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Noël à la Légion étrangère, gardienne de l’Espérance

Voilà que la Sainte Famille, dans sa simplicité originelle, se trouve réfugiée au creux d’un képi blanc, abritée sous un paravent tricolore, ou encore nichée dans le sable du désert malien. C’est que, depuis quelques semaines déjà, les légionnaires se préparent à célébrer Noël en fabriquant des crèches par des moyens improvisés. Lors d’un rituel qui perdure depuis plus de 50 ans, un jury composé d’officiers, de civils et d’un aumônier évalueront les créations de chaque compagnie pour élire la meilleure selon la qualité, l’originalité et la symbolique religieuse.

Pourtant, ces légionnaires proviennent de plus de 150 pays, forment un mélange entre autres d’athées, de chrétiens, de juifs et de musulmans ayant quitté famille, amis et patrie pour combattre au nom de la France. Dans ce pays déchiré par des questions de laïcité et d’identité, comment envisager cette œuvre fraternelle ? Les légionnaires seraient-ils « victimes » d’une normativité postcolonisatrice, européenne et chrétienne ? Seraient-ils esclaves d’une tradition ringarde poussée par la plus conservatrice des institutions françaises ? Que nenni ! Ce serait mépriser les Seigneurs, comme on les surnomme, ces soldats animés par une abnégation sans borne.

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L’IncoDico – le mot du mois : Natiobeauf

Apparu depuis quelques années sans être toutefois nommé, le « natiobeauf » est un homme de droite d’un certain âge qui adore diffuser des photomontages mettant en scène Astérix et Obélix en lutte contre les ennemis de la France : « Mon pays c’est le saucisson, le pinard et les nichons ! T’aimes pas : tu dégages ! » Moqué, ridiculisé, le natiobeauf est pourtant touchant. Sa politique n’est qu’instinct. Désireux d’un retour à la France des années soixante et soixante-dix, ère bénie durant laquelle les émissions de variété n’invitaient pas des Jamel Debbouze et des Soprano mais des Sardou et des Carlos, le natiobeauf ne reconnaît plus sa France. Il est orphelin des ballons de rouge au comptoir à sept du mat’, du petit baluchon dans lequel on portait son encas de camembert ou de pâté pur porc avant d’aller au turbin.

Lire aussi : L’IncoDico – le mot du mois : Attachiantes[...]

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Quand Dieu vient au visage

Sur la place Emmanuel-Lévinas, ornée d’une fontaine Wallace aux vertes cariatides, mon regard est arrêté, un soir confiné, par le visage, voilé et masqué, d’une jeune femme vêtue de noir. Insoutenable étrangeté de cette rencontre. Les yeux à travers la meurtrière sont-ils chaleureux ? Hostiles ? Que peut me dire « cette peau à rides » sous son bâillon ? Confrontée à ce visage, je suis, pour reprendre les mots du philosophe Emmanuel Lévinas, « mise en question, destituée, traumatisée », dans l’impossibilité de le « dé-visager ». Après « la culture de l’entreprise » et « la culture du déchet », faudra-t-il se faire, comme l’affirment les « scientifiques », à « la culture du masque » ?

La « vie nue » et la vie masquée ont donné lieu, à des réflexions sur « la bio politique » (Agamben) ou la « biocratie ». La vie est devenue un mixte de technique, de technicité et d’animalité, sous un régime de surveillance perpétuel. Bernard-Henri Lévy, dans « Ce virus qui rend fou », envisage le « masque à perpétuité ». Nous portons tous des groins. L’Assemblée Nationale prend un air de Ku Klux Klan.

