Noël approche avec sa solitude et une allégeance qui s’est transformée en dérision. Les choses médiocres même nous semblent révélatrices. La liberté du crime résume toutes les libertés. Le couteau reste donc le cadeau idéal – offrez des Opinel. L’arme blanche passe du quotidien au létal et obtient la plus sale actualité dans les églises et les salles de classe.
La liberté de conscience n’a jamais été aussi menacée et se règle dans un corps-à-corps minimaliste qui rend le sang visible. Plus de distance. De la connerie pure. La liberté d’expression, personne n’y croit plus depuis longtemps. On ne fait que monnayer la catastrophe. Le besoin d’idéal (un rêve, un cheval) est encore là. Le sentiment d’humiliation et de vengeance impossible à rassasier.
Les solutions de plus en plus aléatoires, la violence et le sens du spectacle sont de mise. Le manque d’équilibre et l’affolement général font choisir la cruauté. La libido lui est directement connectée. Un infini au service de Guy Debord. [...]
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La rive droite du dernier fleuve sauvage d’Europe ressemblant à une boîte de nuit dès que le jour s’éteint avec ses kilomètres de docks et les torchères de ses terminaux gaziers et pétroliers, il s’agit maintenant de s’occuper de la rive gauche qui a le malheur d’être encore plus ou moins vierge, agricole et bucolique. Comme à Notre-Dame des Landes, une ZAD s’est mise en place petit à petit, espérant faire capoter le projet. Comme en 2018, de « l’autre côté de l’eau » comme on dit localement. Mais qui sont les Zadistes du Carnet ? L’Incorrect est allé enquêter.
A moins d’une forte mobilisation locale et nationale comme à Notre- Dame-des-Landes, la ZAD du Carnet souffre de plusieurs handicaps : trop peu de militants en permanence sur la zone. Un terrain moins boisé qu’à NDDL. Trois zones d’accès seulement au terrain qui interdirait toute réimplantation sauvage en cas d’intervention policière. De surcroît, la ZAD du Carnet ne bénéficie pas (encore?) du même soutien des agriculteurs locaux et de leurs tracteurs à réaction. Mais rappelons-nous que la mobilisation pour Notre-Dame des Landes avait végété de nombreuses années avant de s’enflammer et de s’élargir… [...]
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Vous avez été relaxé en appel. Quelle a été votre réaction à l’annonce du verdict ?
J’étais assez confiant parce que le procès s’était bien passé et parce que je savais que le dossier était vide. Lors du procès, on a bien vu que les juges étaient un peu gênés : ils ne savaient pas quoi nous reprocher, ni quelles questions nous poser. Ils voyaient très bien que le verdict de la première instance était un verdict totalement politisé, un verdict prétexte en réalité. En appel, il y a eu des juges beaucoup plus sérieux et professionnels qui étaient un peu gênés de la situation.
Pouvez-vous nous rappeler les faits pour lesquels vous avez été inquiété ?
Il y a deux ans et demi, alors que Gérard Collomb était ministre de l’Intérieur, on avait organisé une frontière entre la France et l’Italie pour dénoncer le manque de moyens des policiers à la frontière et des gendarmes, et le laxisme du ministère de l’Intérieur qui refuse de faire correctement son travail en contrôlant de manière efficace les frontières. [...]
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Chaque année en France, 330 000 tonnes de chocolat sont consommées. Noël et Pâques constituent les deux moments clés des ventes. En matière de consommation par habitant, la France se situe au sixième rang européen avec 7 kg par an. L’Allemand mange 11 kg de chocolat, le Suisse 10 kg. Mais le Français cultive une particularité : il consomme davantage de chocolat noir que ses voisins européens.
La filière du chocolat représente par ailleurs 30 000 emplois, dont 16 000 dans la production.
L’engouement pour le chocolat est mondial. La consommation a explosé dans les pays émergents comme l’Inde ou la Chine. Noël et ses traditions culinaires, largement inconnus en Asie il y a trente ans, s’immiscent aujourd’hui dans la culture populaire. La mondialisation qui a fait d’Halloween en France une fête tout aussi inévitable que vulgaire, fait du père Noël au Japon la figure incontournable de décembre. Cet engouement international crée des tensions sur le marché du chocolat : la demande de cacao surpassant l’offre, les spécialistes prédisaient l’an dernier une pénurie. Le chocolat allait devenir un produit de luxe, les cartes de rationnement suivraient. Patatras, le nouveau monde est arrivé sous la forme du minuscule virus. La réduction des déplacements a provoqué une chute de la consommation qui elle-même a entraîné une chute de la production. Depuis, des milliers de tonnes de cacao stockées dans les ports européens peinent à trouver des acheteurs. [...]
