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Game of thrones avec des smartphones : Le grand virage à droite de la Silicon Valley
Si vous imaginez que la Silicon Valley a prêté allégeance au parti démocrate et qu’elle n’est peuplée que de néo-hippies, détrompez-vous! En effet, le mouvement néo-réactionnaire (ou NRx) est la preuve flagrante du contraire. Si ce courant demeure pour le moment confidentiel, rien ne garantit qu’il le reste. Portrait d’un courant de pensée entre ultra-libéralisme, alt-right et monarchisme 2.0. Tout commence en 2007 par un blog des plus confidentiels, Unqualified Reservations, derrière lequel se cache un personnage énigmatique : Mencius Molbug (Curtis Yarvin de son vrai nom). Ingénieur informaticien passé par Berkeley et nourri à la science-fiction depuis l’enfance, il se présente comme un libertarien qui a perdu la foi et fait la promotion d’un nouveau modèle politique : le « néo-caméralisme ».
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Tristan Nitot : Qwant on a que l’amour
Petit Qwant deviendra grand ? Lancé en février 2013 par Jean-Manuel Rozan, Patrick Constant et Éric Léandri, le moteur de recherche français dont l’argument premier est de ne pas espionner ses utilisateurs ni de collecter leurs données personnelles a fait bien du chemin depuis sa création, revendiquant aujourd’hui 70 millions d’utilisateurs par mois. Un petit poucet face aux géants américains, qui compte bien devenir la réplique européenne de Google. Entretien avec Tristan Nitot, pionnier du développement d’Internet, qui a rejoint l’équipe de Qwant en 2017. Internet et vous, c’est une longue histoire : vous avez découvert Unix dans les années 1980, vous êtes passé chez Netscape et vous avez pris la direction de la fondation Mozilla Europe en 2003. Comment considérez-vous l’évolution d’Internet sur le temps long ? Internet puis le Web, qui l’a fait connaître, me sont apparus comme des promesses formidables. J’ai indéniablement été un techno-utopiste avec cette idée qu’internet serait ce qu’on en ferait. Il est apparu assez vite que des tas de gens avaient sur - tout envie de modeler internet pour qu’il les serve, et qu’il fallait se battre pour que ce devienne une force positive au service de l’humain et pas seulement de quelques-uns. Dès 1997, Microsoft a voulu annexer le Web pour « couper l’oxygène de Netscape » qui menaçait la plateforme Windows et les ventes futures d’Office. La résistance s’est organisée, et ça a donné le projet Mozilla et le navigateur Firefox. Les gouvernements ont pris la suite en s’attaquant au chiffrement et en voulant transformer le Net en outil de surveillance de masse, comme avec la loi Renseignement en 2015. Les grandes plates-formes comme Google et Facebook (et d’autres) ont aussi un rôle ambivalent. Depuis les années 1990, Internet est toujours un champ de bataille pour les libertés. Vous êtes très sensible à la question du contrôle des données et de la vie privée par le biais des technologies numériques. Dans votre ouvrage Surveillance// (2016, C&F), vous décrivez et donnez des outils pour se prémunir de la surveillance électronique. En quoi Qwant représente-t-il une alternative sérieuse à la surveillance globale généralisée ? Il y a deux grands problèmes aujourd’hui auxquels s’attaque Qwant. Le premier, c’est que les Russes, les Chinois et les Américains possèdent tous au moins un moteur de recherche. Il est essentiel que l’Europe ait le sien, à moins de vouloir devenir une colonie numérique de l’Amérique ou de la Chine. Le deuxième problème, c’est que pour l’instant les Google, Facebook et compagnie ont un business model basé sur la captation des données personnelles et le profilage des utilisateurs. On voit bien à quel point cela peut être toxique pour les démocraties. Qwant est le seul moteur de recherche européen qui possède ses serveurs, ses algorithmes, son propre index. Il y a bien d’autres moteurs, mais ils ne disposent pas de ces technologies : ce sont des « passeplats » vers des moteurs étrangers, qui renforcent donc la position de Google et de ses équivalents. Ce n’est pas satisfaisant en termes de souveraineté. Qwant se présente, selon son PDG, Éric Léandri, comme la « Suisse d’internet ». Pensez-vous qu’aujourd’hui le grand public est suffisamment sensibilisé à ces problématiques pour se détourner de Google, qui règne encore massivement, et permettre à Qwant de devenir, plutôt que la Suisse, « l’Europe d’internet » ? Non, il est certain qu’il faut sensibiliser le public à ces problèmes, et c’est un vaste sujet. Les gens subissent une injonction au numérique en permanence : il faut avoir un smartphone, savoir tout faire avec, alors qu’ils ne sont pas formés à cela, à part quelques minutes dans la boutique d’un opérateur. Difficile, dans ces conditions, (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Xavier Breton : « Najat Vallaud-Belkacem en rêvait, Jean-Michel Blanquer le fait »
Le projet de loi sur « l’école de la confiance » porté par Jean-Michel Blanquer a été examiné dans la commission parlementaire des affaires culturelles et de l’éducation. Il sera voté le 11 février par l’Assemblée Nationale. Xavier Breton, député de l’Ain, a participé aux travaux de compte-rendu de la commission. Entretien. De quoi s’agit-il dans ce nouveau projet de loi ? Au début du mandat, Jean-Michel Blanquer avait annoncé qu’il ne ferait pas de loi, puisqu’il existe déjà la loi présentée par Vincent Peillon, dite de « Refondation de l’école ». Jean-Michel Blanquer avait dit qu’il ne servait à rien de faire une loi sur l’école tous les trois ans. Il s’est finalement laissé tenter par cette loi dont le titre est ambitieux – à défaut d’une politique éducative efficace – « L’école de la confiance ».