Dans la Bible, Dieu crée l’homme « à son image et à sa ressemblance ». Pour Lévinas, Dieu et le visage sont un binôme indissociable. Loin d’être un concept donné d’avance, « Dieu vient à l’idée » ( titre d’un de ses livres) dans l’épiphanie du visage que je rencontre. Avec le masque, évidemment, cette éthique du visage « se voit amputée de sa part d’infini. »

Dans la Bible, Dieu crée l’homme « à son image et à sa ressemblance ». Pour Lévinas, Dieu et le visage sont un binôme indissociable. Loin d’être un concept donné d’avance, « Dieu vient à l’idée » ( titre d’un de ses livres) dans l’épiphanie du visage que je rencontre. Aussi « la manière qu’a l’autre de m’aborder en face, à la fois suppliant et impérieux, est-il porteur du premier et du seul ordre à moi adressé : Tu ne tueras point. » Avec le masque, évidemment, cette éthique du visage « se voit amputée de sa part d’infini. » A Noël, pour les chrétiens, Dieu vient à nous comme une personne —l’Emmanuel— et comme personne ne le fera jamais. Nu, désarmé, le visage du Christ est l’épiphanie de Dieu qui vient incognito. Aussi, est-ce à la messe que l’étrangeté du culte apparaît : quand on s’avance, masqué, pour communier.

La crèche du Vatican, de 2020, non masquée, est, également, inhumaine. Faute d’ouvriers, à cause du Covid, on aurait récupéré cette crèche des années 70, d’un art « naïf et minimaliste ». Des cylindres géants, inspirés de momies et de cosmonautes, remplacent les santons. Je ne commenterai pas « la pastorale du signe de cette oeuvre d’art ». Luc, rapportant les paroles de l’ange aux bergers, écrit simplement : « Vous trouverez un nouveau-né dans une mangeoire. » Auparavant, l’évangéliste avait écrit : « Marie enfanta son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche ». Divine simplicité.

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Jacques Renouvin, un royaliste dans la Résistance

Au cours de l’histoire, à chaque période de crise, devant un pouvoir arbitraire, on constate que huit personnes sur dix se conforment passivement aux ordres et obéissent sans regimber. Dix pour cent adhèrent et collaborent avec enthousiasme à la politique mise en œuvre, et seulement dix pour cent s’y opposent farouchement. Et c’est à juste titre qu’Henri Amouroux a intitulé le deuxième tome de sa grande Histoire des Français sous l’Occupation, « Quarante millions de pétainistes ». Le 28 avril 1944, cinq semaines avant le débarquement en Normandie, le Maréchal est encore acclamé par des dizaines de milliers de Parisiens… qui, au mois d’août suivant, accueilleront avec la même ferveur le général de Gaulle.

« C’est la gauche qui a exploité la Résistance, mais ce sont des gens de droite qui l’ont créée ! » affirmera justement François de Grossouvre, éminence grise de Mitterrand, en 1987. De fait, beaucoup d’acteurs éminents du collaborationnisme – de Jacques Doriot à Marcel Déat, en passant par Pierre Clémentini ou René Château – viendront du socialisme et du communisme. A contrario, les premiers à se dresser contre la honte de la débâcle et de l’occupation seront souvent issus des milieux de la droite nationaliste. [...]

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Les zéros sociaux : Hold-up sur la réalité
« On nous cache tout, on nous dit rien ! » Bah oui, c’est bien vrai, ça. Pour comprendre les actualités, les internets dégoûtés des experts… ont besoin d’autres experts. Habituellement soupçonneux, les sceptiques autoproclamés qui remettent en doute la « parole officielle des sachants » sont pourtant enthousiastes dès qu’il s’agit de délester leurs portefeuilles de quelques euros pour financer des documentaires de 2h40 qui confirmeront tous leurs biais. C’est un Hold-Up sur votre intelligence critique qu’a monté l’ancien journaliste de TF1 Pierre Barnérias. Hold-Up est un documentaire aussi trompeur que dangereux. [...]
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Bienvenue aux clubs

Les lieux que vous nous présentez semblent hors du temps. Ont-ils encore leur place dans notre Europe postmoderne ?

Autour d’eux, il existe de nombreux fantasmes qui voudraient faire croire qu’ils ne sont pas les témoins de leur époque ou hors du temps. Mais un club existe s’il est vivant. Seule une fréquentation assidue de ses membres assure sa pérennité. On y rencontre amis ou autres membres comme l’on ferait dans un café ou au restaurant – mais qui à l’inverse ont une nature commerciale et non associative. Finalement vous avez peut-être raison : ses membres qui sont des hommes politiques, des leaders économiques ou des artistes sont heureux de retrouver un havre de paix, rassurés par la beauté des lieux qui permet toutes les élégances, une parenthèse ou une récréation que l’heureux membre s’accorde avant de repartir à ses affaires dans un monde si incertain. [...]