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Les Américains plantent des drapeaux sur leur pelouse et se mettent au garde à vous dès qu’ils entendent l’hymne national. Le plus miteux des Irlandais est plus nationaliste qu’un congrès entier de l’Action Française. Les Turcs arrivent même à être fiers de leur trou à rats et de leur armée de branleurs! Quant aux Anglais, lorsque l’équipe nationale joue, les façades des immeubles de la classe ouvrière sont couvertes de Croix de Saint-Georges. A-t-on déjà vu la même chose en France ?
Ah, et puis tiens, invitez un Breton à une soirée, au bout d’une heure il aura emmerdé tout le monde avec son pays. Notre fierté et notre amour de l’Armorique éternelle sont grands. Comme l’océan et ma gueule. Et les Français?
À chaque élection présidentielle américaine, la presse de Dublin publie le portrait du nouveau représentant du lobby irlandais au sein de la nouvelle administration. Pas l’ambassadeur de l’Eire, non: le fonctionnaire Américain au sein de l’équipe présidentielle qui influencera la politique de Washington pour toutes les affaires concernant la République d’Irlande. Et accessoirement les nationalistes républicains d’Irlande du Nord. Pouvez-vous me dire qui est le représentant du lobby français dans l’administration Biden?
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Nantes. 5 décembre 2020. En voiture. Sur la droite, une cycliste porte un sac. Bobo écolo à pédales. Ça se voit aux lunettes ! Sur le sac, un patch. Une éolienne qui rigole et une centrale nucléaire qui fait la gueule. Parce que les éoliennes c'est cool. C'est bon pour la planète qui a bobo.
Une demi-heure plus tard, je suis à Chéméré. Pays de Retz. Bretagne. Juste à droite de l'église, un petit rassemblement. 50 personnes. Un stand. Un tracteur. Des pancartes. Deux gendarmes débonnaires. L'objet du courroux populaire est simple : les éoliennes ! 22 exploitations agricoles et autant de riverains sont situés dans un rayon de 4 km d'un projet de 5 « aéro-générateurs ». Et là, les éoliennes au pied de sa trayeuse, c'est déjà beaucoup moins cool.
Électricité baladeuse
« Nous ne sommes pas contre les énergies renouvelables, au contraire ! » s'insurge une exploitante dont la ferme est à 700 mètres du parc vrouvroutant : « il y a des parcs où ça se passe très bien mais d'autres où ça gâche la vie des agriculteurs. Ça bousille leur outil de travail, les animaux ne sont pas bien. Dans le doute on préfère dire non ! » Dans les conversations, la question du courant dans les sols revient : « Sur Chaumes-en-Retz (la méga-commune qui a pris la place en 2016 des anciennes paroisses dont Chéméré, ndlr) nous avons un sol très argileux et en-dessous il y a du schiste, ce qui ne fait pas bon ménage avec l'électricité » poursuit la jeune femme. [...]
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Août 2020 : Clio se fait agresser en prenant le métro par une bande de mineurs non accompagnés venus du Maroc en quête de cachets de rivotril. L’été 2020 a battu des records de chaleur et d’insécurité. Enceinte, Clio a vu sa vie défiler sous ses yeux, n’en sortant que par miracle. Une de ses amies a par ailleurs été violée par des majeurs trop accompagnés arrivés de Kaboul sans passer par Manhattan. Rentrer dans leur appartement de 45 mètres carrés pour un loyer de 1 950 euros par mois achève son moral. Il est temps pour le couple de passer à autre chose, de trouver un sens à sa vie. Tarbes s’impose : Jules reçoit en effet en héritage de son oncle paternel une maison de 200 mètres carrés avec un terrain d’un hectare.