Introduction du DPNI de la trisomie 21 : un événement sans précédent
Le nouveau dépistage prénatal non invasif (DPNI) incluant la trisomie 21 est désormais remboursé par la Sécurité Sociale. Pour Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune, la politique eugéniste poursuit son chemin en France, pour laisser la voie libre à l'essor du marché du transhumanisme. Pourriez-vous revenir sur les récentes évolutions législatives liées à l’introduction du diagnostic prénatal non invasif en France ? En quels termes précisément ces dispositions sont-elles entrées en vigueur ? Il est vrai que 96 % des enfants diagnostiqués trisomiques avant la naissance sont aujourd’hui éliminés, ceci étant possible jusqu’au terme de la grossesse en application de la loi Veil. Sauf indication contraire des parents ou défaillance de la machine à trier, tous les fœtus diagnostiqués trisomiques sont avortés. Le dépistage prénatal non invasif (DPNI) porte à sa perfection la politique eugéniste déjà mise en place en visant à l'éradication complète des enfants porteurs de trisomie. Il est présenté comme plus fiable, plus précoce, plus confortable, plus économique. Une usine à gaz a été construite pour renforcer une politique qui n’est ni médicale, ni scientifique et encore moins philanthropique mais surtout lucrative pour les fabricants de tests.
Funérailles capétiennes
À Dreux, la famille d'Orléans, accompagnée de nombreuses personnalités et du gotha européen, a rendu un dernier hommage au comte de Paris. Récit d'une journée particulière pour des centaines de militants royalistes venus saluer le descendant des rois de France. Chapelle royale, le 2 février. Un vent glacial balaye les allées du château de Dreux qui surplombe la ville. Depuis midi, les journalistes se pressent devant la grille alors que sympathisants et nostalgiques de la monarchie arrivent pour assister aux funérailles royales. Le 21 janvier dernier, alors que les royalistes commémoraient la mort du roi Louis XVI, le comte de Paris Henri d’Orléans est décédé à l’âge de 85 ans. Le prince Charles-Philippe d’Orléans, duc d’Anjou, est à la manœuvre. Le neveu du comte de Paris plaisante avec les journalistes accrédités pour l’événement, se laisse prendre en photo, entre et sort de la chapelle au pas de charge, gère tout le protocole. Diverses maisons royales d’Europe ont été invitées afin de rendre un ultime hommage à un prince qui aura incarné l’héritage capétien qu’il avait reçu, il y a 20 ans de cela, des mains de son père.
Guillaume Lebeau : « La police pense que la France doit beaucoup à ce mouvement des Gilets jaunes »
Guillaume Lebeau est baqueu à Gennevilliers (92) . Il a incarné le mouvement "Mobilisation des Policiers en Colère" qui avait duré plusieurs semaines en 2016. Dans son livre Colère de flic (Flammarion, 2017) il décrit la situation intenable des forces de l'ordre en France. Il répond à l'Incorrect sur l'actualité autour des Gilets jaunes. Quel bilan tirez-vous des premiers mois de Christophe Castaner à l'intérieur ? En tant que policier ayant déjà vu passer pas mal de ministres à l'Intérieur, je n'ai pas l'impression qu'il soit pire. Pour l'instant. Il y a des gens qui nous ont fait des promesses énorme, je pense en particulier à Sarkozy et Valls : il n'y a jamais eu d'actes concrets derrière. Au moins Castaner défend la police, ce qui est assez rare.
Macron et Houellebecq chez Courtepaille
Dans la plupart de ses romans, Michel Houellebecq décrit froidement et en détail les menus de ses restaurants favoris, qu’ils soient « bistronomiques », « gastro » ou simples franchises de chaînes fréquentées par les VRP, les routiers et tout ce que la France compte de quarantenaires qui passent au moins une nuit par semaine dans un hôtel Ibis « pour le travail ». Ces chaînes bien connues, Michel Houellebecq n’est pas le seul à les apprécier plus que de raison, puisqu’il s’agit aussi d’un des rares plaisirs de la vie agitée de notre jeune président.
Les travelos, c’était mieux avant
L’élection de Bilal Hassani pour représenter la France au prochain concours de l’Eurovision (du 14 au 18 mai prochain à Tel Aviv) a exaspéré Patrick Eudeline. On en viendrait, d’après le furieux rock critic, à regretter Conchita Wurst, laquelle n’était déjà qu’un pâle reflet d’un certain flamboiement queer. Quand la fausse subversion est devenue le vrai consensus macronien, voilà pourquoi Bilal Hassani est un signe des temps. J’ai de la tendresse, bien sûr, pour l’Eurovision. Pour « Tom Pilibi », pour la grande Sandie Shaw, l’immense Petula, Séverine, Brotherhood of man, Frida Boccara, Gene Pitney, Bobby Solo et Cliff Richard, Abba, Serge et la grande France. Même si depuis des années, je ne la regarde guère. Rien à voir avec Bilal Hassani, l’ectoplasme élu « chance pour la France » 2019. Le morceau est indigent, le personnage niais à pleurer et son look à se vomir dessus. On le compare à Conchita Wurst, le gagnant trans autrichien de 2014. En fait, cela est injuste. Certes, notre ami(e) Conchita n’était pas Shirley Bassey et la chanson n’était pas Walk on by ou Goldfinger.

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