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Pierre Robin : Deux ou trois choses sur le monde merveilleux du complotisme

Il n’est donc pas le fait de la seule extrême droite, nos médias de grand chemin, ayant par exemple tenté d’expliquer ou de fortement suggérer que Vladimir Poutine était derrière l’élection-surprise de Donald Trump ou le mouvement des Gilets jaunes. Et dans le genre « complotisme de gauche », je conserve le souvenir ému d’un entretien accordé, vers 1980, à Libération par l’archétypal chanteur sinistre et engagé Leny Escudero (1932-2015), qui attribuait la vague du rock – qui avait marginalisé son style de troubadour rive-gauche de gauche – à une opération de la CIA. Leny recyclait d’ailleurs plus ou moins la propagande soviétique sur le sujet.

Moi je suis un garçon simple et je crois donc aux complots, qui sont en fait les classiques manœuvres politiques ou géopolitiques inhérentes au genre humain depuis qu’il a atteint un degré minimum de sophistication civilisationnelle. Le tout c’est de considérer que ces manœuvres, à l’instar de la franc-maçonnerie, sont plus discrètes que secrètes, et que du reste le monde moderne est plein de complots qui ne prennent même plus la peine de se cacher, ou si peu. Et de complots qui peuvent foirer, quels que soient les moyens engagés, parce que la vraie règle des affaires humaines, c’est l’impondérable ou l’imprévu, qui ont déjà eu la peau de bien des complots. [...]

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Mainstream planétaire des sensations brutes

Ce matin, dimanche, j’ai quitté la messe, préférant le défilé live de Balenciaga à l’homélie. Comment en est-on arrivé à préférer le moche au beau ? L’histoire s’est accélérée en même temps que le cœur de l’homme – qui ne bat plus. Il n’y a plus de désir. On décapite. L’œuvre d’art est devenue un continuum mondain. Inflation, prolifération de signes et circulation illimitée. On a encore parfois besoin de l’autre pour libérer son corps. Comme on a besoin de Dieu pour se libérer du néant. Néant pour néant. Ne pas dépasser le nécessaire. On participe gentiment au système qu’on critique. Aucune réalité n’existe hors du trucage. C’est l’assomption de l’artificiel et de la cosmétique. La réalité est d’accepter de devenir putain.

On n’est jamais plus déçu que face à quelque chose qu’on a désiré. Dans Qu’est-ce que la métaphysique, on apprenait que le néant était la condition qui rendait possible la révélation de l’existence, Dasein, être-là. Être tous les jours dégoûté par ce que ce monde valorise. Et le vouloir, encore. Sur écran géant. Dans les pires remix.

Nos grands idéaux sont écrasés. L’esprit devient aliénable, assignable, enchaîné. S’exprimant de plus en plus sur des futilités. Badinant sur l’essentiel. Les tourments sont une distraction. [...]

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L’Incotidien #108

Au programme du jour


– Pourquoi il ne faut pas se réjouir de la loi anti-islam

 Où est donc passé la ferveur pastorale ?

– 18 novembre 1738, traité de Vienne, la Lorraine devient française

High Life, de Claire Denis : Dans l’espace, personne ne vous aime

– Nous vivons dans un pays soviétique !

Et aussi la minute culture, la Pellanerie, le con du jour, la minute idée et bien d’autres méchancetés.


A lire ici

Projet de loi sur le « séparatisme » : les principes républicains ont bon dos

Il ne s’agit plus avec le projet de loi présenté au Conseil d’État d’un texte luttant contre le « séparatisme » – et l’on peut, soit se féliciter de la disparition d'un terme qui ne voulait rien dire, soit s’inquiéter qu’on efface ce qui semblait encore trop cibler le terrorisme islamique  – mais « confortant les principes républicains ». Cela laisse rêveur quand on sait la facilité avec laquelle les juges inventent ou manipulent de tels principes pour servir la cause progressiste – la « fraternité » en étant un exemple récent sous la plume du Conseil constitutionnel. Et quand le titre premier du projet de loi se propose de « garantir » leur respect, on se demande bien de quoi notre État « garantit » encore le respect dans certains territoires…

Ce texte, qui se voulait une réponse aux violences terroristes, apporte peu de choses nouvelles sur la lutte directe. Effet du meurtre de Samuel Paty, il permet de protéger les agents du service public contre les menaces et les violences d'individus pour des motifs tirés de leurs convictions, avec des peines pouvant aller à cinq ans de prison et 75 000 € d'amende, à quoi  peut s’ajouter une interdiction du territoire.

