aknouche est un multi-récidiviste notamment impliqué dans un viol commis en réunion sur une fille de 18 ans en 2009, soit l’année de son recrutement. Cela n’empêche pas la mairie de Paris de lui offrir rapidement un appartement de fonction et pour commencer un poste à l’État-civil, ce qui est contraire à la loi.

« Sylvain Lebegue possède un logement de fonction à la mairie du XXe où il a été surpris au petit matin complètement ivre en slip maculé errant dans les couloirs avant de se réfugier dans les WC jouxtant son appartement. Il s’était déféqué dessus, avant de se réfugier derrière les hauts rideaux de la salle des mariages où trône la statue de Léon Gambetta »

Yanis se plaint plusieurs fois de Mohammed-Aresky Aknouche qu’il juge « homophobe et antisémite ». Selon un extrait de document que nous avons pu consulter, « Aknouche va mal le prendre, et Conques va le chauffer pour qu’il s’en prenne physiquement à Yanis. Un jour, Yanis a ainsi surpris Aknouche sortir du bureau de Conques lui disant ‘maintenant, vous savez à qui vous en prendre’ ».Yanis dépose des mains courantes contre Aknouche pour menaces de mort. Nous avons également eu accès à plusieurs enregistrements de ces menaces sur le répondeur téléphonique de Yanis. Lors de sa revue du personnel pour les vœux de nouvelle année, Didier Conques arrive à hauteur de Yanis : « Vous, je vous la souhaite longue et douloureuse… ». Deux heures plus tard, Mohammed-Aresky Aknouche tabasse Yanis, agression d’une violence inouïe sous les caméras de l’Hôtel de Ville central. Malgré la demande, la mairie ne transmettra jamais les images à l’avocat de Yanis. Pourquoi ? Yanis séjourne une semaine à l’hôpital. Il a plusieurs membres cassés et un traumatisme crânien. Il porte plainte dès sa sortie.

Pendant son absence, Didier Conques rédige une série de rapports l’incriminant. Et c’est à partir de là que Lasnier entre dans la boucle. Au départ, la mairie refuse de considérer ce tabassage « comme un accident de service ». Malgré la condamnation de Aknouche à un an de prison ferme et les huit mentions sur son casier judiciaire, la mairie de Paris continue d’accuser Yanis: « La mairie se présente aux audiences avec l’espoir de voir condamner Yanis et dans le but de lui faire rembourser les salaires qu’il aurait perçus au titre d’accident de service » assure l’association.

« Conques s’est fendu de plusieurs rapports accablants sur mon compte pour me discréditer et me rendre responsable de l’agression qu’il appelle une ‘altercation’ : une façon de protéger l’autre et de m’empêcher d’être reconnu comme accidenté de travail ou d’obtenir la Protection fonctionnelle [une assistance juridique assurée prévue par l’administration afin de réparer les préjudices de l’agent, ndlr]». « Conques poussait le vice à dire que Mohamed A. m’avait agressé car je lui avais fait des avances ! » La Protection fonctionnelle est refusée à Yanis sauf que le tribunal administratif condamne la mairie de Paris à la lui accorder… Premier point pour Yanis ! Didier Conques ne voulait pas que le caractère professionnel soit imputé à l’agression dont a été victime Yanis. La Commission de réforme reconnaît à l’unanimité l’imputabilité au service… Deuxième point pour Yanis  ! A la même période Mohamed-Aresky Aknouche est définitivement condamné par la justice, sa peine est assortie de l’interdiction d’approcher ou d’entrer en contact avec Yanis et de réparer l’intégralité du préjudice subit qui est estimé à plus de 150 000 euros.