L’occasion était trop bonne pour ne pas la saisir. Mais l’adaptation à leur nouvel environnement est des plus rudes. Outre des jobs mornes et moins intéressants que ceux qu’ils exerçaient à Paris, nos jeunes gens ne trouvent pas leurs bao-burgers favoris, ni même leurs salles de concert, boîtes de nuit et musées habituels. Vide de taxis, la ville du maréchal Foch roule au diesel. Ils s’aperçoivent aussi qu’il y a de l’insécurité dans la ville du maréchal Foch. Deux cambriolages lors de la première année. La première fois par des « jeunes ». La seconde par des « jeunes du voyage ». Quant à leurs nouveaux amis, ils les trouvent bien moins sophistiqués que les personnes qu’ils avaient l’habitude de fréquenter à Paris. Fini les DJs, les artistes et les spécialistes du marketing de la mairie de Paris. Ces Tarbais avaient-ils entendu parler de Sébastien Tellier ou de Bansky ? [...]
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Notre dossier avait bien pour vocation d’engager une réflexion polémique sur le nouveau genre dominant du village global : le rap. Certains nous applaudirent dès la couverture, d’autres nous conchièrent sans nous avoir lus. On nous traita de bourgeois pour ne pas s’extasier devant Booba. Il y a sans doute des bourgeois à L’Incorrect, ou qui seraient assimilés comme tels, comme sont représentées bien d’autres réalités sociologiques, mais il se trouve que les journalistes qui ont réalisé ce beau dossier ne coïncident pas franchement avec l’archétype. En outre, on voit bien la dialectique primaire à l’œuvre derrière l’épithète : le rap est la musique des « quartiers », des pauvres, la critiquer signifie forcément qu’on se trouve dans la classe adverse, du moins selon le schéma binaire des marxistes. Mais c’est encore ne nous avoir pas lus, puisque nous disons précisément que le rap est aujourd’hui la musique de tout le monde, des bourgeois blancs y compris, voire même de certains nationalistes ou identitaires européens (cf. le papier de Mathieu Bollon). Nous ne nous sommes donc jamais situés sur ce plan.
Simplement, nous nous foutons des exceptions, l’angle de notre dossier était d’analyser un phénomène général, et qu’il y ait quelques individus réellement talentueux ou doués d’une intelligence normale ne change rien à notre constat sur la moyenne, et sur la moyenne émergeante
Enfin, beaucoup y sont allés de leurs exemples de rappeurs témoignant une réelle maîtrise de notre langue et que si nous nous y connaissions, nous serions au courant. Outre que leur liste dépasse rarement trois ou quatre noms, toujours les mêmes, et que nous connaissions, notre dossier ne nie pas cette possibilité, et Ralph Müller, que nous avons interviewé, cite lui-même les quelques rappeurs pour lesquels il conserve une estime, simplement, nous nous foutons des exceptions, l’angle de notre dossier était d’analyser un phénomène général, et qu’il y ait quelques individus réellement talentueux ou doués d’une intelligence normale ne change rien à notre constat sur la moyenne, et sur la moyenne émergeante (pas les deux trucs indés pour mélomanes qui n’entraient pas dans le cadre de notre propos). Bref, tel fut notre angle d’attaque : une mise en perspective d’un genre saisi dans son histoire et sa globalité les plus manifestes pour en ébaucher une critique socio-esthétique.
LA PHILOSOPHE DU RAP
En réponse, dans Marianne, Kévin Boucaud-Victoire interviewe Benjamine Weill afin de défendre l’honneur du rap. Bien : nous sommes tout ouïe. Formée en philosophie, cette jeuniste exaltée a rédigé un livre à la gloire du rap et s’était déjà longuement exprimée sur Alohanews pour évoquer le sexisme du milieu : un petit morceau d’anthologie où, à l’instar d’un sociologue de gauche, l’experte ès hip hop joue sur la permanente confusion des registres et un glissement insidieux tout au long de sa démonstration pour réussir à caler la réalité récalcitrante sur son mantra idéologique. Non, le rap n’est pas sexiste, et quand il l’est, ce n’est pas lui qui l’est, mais l’Occident monothéiste qui le vampirise à son insu, parce qu’on sait bien que l’Occident monothéiste est manichéen donc sexiste, CQFD. Il y aurait trop à dire sur cet invraisemblable tour de passe-passe (il n’y a pas que l’Occident qui soit monothéiste, et ce qui caractérise le catholicisme est son opposition au manichéisme, par ailleurs, les centaines de concubines des empereurs chinois auraient eu à redire sur l’égalité des sexes) – quoi qu’il en soit, c’est cette spécialiste qui vient désormais éclairer nos consciences rapophobes.
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