8 mars 2020
Nous publions la lettre ouverte adressée par Chloé des Lysses à Virginie Despentes, avec son aimable autorisation. Elle est un témoignage intéressant sur les errements et les contradictions du camp des donneurs de leçons.
La rédaction
Madame
En mai 2005, le journal Libération annonçait la mort brutale à quarante-deux ans de Gérard JUBERT, fondateur du magazine l'Eléphant rose, mon ami depuis 1993 et mon compagnon depuis 2002. Nous vivions ensemble, de manière informelle, avec ses deux enfants. Quelques heures plus tôt, j'avais découvert son corps, dans notre lit, sans vie. Vision d'horreur. Je me suis retrouvée veuve et aussi sans toit puisque l'appartement a été mis sous scellés par la police.
Photographe à la réputation sulfureuse en raison de films pour adultes tournés en 1993, je gagnais très mal ma vie, ne recevait aucun soutien de ma famille et me noyait dans une procédure de divorce entamée en 2001. J'étais fragilisée. ,hilippe Manoeuvre, votre ex fiancé (ceci n'est pas une atteinte à votre vie privée puisque votre couple était médiatisé), m'a appelée. Après m'avoir adressé ses condoléances, il m'a dit: "Je vais t'aider". Il a fait ce qu'aucune "féministe" n'a osé. Car certaines parlent, publient des tribunes "féministes", considèrent les hommes comme des monstres, des violeurs, des sales types qui abusent de leur pouvoir, mais qui agit quand une femme est en danger de mort, ce qui était mon cas, face à un accident de la vie, une grande précarité, l'absence de famille? Qui est là? Qui tend la main? Les hommes de pouvoir, souvent. [...]