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La mairie de Paris boucle rapidement leur enquête « faite-maison » contre Yanis pour l’envoyer au Parquet de Paris, accusant l’agent de catégorie C de « dénonciations calomnieuses », ce qui évidemment profite à Didier Conques. Anne Hidalgo paie généreusement les frais d’avocat de Didier Conques dans cette vaste affaire judiciaire encore en cours. Pourquoi la Maire de Paris pourtant informée des agissements de cet individu persiste à offrir les honoraires de Justice à Didier Conques au détriment de Yanis ? La mairie de Paris n’a pas fait valoir de créances auprès du tribunal contre Mohamed-Areski Aknouche en tant qu’auteur d’une agression, comme le fait d’usage un employeur ou la sécurité sociale. Il n’a pas non plus été visé par des sanctions disciplinaires. Au fil du temps, le dossier de défense de Yanis s’épaissit. Les témoignages affluent. Dans une attestation, quelqu’un écrit qu’à un retour d’arrêt maladie, Yanis subira encore les remarques de Conques : « Il n’est pas crevé celui-là ? Je vais le faire retourner en maladie ». Auditionné par la justice, Conques se met à pleurer, affirmant n’avoir jamais touché aucun agent. Il accuse Yanis d’être tantôt assoiffé d’une vengeance personnelle, tantôt à la tête d’un complot politique ou motivé par l’argent ! Quelle sera sa prochaine explication ?

Des comploteurs politiques

On ne sanctionne et n’abandonne visiblement jamais Didier Conques puisqu’il est finalement promu à la Direction municipale des espaces verts et de l’environnement en tant que « Chef de la mission sécurité et gestion de crise ». Lui devenu gestionnaire de crise, lui qui plus d’une fois aurait pu créer de sérieux remous dans les rangs de la majorité parisienne ! Mais heureusement, la mairie de Paris maîtrise soigneusement sa défense. Ou plutôt sa contre-attaque, puisqu’au moindre faux pas de l’un de ses soutiens, la machine municipale se met en marche pour détruire ses détracteurs. C’est ce qui arrive, semble-t-il, à Yanis, victime de harcèlement sexuel et moral de la part de Didier Conques selon ses dires et d’autres victimes présumées.

« On peut sérieusement s’interroger sur la probité de l’équipe dirigeante, l’intégrité de l’équipe socialiste de la Mairie de Paris. Quant au petit ‘lobby’ gay, il me semble qu’il commence à s’effriter ces derniers temps. La parole s’est libérée par le #MeTooGay et le tweet de l’association. Au sujet du dossier de Yanis certains cadres proches de Hidalgo semblaient très agités car dans leur esprit, il était inadmissible qu’un petit agent de catégorie C ose accuser de harcèlement sexuel, d’agressions, et de harcèlement moral un haut fonctionnaire qui coche toutes les cases du ‘parfait socialiste’ : homosexuel revendiqué de gauche, militant pro ‘mariage pour tous’ sauf entre un noir et une blanche, soldat qui lutte contre les discriminations, anti-FN, etc. La panoplie du pacifiste ».

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Des méthodes organisées, des défenses bien ficelées par un groupe de parfaits « pacifistes » bien connus de la mairie. La ville lumière s’entache de mœurs obscures. « On nous les a décrits comme ‘fourbes et ne reculant devant rien pour nuire’ », termine notre interlocuteur de l’association. Une ambiance de fin d’empire à la mairie de Paris, entre violence et décadence. Yanis n’est qu’une petite victime de ces comploteurs politiques qui s’en prennent à tous ceux qui auraient l’audace de les mettre en cause. Dans le XVe arrondissement, ils s’en sont pris à une jeune directrice de crèche qui dénonçait la maltraitance de la part de certaines employées. Partie en congé maternité, trois hauts cadres, tous ensuite promus par Anne Hidalgo, écrivent à sujet de la future jeune maman : « À son retour de congé maternité, on la défonce. Il faut la défoncer ». Tous ces échanges sont consultables sur le site de l’association SOSFonctionnaireVictime. Pourquoi tant de haine ? À croire que les bonnes âmes de la gauche sont décidément de véritables monstres.

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