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La Grande bouffe : SOS Restaurants

C’est la Révolution qui a créé le grand restaurant à la française. Leurs maîtres aristocrates étant arrêtés, exécutés ou exilés, un grand nombre de cuisiniers n’avaient plus de maison où servir et se sont lancés dans leur propre restauration, ouvrant des établissements à leur nom. Ainsi est née la tradition du restaurant, un lieu où l’on mange, où l’on boit, où la cuisine est portée à un art assumé, où les tables sont belles avec leur décorum de nappes, de vaisselles, avec la décoration des lieux si particulière à chaque établissement.

Les tavernes et les auberges ont suivi le mouvement du restaurant et sont montées en gamme pour proposer eux aussi un art de la table. Auguste Escoffier a inventé la brigade, Fernand Point, Pierre Troisgros, Paul Bocuse, Joël Robuchon ont, chacun dans leur génération, conservé le métier en apportant innovation et modernisation. Le guide Michelin a été le premier à consacrer les grands restaurants, à étoiler et à distinguer, à éduquer aussi, dessinant les routes de France de la gastronomie. Le restaurant est inscrit dans l’âme profonde de la France et de sa culture. Ce sont des lieux, ce sont des familles, ce sont des points de mémoires partagées. Le restaurant est une fête et une borne de la vie : on y convie sa fiancée, on y fête les grands événements de la vie, on y passe en famille et avec ses amis, on peut même y avoir ses habitudes et parfois en connaître les cuisines et la cave.

Lire aussi : La Grande bouffe : Le poulet du dimanche[...]

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Les amers sont-ils de droite ?

C’est La Fayette qui lui donna son nom pendant la guerre d’indépendance. La marine anglaise ravagea la bourgade en 1813. John O’Neill bombarda tant qu’il put les Anglais du haut du promontoire puis s’enfuit, à court de munitions. Il devint le premier gardien du phare qui y fut installé en 1827, avec douze autres phares autour de la baie de Chesapeake, et sa famille garda le phare quatre générations durant. Ce phare est un amer.

Les amers sont des objets fixes servant de point de repère sur une côte. Le mot, normand, rentre officiellement dans la langue française 1683, dans les Instructions des pilotes rédigées par Samson Le Cordier, qui fut « pilote entretenu au département du Havre-de-Grâce pour la conduite des vaisseaux de Sa Majesté ». [...]

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Pierre Robin : Mes années Nixon

Quand j’étais lycéen, Donald Trump se prononçait Richard Nixon. Bon, Nixon n’était pas un businessman prospère, son père était un modeste épicier, il n’avait pas l’aisance showbizoïde de Trump, ni une épouse spectaculaire et il ne dansait pas sur ses clips de campagne. Mais l’un comme l’autre ont suscité le même rejet viral de la part des bien-pensants, des proto- bobos de Greenwich Village aux étudiants anti-guerre du Vietnam en passant par les Black Panthers et leurs suiveurs. Et la presse occidentale ne fut pas fair-play non plus avec Nixon, c’est une litote.

Laid et réac à la fois

Pour la nouvelle gauche américaine née des hippies, d’Hollywood et des Droits civiques, Nixon fut cet ennemi irremplaçable dont Carl Schmitt rappelait qu’il était le sel de la politique. Pourquoi tant de haine ou de mépris ? À cause de ses origines modestes et de sa vision anti-progressiste de l’Amérique, de sa popularité, qui le fit deux fois élire président. Clairement, il faisait figure de squatter de la Maison Blanche aux yeux des patriciens démocrates de la Côte Est. Et ce fut un ennemi intrinsèque de la jeunesse aux yeux du vaste mouvement anti-guerre du Vietnam. Parce qu’on lui refila l’ardoise de cette guerre, commencée par son ennemi John Kennedy et intensifiée par Lyndon Johnson, et dont il hérita à sa première élection en 1968, année agitée s’il en fut. On ne se doutait pas que c’est lui qui retirerait les États-Unis de ce bourbier… [...]

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Noël à la Légion étrangère, gardienne de l’Espérance

Voilà que la Sainte Famille, dans sa simplicité originelle, se trouve réfugiée au creux d’un képi blanc, abritée sous un paravent tricolore, ou encore nichée dans le sable du désert malien. C’est que, depuis quelques semaines déjà, les légionnaires se préparent à célébrer Noël en fabriquant des crèches par des moyens improvisés. Lors d’un rituel qui perdure depuis plus de 50 ans, un jury composé d’officiers, de civils et d’un aumônier évalueront les créations de chaque compagnie pour élire la meilleure selon la qualité, l’originalité et la symbolique religieuse.

Pourtant, ces légionnaires proviennent de plus de 150 pays, forment un mélange entre autres d’athées, de chrétiens, de juifs et de musulmans ayant quitté famille, amis et patrie pour combattre au nom de la France. Dans ce pays déchiré par des questions de laïcité et d’identité, comment envisager cette œuvre fraternelle ? Les légionnaires seraient-ils « victimes » d’une normativité postcolonisatrice, européenne et chrétienne ? Seraient-ils esclaves d’une tradition ringarde poussée par la plus conservatrice des institutions françaises ? Que nenni ! Ce serait mépriser les Seigneurs, comme on les surnomme, ces soldats animés par une abnégation sans borne.

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L’IncoDico – le mot du mois : Natiobeauf

Apparu depuis quelques années sans être toutefois nommé, le « natiobeauf » est un homme de droite d’un certain âge qui adore diffuser des photomontages mettant en scène Astérix et Obélix en lutte contre les ennemis de la France : « Mon pays c’est le saucisson, le pinard et les nichons ! T’aimes pas : tu dégages ! » Moqué, ridiculisé, le natiobeauf est pourtant touchant. Sa politique n’est qu’instinct. Désireux d’un retour à la France des années soixante et soixante-dix, ère bénie durant laquelle les émissions de variété n’invitaient pas des Jamel Debbouze et des Soprano mais des Sardou et des Carlos, le natiobeauf ne reconnaît plus sa France. Il est orphelin des ballons de rouge au comptoir à sept du mat’, du petit baluchon dans lequel on portait son encas de camembert ou de pâté pur porc avant d’aller au turbin.