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Art contemporain : du recyclage à la série d’usine

L’art spéculatif est le cancer de l’art. Dévoiement d’une profonde perversité de la passion de la collection d’œuvres, la spéculation permanente qui ronge le marché de l’art détruit la créativité. Il n’y a plus de sacré. Le profane est vandalisé, souillé par les imposteurs et les falsificateurs. Au moins reconnaitra-t-on à Koons, Hirst et les plus grands noms de l’art assimilé à un placement financier, l’intelligence acide du cynisme assumé : ils créent sur mesure des vanités pour grandes fortunes persuadées que leur aisance financière leur octroie l’immortalité, à l’image du rutilant et vulgaire crâne de diamant conçu par l’artiste britannique.

Ces super-prédateurs des portefeuilles des milliardaires désirant décorer leurs résidences secondaires de tableaux et statues pensées pour en mettre plein la vue aux barmaids de Mar-a-Lago et aux derniers yuppies de Wall Street ont aussi leur lumpenprolétariat provincial, médiocres suiveurs et faussaires qui reproduisent en plus petit et plus minable les concepts des stars du genre afin que les moins riches parmi les riches puissent eux-aussi épater … leurs comptables et leurs dentistes en visite.

Un « collectionneur » souhaitant garder l’anonymat le confessait : « Si j’ai choisi d’investir dans l’art c’est avant tout pour 2 choses : tout d’abord disposer d’une décoration unique, signée par l’artiste et qui m’assure que, via le prix payé, ceci est justifié. Et la deuxième raison : croire en le succès de celui-ci et qui un jour peut-être, permettra à ce pari d’être fructueux. »

Ainsi, en 2012, le jeune Léo Caillard faisait grand bruit avec son exposition « Hispters in Stone », dont l’idée était de rhabiller le statuaire antique à la façon des hipsters – petite sous-culture urbaine déjà ringarde -. De bon goût ou pas, telle n’est pas ici la question puisque cette exposition de 2012 était déjà sortie … en 2009 sous le nom de « Ganymede », création du duo scandinave formé par Michael Elmgreen et Ingar Dragset. Les deux hommes avaient alors eux-aussi rhabillés des statues classiques de marbres, les affublant de slips, chaussettes ou tee-shirts…

Des chercheurs français identifient les propriétés quantiques des anyons

La physique quantique est une science qui peut paraître complètement folle. C’est normal vous dirait le physicien américain Richard Feynman, prix Nobel 1965 pour avoir posé les bases de l’ordinateur quantique, qui se plaisait à rassurer ses étudiants : « Si en sortant de ce cours vous pensez avoir compris la mécanique quantique, c’est que vous n’avez pas compris la mécanique quantique ». Dis comme ça…détendons-nous. Les lois de l'infiniment petit ne se laissent pas aisément observer ? Pour un embryon de réflexion, ce pourrait être aussi léger qu’un épisode de Star Trek (l’uniforme so eighties en moins) on vous dit !

Alors qui est l’anyon et qu’apporte-t-il ?

C’est une quasi particule intermédiaire entre les fermions, particules de base constituant la matière, et les bosons, particules messagères, vecteurs de force qui assurent les interactions fondamentales (les particules élémentaires étant les plus petits objets physiques dont sont constituées la matière et les forces de l'univers). À mi-chemin entre les deux, l’anyon (any en anglais) possède une mémoire contrairement aux deux autres, ce qui le rend si précieux pour coder de l’information ! Dans le tableau des douze particules de la matière – qui n’est pas remis en cause par son arrivée - ce sont les électrons et leurs agissements qui nous occupent ici. La quasi particule ne vivant pas toute seule dans le vide, décrira plus simplement des comportements collectifs complexes, même si on ne les appréhende pas encore très bien. [...]

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