Cette protection est étendue à d’autres, puisque « le fait de révéler, diffuser ou transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d'une personne permettant de l'identifier ou de la localiser, dans le but de l'exposer, elle ou les membres de sa famille, à un risque immédiat d'atteinte à la vie ou à l'intégrité physique ou psychique, ou aux biens » sera puni de trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. On augmente par ailleurs le fichage, en intégrant à côté des auteurs d’actes terroristes les individus coupables de provocation ou d'apologie d'actes terroristes. [...]

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« Un petit business dans leur coin » : la réponse d’une fidèle à monseigneur Aupetit

Monseigneur,

Suite à votre intervention sur radio Notre-Dame, c’est avec beaucoup d’émotion que je vous écris aujourd'hui.

Élevée dans une famille « moderne », née de parents divorcés, j’ai vécu une enfance dorée baignée dans le multiculturalisme et l’amour.

Je ne suis pas catholique de souche. Baptisée à un an, l’école privée m’a permis de faire ma première communion à l’âge raisonnable de huit ans, comme nombre de mes contemporains. En dehors de quelques rares occasions, je n’avais jamais assisté à la messe. Je n’en ressentais pas le besoin. Jésus était amour, pourquoi aurait-il souhaité que je me réveille à l’aube plutôt que de profiter d’une grasse matinée ? Programme bien plus agréable après une soirée arrosée.

Ce repas auquel quelques prêtres osaient parfois m’inviter ne me tentait guère. L’amour je le partageais en famille et avec mes amis, quotidiennement et sans contrainte. Pourquoi ai-je donc changé ? Parce que l’Amour est exigeant. Cette exigence nous élève et nous transforme.

Monseigneur, j’étais jeune et j’étais en quête d’absolu. Vos messes dépourvus d’ornements, la communion dans la main, l’effacement de la dimension sacrificielle, l’oubli de l’importance du sacrement de réconciliation… tout cela ne me l’offrait pas. La manière de prier influe sur la manière de croire. Dieu est beauté

A 23 ans je rencontrais l’homme qui deviendrait mon mari. Il était ce que l’on peut appeler un « catholique traditionaliste », attaché à la forme extraordinaire de la messe.  A l’époque, je ne connaissais rien de vos querelles de clochers. Pour moi les catholiques allaient à la messe tous les dimanches, et tous communiaient dans la main comme on me l’avait appris. Il n’existait pas d’alternative. Je fus bouleversée de voir mon futur mari à genoux, la bouche ouverte, afin de recevoir la Sainte Communion. Cette position, à la fois fière et humble, me semblait étrangement incongrue et fascinante. A mon interrogation il répondit simplement : « Dans cette hostie se trouve réellement Dieu. Nous ne nous permettons pas de le toucher avec nos mains ». Je n’ai plus jamais communié dans la main depuis. Je suis toujours étonnée de voir combien cela choque. Bien plus que le fait qu’il est interdit, au commun des mortels, de toucher la reine d’Angleterre.

                Monseigneur, j’étais jeune et j’étais en quête d’absolu. Vos messes dépourvus d’ornements, la communion dans la main, l’effacement de la dimension sacrificielle, l’oubli de l’importance du sacrement de réconciliation… tout cela ne me l’offrait pas. La manière de prier influe sur la manière de croire. Dieu est beauté, et il est bien plus grand que n’importe quel monarque terrestre. Il a donc le droit au plus somptueux décor et au plus grand respect. La communion sur la langue en fait partie. Comment osez-vous, Monseigneur, ne pas réfuter que communier sur la langue participerait à la propagation de l’épidémie ? Dieu porterait-il la mort, lui qui est la Vie ?

Evidemment, je ne demande pas au gouvernement de comprendre la transsubstantiation, mais à vous, notre pasteur, je vous demande d’en témoigner !

Vous nous traitez d’incultes, car nous sommes attachés à une tradition qui date « seulement » du VIème siècle ! Attachons-nous plutôt à la raison pour laquelle cette pratique a évolué à cette époque. Pourquoi vouloir à tout prix retourner à l’Eglise primitive ?  Ce n’est pas inutilement que Mère Thérèsa parlait de la communion dans la main comme « le grand malheur de notre monde actuel ». Saint Jean-Paul II assurait également ne pas être en faveur de cette pratique et ne pas la recommander. Faut-il rappeler que communier dans la main demande une autorisation spéciale ? Il s’agit donc bien d’une exception et ne devrait en aucun cas constituer une règle.

Monseigneur, je communie sur la langue et à genoux, car si Dieu se trouve réellement dans cette hostie, je n’imagine pas comment il pourrait en être autrement.

Collectif Pour la messe : « Notre revendication est le respect d’une liberté fondamentale : la liberté de culte »

Les messes pourraient être ré-autorisées en France à partir du 1er décembre. Comment réagissez-vous à cette annonce ?