Lire aussi : L’IncoDico – le mot du mois : Attachiantes[...]

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Quand Dieu vient au visage

Sur la place Emmanuel-Lévinas, ornée d’une fontaine Wallace aux vertes cariatides, mon regard est arrêté, un soir confiné, par le visage, voilé et masqué, d’une jeune femme vêtue de noir. Insoutenable étrangeté de cette rencontre. Les yeux à travers la meurtrière sont-ils chaleureux ? Hostiles ? Que peut me dire « cette peau à rides » sous son bâillon ? Confrontée à ce visage, je suis, pour reprendre les mots du philosophe Emmanuel Lévinas, « mise en question, destituée, traumatisée », dans l’impossibilité de le « dé-visager ». Après « la culture de l’entreprise » et « la culture du déchet », faudra-t-il se faire, comme l’affirment les « scientifiques », à « la culture du masque » ?

La « vie nue » et la vie masquée ont donné lieu, à des réflexions sur « la bio politique » (Agamben) ou la « biocratie ». La vie est devenue un mixte de technique, de technicité et d’animalité, sous un régime de surveillance perpétuel. Bernard-Henri Lévy, dans « Ce virus qui rend fou », envisage le « masque à perpétuité ». Nous portons tous des groins. L’Assemblée Nationale prend un air de Ku Klux Klan.

Dans la Bible, Dieu crée l’homme « à son image et à sa ressemblance ». Pour Lévinas, Dieu et le visage sont un binôme indissociable. Loin d’être un concept donné d’avance, « Dieu vient à l’idée » ( titre d’un de ses livres) dans l’épiphanie du visage que je rencontre. Avec le masque, évidemment, cette éthique du visage « se voit amputée de sa part d’infini. »

Dans la Bible, Dieu crée l’homme « à son image et à sa ressemblance ». Pour Lévinas, Dieu et le visage sont un binôme indissociable. Loin d’être un concept donné d’avance, « Dieu vient à l’idée » ( titre d’un de ses livres) dans l’épiphanie du visage que je rencontre. Aussi « la manière qu’a l’autre de m’aborder en face, à la fois suppliant et impérieux, est-il porteur du premier et du seul ordre à moi adressé : Tu ne tueras point. » Avec le masque, évidemment, cette éthique du visage « se voit amputée de sa part d’infini. » A Noël, pour les chrétiens, Dieu vient à nous comme une personne —l’Emmanuel— et comme personne ne le fera jamais. Nu, désarmé, le visage du Christ est l’épiphanie de Dieu qui vient incognito. Aussi, est-ce à la messe que l’étrangeté du culte apparaît : quand on s’avance, masqué, pour communier.

La crèche du Vatican, de 2020, non masquée, est, également, inhumaine. Faute d’ouvriers, à cause du Covid, on aurait récupéré cette crèche des années 70, d’un art « naïf et minimaliste ». Des cylindres géants, inspirés de momies et de cosmonautes, remplacent les santons. Je ne commenterai pas « la pastorale du signe de cette oeuvre d’art ». Luc, rapportant les paroles de l’ange aux bergers, écrit simplement : « Vous trouverez un nouveau-né dans une mangeoire. » Auparavant, l’évangéliste avait écrit : « Marie enfanta son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche ». Divine simplicité.

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Jacques Renouvin, un royaliste dans la Résistance

Au cours de l’histoire, à chaque période de crise, devant un pouvoir arbitraire, on constate que huit personnes sur dix se conforment passivement aux ordres et obéissent sans regimber. Dix pour cent adhèrent et collaborent avec enthousiasme à la politique mise en œuvre, et seulement dix pour cent s’y opposent farouchement. Et c’est à juste titre qu’Henri Amouroux a intitulé le deuxième tome de sa grande Histoire des Français sous l’Occupation, « Quarante millions de pétainistes ». Le 28 avril 1944, cinq semaines avant le débarquement en Normandie, le Maréchal est encore acclamé par des dizaines de milliers de Parisiens… qui, au mois d’août suivant, accueilleront avec la même ferveur le général de Gaulle.

« C’est la gauche qui a exploité la Résistance, mais ce sont des gens de droite qui l’ont créée ! » affirmera justement François de Grossouvre, éminence grise de Mitterrand, en 1987. De fait, beaucoup d’acteurs éminents du collaborationnisme – de Jacques Doriot à Marcel Déat, en passant par Pierre Clémentini ou René Château – viendront du socialisme et du communisme. A contrario, les premiers à se dresser contre la honte de la débâcle et de l’occupation seront souvent issus des milieux de la droite nationaliste. [...]

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Les zéros sociaux : Hold-up sur la réalité
« On nous cache tout, on nous dit rien ! » Bah oui, c’est bien vrai, ça. Pour comprendre les actualités, les internets dégoûtés des experts… ont besoin d’autres experts. Habituellement soupçonneux, les sceptiques autoproclamés qui remettent en doute la « parole officielle des sachants » sont pourtant enthousiastes dès qu’il s’agit de délester leurs portefeuilles de quelques euros pour financer des documentaires de 2h40 qui confirmeront tous leurs biais. C’est un Hold-Up sur votre intelligence critique qu’a monté l’ancien journaliste de TF1 Pierre Barnérias. Hold-Up est un documentaire aussi trompeur que dangereux. [...]
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