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Dissoudre le CCIF ? Pas de pitié pour les croissants !

Au lendemain de l'assassinat de Samuel Paty, Gérald Darmanin a annoncé son intention de dissoudre le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) qui serait « manifestement impliqué » dans le meurtre du professeur d'histoire. Les éléments juridiques reliant l'association à l'acte de l'assassin tchétchène semblent minces, mais sont-ils réellement nécessaires ? Car en 2013, à la suite de l'affaire Clément Méric, le gouvernementalité dissous sans hésiter plusieurs associations d'extrême droite, qui n'avaient pourtant aucun lien avec la mort du militant gauchiste. Cependant, si le CCIF était dissous en suivant cette « jurisprudence Méric », cela transformerait ses membres en boucs émissaires, et d'après leurs réactions, ceux-ci se préparent déjà à capitaliser sur cette décision, qui prouverait encore une fois selon eux le racisme de l'État français envers les musulmans.

Il faudrait alors exposer les véritables raisons juridiques et politiques pour lesquelles cette association devrait être dissoute. Cela tient en une phrase : le CCIF est un loup déguisé en mouton. C'est un loup, car c'est une association qui vise le développement et la propagation de l'islam compris comme orthopraxie, c’est-à-dire comme « charia », Loi divine révélée incompatible avec une société qui entend élaborer sa propre loi, guidée par une morale naturelle. C'est l'islam de son fondateur Samy Sebah, membre et prédicateur du Jamâ!at at-Tablîgh, un mouvement ultra-fondamentaliste et prosélyte d'origine indo-pakistanaise. Cela ne peut bien sûr pas être affiché tel quel, c'est pourquoi ce projet se dissimule sous le masque de la défense des « libertés fondamentales de l'homme » et de la « lutte contre le racisme ». [...]

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De la plante à l’embryon : faucheurs d’OGM, contre toutes les manipulations du vivant

Réfléchissons sur la loi anti-éthique (dite de « bioéthique ») et à certaines de ses dispositions. Les sondages montrent que les Français (et les Européens) sont contre les OGM. Comment comprendre alors que la loi, recommandée par le Comité d’Éthique (qui venait d’être caviardé par François Hollande au profit de ses minorités de clientèle) recommande la légalisation des embryons humains transgéniques ? Ainsi les Français seraient contre les OGM, qu’ils soient végétaux ou animaux, mais pas quand ils sont humains ? Et cet aspect de la loi est l’un des nombreux assauts de notre société manichéenne contre notre enracinement, notre corps, notre incarnation. Mettre un premier jalon vers des humains OGM est le pur produit d’une société hyper individualiste, qui nous somme d’être des self made (wo)men, c’est à dire les « produits de notre volonté ». Certes ce n’est pas faisable, mais si on nous en suggère l’idée, nous nous reprocherons de ne pas être à la hauteur de l’exigence (idiote) que nous avons intégrée. Le slogan « un enfant comme je veux » prend une tournure consumériste et eugéniste. En fait, comme souvent il faut distinguer la population de ses élites.

De même sur la légalisation des PMA pour des femmes seules. Jean-Louis Touraine, rapporteur de cette loi se contorsionne pour nier que sa loi préconise un droit à l’enfant, tout en le justifiant : « De façon unanime, les travaux préparatoires à la révision bioéthique ont écarté ou condamné cette notion de droit à l’enfant et confirmé que l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation à toutes les femmes ne repose ni sur l’idée d’un droit à l’enfant, ni sur celle de créer ou de consacrer un tel droit. Il apparaît plutôt que la seule revendication est celle du droit au désir d’enfant ».

Lire aussi : Loi bioéthique épisode 4 : Ce à quoi l’Homme a échappé (pour l’instant)[...]

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Frederik Limol, itinéraire d’un monstre aux allures ordinaires
Quel type de personnage était ce Frederik Limol ? C’est un client que j’ai vu seulement trois fois. Bien que je relève du barreau de Paris, c’est dans mon cabinet d’Aix-en-Provence que je le rencontrais, alors qu’il habitait Salon-de-Provence. Je le conseillais pour le droit de visite qu’il réclamait, le droit de voir la fille […]
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De quoi les complotistes sont-ils le nom ?

C'est quoi un complotiste ? C'est quelqu’un qui n’arrive pas à se mettre au niveau de l'événement, à le comprendre tel qu'il se présente et tel qu’il évolue et qui se place soit au-dessous de lui (« c’est une grippette qui tue moins que les autres maladies ») soit au-dessus (« c’est une pandémie organisée par les riches de ce monde pour faire crever les pauvres »). C’est quelqu’un qui ne supporte pas le nouveau, l’inconnu, l'incertain – soit tout ce qui oblige à l'expérimentation, au tâtonnement, au « peut-être », au « oui » puis au « non », au « on arrête ça et on réessaye ça ». C’est quelqu’un qui incarne à la lettre la première phrase de Masse et puissance d’Elias Canetti : « Il n'est rien que l'homme redoute davantage que le contact de l'inconnu ».

