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Éric Zemmour : « Certains doivent se dire qu’il est urgent de me faire taire »

Alors que son compte Instagram a été fermé ce matin pour des raisons encore inconnues, mais que l’on peut sans peine prédire, le journaliste et essayiste s’exprime en exclusivité pour L’Incorrect sur la censure dont il fait l’objet.

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Votre compte Instagram a été fermé ce matin : pensez-vous que la doxa est désormais prête à tout pour censurer ?

La censure dont je viens de faire l’objet de la part d’Instagram – réseau, je le rappelle, détenu par Facebook – montre que les GAFAM ne veulent plus voir une seule tête dépasser. Non contents d’échapper à la plupart des régulations du fait de leur taille gigantesque, les GAFAM cherchent donc à réguler eux-mêmes chaque débat national en censurant ceux qui leur déplaisent. Personne ne doit pouvoir contester l’idéologie inclusive et multiculturelle en vigueur en Californie. Ils sont en train de transformer internet en un campus américain géant !

On assiste à l’alliance, qui peut faire sourire, entre les géants américains de la Tech, toujours plus ivres de leur pouvoir, et des activistes d’extrême gauche qui, ne supportant plus d’entendre des opinions qui les dérangent, les dénoncent en meute sur les réseaux sociaux avec leurs raids de signalements. Ce n’est plus « le vice appuyé sur le bras du crime » de Chateaubriand, c’est la délation rageuse appuyée sur les monopoles privés ! D’ailleurs, l’extrême gauche n’est pas la seule en cause : les gouvernements français et européens encouragent aussi ces entreprises à se faire police de la pensée.

En réalité, les GAFAM ne supportent pas les frontières car leur zone de jeu est mondiale et que cela leur permet d’échapper à toute régulation efficace. Ils sont donc engagés dans une lutte féroce contre tous ceux qui défendent l’identité des peuples et des nations. Ce n’est donc pas une surprise qu’ils s’en prennent d’abord à moi en France.

Ce type de réaction témoigne d’une panique totale de la part du politiquement correct. La doxa et le conformisme se radicalisent à mesure qu’ils perdent pied dans l’opinion publique

En réalité, ce type de réaction témoigne d’une panique totale de la part du politiquement correct. La doxa et le conformisme se radicalisent à mesure qu’ils perdent pied dans l’opinion publique. Ayant perdu la bataille des idées, ils voient dans la censure leur ultime recours.

Peut-on comparer cette censure à celle qui a frappé Donald Trump sur Twitter ?

Trump avait montré la redoutable efficacité des réseaux sociaux pour dynamiter la doxa médiatique. Il devait être puni. Les GAFAM ont appris de leur laxisme. Ils ont vu la possibilité démocratique qu’ils avaient offerte et ils ne veulent plus voir se reproduire ce qu’ils ont considéré comme un hold up populiste.

Pour Donald Trump, les GAFAM, à commencer par Twitter, ont feint de disposer d’un prétexte, avec le discours de l’ancien Président américain juste avant les incidents au Capitole. Officiellement, ils prétendaient lutter contre la violence politique. Bien entendu, il n’en était rien et leur entreprise était déjà clairement idéologique.

Désormais, les GAFAM ne semblent plus s’encombrer de prétextes. Ils censurent et puis c’est tout. Bien entendu, ils ne tapent pas au hasard : si je suis ciblé aujourd’hui, c’est bien parce que j’incarne l’opposition résolue au politiquement correct et à la déconstruction de l’identité de ma patrie, la France. Pour susciter de telles réactions démesurées, certains doivent se dire qu’il est urgent de me faire taire.

Comment comptez-vous réagir ?

D’abord, il faut protester et alerter l’opinion pour qu’elle fasse pression sur eux et je remercie tous les responsables politiques, quel que soit leur positionnement sur le spectre politique, qui se sont insurgés contre cette censure. Je remercie également les très nombreux témoignages de soutien que j’ai reçus depuis ce matin et tous ceux qui ont signé la pétition pour la liberté d’expression sur jesoutienszemmour.fr

Lire aussi : Zemmour, le feuilleton de l’été (1/2)

Ensuite, au-delà de mon cas personnel, je crois qu’on paie cher le fait de ne pas avoir su forger des réseaux français. Il faut définir un véritable cadre de régulation pour les GAFAM en France et en Europe, pour cesser de nous faire dicter notre conduite par des entreprises américaines qui menacent à la fois la concurrence économique et la liberté d’expression.

Enfin, après avoir déjà beaucoup payé pour mes opinions, je suis plus convaincu que jamais que la liberté d’expression doit redevenir un sujet central du débat politique. Il faut revenir sur les lois qui la restreignent en France, en particulier la loi Pleven. Il faut mettre fin à cette incitation à la délation permanente. Il faut retirer aux associations militantes la possibilité d’ester en justice : elles vivent sur les subventions de la collectivité alors qu’elles ne servent que des intérêts particuliers. Il faut que cesse la dictature des minorités qui contraint chaque jour davantage la majorité au silence. On ne me fera pas taire.

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