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La Grande bouffe : Le poulet du dimanche

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Publié le

3 décembre 2020

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Abandonnez le poulet gélatineux servi dans les cantines Tricatel, quittez les wings, produits phares des fast-foods dont la légende raconte qu’elles contiendraient de la viande, oubliez les cocottes parfumées et maquillées aux herbes et aux sauces : retrouvez le vrai goût du poulet.
poulet

Plat merveilleux que celui-ci qui peut tout à la fois être le centre d’un repas simple comme d’un repas de fête lorsqu’il est chaponisé. Le poulet ne se restreint pas aux ailes, aux cuisses et aux escalopes : tout se mange dans un vrai poulet. Jeune, il se consomme rôti, à la peau caramel orangé croustillante et à la chair délicatement grasse. Quand il atteint le stade de la vieille poule un peu dure, il s’accomplit admirablement dans la poule au pot, celle qui mijote longtemps à feu doux dans son bouillon et dont la chair est plus rouge que blanche. Il est préparé avec toutes sortes de sauces : tajine, basquaise, à l’indienne, sucré, avec des raisins et des ananas. Tous les peuples et tous les pays mangent leur poulet qui est probablement le plat dont la diversité de préparation est la plus grande.

Les producteurs français de volailles n’ont cessé d’améliorer la qualité de leurs élevages et d’affiner les races de poule existantes. Poulet cou nu, idéal pour le four, poule de la Flèche, dont la chair est d’une grande finesse et le célèbre poulet de Bresse, aux couleurs bleu, blanc, rouge ne sont que quelques-unes des nombreuses races existantes qui n’ont cessé d’être créées et améliorées depuis le XIXe siècle. Le poulet rôti du dimanche a pour lui la simplicité d’exécution, le plaisir, et la finesse du plat. Près de deux heures au four si c’est un poulet de race à la chair ferme, un peu d’huile pour faciliter le bronzage de la peau, quelques pommes de terre autour de lui qui s’imbiberont de son jus.

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Ni herbes ni ajout, seul du sel et du poivre. La réussite de la recette réside dans la qualité des produits de base. Une cuisson lente à feu moyen, qui laisse le temps de vaquer à toutes les activités essentielles du dimanche matin, des arômes qui se répandent et les pommes de terre qui s’alanguissent pour devenir fondantes. Chair, filets, carcasse, pattes, tout se mange et se ronge et disparaît sous la mastication régulière et gourmande des convives.

Le poulet du dimanche occupe toute la journée. Les restes sont à conserver dans le plat et dans le four éteint d’où ils ressortent le soir pour le dîner du dimanche. Merveille du poulet qui se consomme aussi bien chaud que froid. Ne reste qu’à monter une mayonnaise dans son cul-de-poule, en insistant un peu sur la dose de moutarde. En quelques minutes l’émulsion a pris et se marie déjà avec les reliefs du déjeuner. Quand le week-end est en train de mourir, que la nuit est tombée et que le lundi est déjà là, bien en avance sur l’horaire fixé, qu’il n’y a pas de temps pour cuisiner, entre les cartables et les devoirs à finir, nous sommes sauvés par le poulet rôti qui attendait depuis le four la seconde représentation de la journée.

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