Mais c’est aussi un individualiste forcené souvent apolitique (ou trop politique) qui pense de lui-même par lui-même pour lui-même avec lui-même et contre le monde entier. En même temps, c'est un obsédé de la causalité, un hystérique de la culpabilité à qui il faut à tout prix et tout de suite un coupable et comme il n'est plus de bon ton d'être antisémite, il cherche alors un capitaliste, un politicien, un sataniste qui fera l'affaire alors que le diabolique (c’est-à-dire la bêtise) est plutôt de son côté. Comme Keyser Söze dans Usual suspects, le complotiste est celui qui refait l'histoire, qui invente ses propres raisons, qui dramatise tel détail contre l’ensemble – quoiqu’interprétant tout de travers et allant jusqu’à inverser les affects. Car c’est un trouillard qui se croit très courageux et qui n’a pas compris que c’est bien parce qu’il crève de ne pas être « rassuré » qu’il est du côté des « rassuristes » – paumé paniqué qui rame devant l'adversité. C’est enfin quelqu’un qui soutient mordicus que l’Histoire lui rendra raison alors que c’est lui qui passera pour l’obscurantiste affolé de la période. [...]

L’antiracisme devenu fou nous casse les noisettes
« Montrer le talent et la beauté de toutes les origines humaines est un projet humaniste qui rapproche les gens et les cultures. Telle est la démarche de Netflix avec sa nouvelle et formidable série : les Brigestorn (sic). Bravo à l’Opéra de Paris d’emprunter aussi cette voie », s’enthousiasmait l’inénarrable Jean-Michel Aphatie en réponse à Marine Le Pen qui jugeait que l’antiracisme servi au woke devenait fou et obscurantiste. Confondant peut-être la marque de pneus anglaise Bridgestone avec la série La Chronique des Bridgerton, navet à l’eau de rose indigeste où roucoulent des gravures de mode de toutes origines dans une Angleterre hanovrienne aussi fantasmée que ridicule, l’empafé basque faisait montre de cette suffisance teintée de mauvais goût qui est sa marque de fabrique.
La Grande bouffe : SOS Restaurants

C’est la Révolution qui a créé le grand restaurant à la française. Leurs maîtres aristocrates étant arrêtés, exécutés ou exilés, un grand nombre de cuisiniers n’avaient plus de maison où servir et se sont lancés dans leur propre restauration, ouvrant des établissements à leur nom. Ainsi est née la tradition du restaurant, un lieu où l’on mange, où l’on boit, où la cuisine est portée à un art assumé, où les tables sont belles avec leur décorum de nappes, de vaisselles, avec la décoration des lieux si particulière à chaque établissement.

Les tavernes et les auberges ont suivi le mouvement du restaurant et sont montées en gamme pour proposer eux aussi un art de la table. Auguste Escoffier a inventé la brigade, Fernand Point, Pierre Troisgros, Paul Bocuse, Joël Robuchon ont, chacun dans leur génération, conservé le métier en apportant innovation et modernisation. Le guide Michelin a été le premier à consacrer les grands restaurants, à étoiler et à distinguer, à éduquer aussi, dessinant les routes de France de la gastronomie. Le restaurant est inscrit dans l’âme profonde de la France et de sa culture. Ce sont des lieux, ce sont des familles, ce sont des points de mémoires partagées. Le restaurant est une fête et une borne de la vie : on y convie sa fiancée, on y fête les grands événements de la vie, on y passe en famille et avec ses amis, on peut même y avoir ses habitudes et parfois en connaître les cuisines et la cave.

Lire aussi : La Grande bouffe : Le poulet du dimanche[...]

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Les amers sont-ils de droite ?

C’est La Fayette qui lui donna son nom pendant la guerre d’indépendance. La marine anglaise ravagea la bourgade en 1813. John O’Neill bombarda tant qu’il put les Anglais du haut du promontoire puis s’enfuit, à court de munitions. Il devint le premier gardien du phare qui y fut installé en 1827, avec douze autres phares autour de la baie de Chesapeake, et sa famille garda le phare quatre générations durant. Ce phare est un amer.

Les amers sont des objets fixes servant de point de repère sur une côte. Le mot, normand, rentre officiellement dans la langue française 1683, dans les Instructions des pilotes rédigées par Samson Le Cordier, qui fut « pilote entretenu au département du Havre-de-Grâce pour la conduite des vaisseaux de Sa Majesté ». [...]

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Pierre Robin : Mes années Nixon

Quand j’étais lycéen, Donald Trump se prononçait Richard Nixon. Bon, Nixon n’était pas un businessman prospère, son père était un modeste épicier, il n’avait pas l’aisance showbizoïde de Trump, ni une épouse spectaculaire et il ne dansait pas sur ses clips de campagne. Mais l’un comme l’autre ont suscité le même rejet viral de la part des bien-pensants, des proto- bobos de Greenwich Village aux étudiants anti-guerre du Vietnam en passant par les Black Panthers et leurs suiveurs. Et la presse occidentale ne fut pas fair-play non plus avec Nixon, c’est une litote.

Laid et réac à la fois

Pour la nouvelle gauche américaine née des hippies, d’Hollywood et des Droits civiques, Nixon fut cet ennemi irremplaçable dont Carl Schmitt rappelait qu’il était le sel de la politique. Pourquoi tant de haine ou de mépris ? À cause de ses origines modestes et de sa vision anti-progressiste de l’Amérique, de sa popularité, qui le fit deux fois élire président. Clairement, il faisait figure de squatter de la Maison Blanche aux yeux des patriciens démocrates de la Côte Est. Et ce fut un ennemi intrinsèque de la jeunesse aux yeux du vaste mouvement anti-guerre du Vietnam. Parce qu’on lui refila l’ardoise de cette guerre, commencée par son ennemi John Kennedy et intensifiée par Lyndon Johnson, et dont il hérita à sa première élection en 1968, année agitée s’il en fut. On ne se doutait pas que c’est lui qui retirerait les États-Unis de ce bourbier… [...]

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