Nous avions placé des espoirs dans cette concertation, sans non plus se faire d’illusions sur l’issue, mais c’était une bonne nouvelle que le Conseil d’État la demande. Après, on ne s’attendait pas à une solution toute trouvée dès lundi soir : on savait que ça allait être un long processus. Malheureusement, le résultat reste dans la veine de ce que l’on vit depuis plusieurs semaines, c’est-à-dire un mépris envers les catholiques. Par exemple, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort et le Père Hugues de Woillemont ont proposé un protocole sanitaire à Gérald Darmanin et à Jean Castex ; or à la fin de la réunion il en sort que Jean Castex demande à Gérald Darmanin d’écrire un protocole sanitaire. Donc le protocole sanitaire proposé par les évêques n’a pas du tout été pris en compte, puisqu’on repart de zéro pour en créer un nouveau.

Notre ligne, c’est d’essayer d’avoir un discours le plus rassembleur possible. D’abord, ne pas traiter d’égoïstes et d’irresponsables les gens qui vont manifester devant les églises, et ensuite ne pas traiter de mou et d’eau tiède les gens qui ne participent pas à ces manifestations

Le gouvernement ne semble pas très attentif aux demandes des catholiques, et ce mépris s’illustre de diverses manières. Gérald Darmanin a expliqué vendredi matin qu’il allait verbaliser les catholiques qui participeraient à des rassemblements déclarés et donc autorisés par les préfets de ce même Gérald Darmanin. Par ailleurs, c’est le Premier Ministre qui a reçu les représentants des cultes alors que les représentants des professions du sport seront reçus par le Président de la République. Encore hier 17 novembre, Olivier Véran nous expliquait que les églises étaient des lieux de contaminations, alors que le 26 octobre le Conseil scientifique lui-même expliquait qu’il n’y avait pas de danger à la réouverture des cultes, donc on ne sait plus qui croire, ni à quel saint se vouer dans cette République française.

Et pourtant, le monde catholique s’est fortement mobilisé : votre pétition a atteint plus de 100 000 signatures, et les manifestations pour réclamer la levée de l’interdiction des messes ont fleuri un peu partout en France…

Oui. Quand on a lancé la pétition, on ne s’attendait pas à un tel succès : 100 000 personnes, ça représente vraiment beaucoup de monde. C’est à ce moment-là qu’on a réalisé qu’il y avait quelque chose à faire et qu’on n’était pas les seuls à refuser de vivre encore deux ou trois mois sans messes, comme ça avait été le cas lors de la période du Carême.

Suite à cette initiative, avez-vous été en relation avec des clercs de quelque niveau que ce soit ?

On a eu assez peu de relations avec les évêques ou les prêtres. Certains sur les réseaux sociaux nous ont encouragé, mais ce sont un peu toujours les mêmes : Monseigneur Marc Aillet, Monseigneur Dominique Rey, etc. Je comprends tout à fait que les évêques et les prêtres ne prennent pas position là-dessus et restent dans leurs rôles de pasteurs rassembleurs. C’est peut-être le rôle des laïcs de s’engager dans la société.

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Islamo-complotisme : « Juifs et Francs-maçons pour l’avènement de l’Antéchrist »

Selon eux, musulmans et chrétiens seraient alliés d’une certaine manière puisqu’attendant le retour de Jésus, pour les sauver du faux messie juif. Par exemple sur le site islamsounnah.com, vous trouverez une interview de Cheikh Ibn Abd Al Aziz Ibn Baz vous expliquant (hadiths indiscutables à l’appui), que l’antéchrist viendra de Syrie et s’arrêtera en Palestine où il sera tué par Jésus. Ensuite les musulmans se joindront à Jésus et « combattront les juifs ». Voici un extrait du hadîth en question : « La résurrection des morts n’aura pas lieu avant que les musulmans ne combattent les juifs. Le juif se cachera derrière les pierres et les arbres, qui diront : “Ô Musulman, un juif se cache derrière moi, viens le tuer” ».

Cette thèse de l’allégeance des juifs à l’antéchrist se trouve dans une multitude d’articles, de forums, de blogs islamistes et alimente tous les discours islamo-complotistes. Et comme elle trouve sa source dans des hadiths (paroles rapportées de Mahomet, et faisant partie des textes religieux à suivre) dits « incontestables », il est impossible pour un musulman de la remettre en cause sans se faire traiter de mécréant.

Lire aussi : Conspirationnisme et fiction : une histoire du mal [...]

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L’Incotidien #107

Au programme du jour


– Pour sauver des vies du COVID, brûlez des pneus !

 L’Ombre des Forêts, de Jean-Pierre Martinet : Après lui le déluge

– La mort est leur métier

– La Science est morte, Dieu est ressuscité !

– Demorand et Salamé : les soldats du réel

Et aussi la minute culture, la Pellanerie, le con du jour, la minute idée et bien d’autres méchancetés.


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