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Les fanfreluches sont-elles de droite ?
Les fanfreluches ont mauvaise presse. Depuis Rabelais sans doute, certainement depuis Calvin. C’est ainsi, la dentelle est devenue signe de frivolité. Frédéric Martel, qui est un moraliste aussi pointilleux que Calvin, analyse avec subtilité la manière dont le cardinal Burke révèle sa sexualité refoulée par son amour des étoffes riches, des vêtements rares et des rabats fanfreluches. Il en tire de sévères enseignements. Comment dire ? Malgré tout le respect que j’ai pour Frédéric Martel, sémiologue, je n’ai pu m’empêcher de penser à la splendeur voulue des uniformes d’académicien, admirablement brodés, ou à ces habits XVIIIe, que les conservateurs nous décrivent avec gourmandise, « velours de soie brun, lampas lancé, broché, toile de lin crème glacée, soie, doublure sergée de soie brun, broderies au passé, filées et frisées d’argent doré, boutons en bois recouverts de paillons et filés d’argent doré », et qui vêtaient des bourgeois placides aux élans amoureux éloignés des loupes de Martel, ethnologue.J’ai songé aux gilets bretons que célébrait naguère Pierre-Jakez Hélias (et qu’il portait, comme en témoignent les photos du studio Kérisit), gilets qui égayaient la vie sévère des Bretons, sinon depuis la plus haute Antiquité, en tout cas depuis le début du XIXe (les traditions les plus respectables ne sont pas forcément les plus anciennes, et nous pouvons continuer à rêver de Bretons brodés, plus décoratifs et aussi (...) Lisez la suite dans le dernier numéro de L'incorrect, disponible en kiosques et par abonnement!
Un peu de bon sens, s’il vous plaît
Un hebdomadaire titre sur « l’émoi » qui aurait saisi les Italiens du fait que les formulaires administratifs requérant l’indication de l’identité des deux parents vont à nouveau faire figurer les mots « père » et mère » au lieu des expressions « parent 1 » et « parent 2 ». Il me semble pourtant que la solution est simple. Pour la majorité des couples parentaux, les mentions « père » et mère » correspondent à la réalité, et ne posent aucun problème.
Il n’y a pas d’immigrés
Pour l’Insee, est « immigrée » toute « personne née à l’étranger de parents étrangers et résidant en France ». Ne sont donc pas immigrés, les Français nés à l’étranger, les Français nés en France partis longuement à l’étranger puis revenus vivre dans leur pays natal, et les descendants d’immigrés nés en France. Quiconque voudra tenter d’évaluer l’impact réel de l’immigration sur la composition de la population française contemporaine se fera donc fort de trouver des études relatives aux descendants d’immigrés. Parue le 8 février 2017, l’analyse « Être né en France d’un parent immigré - Une population diverse reflétant l’histoire des flux migratoires » de Chantal Brutel de la cellule des Statistiques et des études sur l’immigration de l’Insee, donne une version assez fidèle du paysage dessiné par l’immigration en France, sans toutefois pouvoir prétendre à l’exhaustivité. On y apprend qu’en 2015, 7,3 millions de personnes nées en France et résidant en ménages ordinaires (ne sont pas comptabilisées les personnes résidant en communauté, hôpitaux ou foyers par exemple) avaient au moins un parent immigré, parmi lesquels 3 millions 285 mille ayant leurs deux parents immigrés, ce qui correspond à environ 11 % de la population. On observe aussi que l’âge moyen des immigrés, pour la période comprise entre 1999 et aujourd’hui, était toujours supérieur d’au moins (...) Lisez la suite dans le dernier numéro de L'incorrect disponible en kiosque et par abonnement!
Une famille russe demande l’asile en Pologne pour fuir les services sociaux suédois
Les trois filles de ce couple russe chrétien résidant en Suède avaient été placées par les autorités suédoises dans une famille arabo-musulmane originaire du Liban. Denis Lisov, le père de Sofia, 12 ans, Serafina, 6 ans et Alisa, 4 ans, a profité de sa dernière visite hebdomadaire pour tenter de rentrer avec ses enfants en Russie. Un tribunal suédois avait décidé de leur placement en septembre 2017, en l’absence du père, en raison d’un problème de schizophrénie paranoïde diagnostiqué chez leur maman, ce qui avait attiré l’attention des services sociaux sur cette famille immigrée de Russie il y a 7 ans. La famille d’accueil musulmane des trois petites vivait à 300 km du lieu de résidence de leurs parents biologiques russes.
Vive les gros saints ! Épisode 3 : Saint Stanislas
Stanislaw de Szczepanowski (1030-1079 Cracovie), fêté le 11 avril ou le 7 juin selon les rites, n’a pas eu une putain de vie de merde qui lui vaut d’être saint, si ce n’est à la fin. Issu de parents nobles et pieux, Stanislas leur est confié comme Isaac à Abraham et Sarah. Au bout de trente années d’un mariage stérile, à force de prières et de pèlerinages, Wielislaw et Bogna qui vivent dans le sud de la Pologne dans un patelin au nom imprononçable, donnent naissance à leur fils unique. Aimé et choyé comme un trésor à nul autre pareil, Stanislas, entouré de ses parents, reçoit une éducation solide ainsi qu’une foi profonde. Gentil et fou amoureux du Seigneur, il désire devenir moine. Après des études de droit canonique et de théologie à Gniezno et Cracovie, Stanislas poursuit sa formation à Paris chez les Bénédictins durant sept années. Parvenu à l’âge adulte, héritant du patrimoine familial, il [...] Suite à lire dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Le grand bouleversement
La récente infographie de la situation française publiée par l’analyste politique Jérôme Fourquet (IFOP) pose pour la France la même question que Rod Dreher posait en 2017 pour les États-Unis: comment être Français et chrétien dans un pays qui ne l’est plus? Ou si peu. Tout nous est familier, jusqu’au jour où quelque chose détonne dans un environnement que nous pensions connaître par cœur. Comme si nous prenions brutalement conscience d’un changement opéré par petites touches. À la manière de micro-fractures affaiblissant progressivement un vieux meuble hérité, des phénomènes ont subtilement gagné en ampleur. Pourtant, nous imaginions reprendre du poil de la bête… Quelques signaux pouvaient confirmer notre regain de vitalité : des manifestations exceptionnelles et des éditorialistes s’étaient multipliés pour défendre « nos valeurs ». Nous surfions sur la vague, en oubliant peutêtre les mouvements de fond. Un « mouvement dextrogyre », une conversion de la société française au conservatisme ? Peut-être pas, finalement. À en croire la dernière étude de Jérôme Fourquet (Ifop), notre bévue serait cependant bien excusable. Suite à lire dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Le pape François ou l’apologie des migrations
Est-ce parce qu’il est issu d’une famille de migrants piémontais installés en Argentine que le pape François prend si à cœur la question migratoire ? Il est vrai que la situation s’est dégradée en Méditerranée où l’on dénombre près de 17 000 personnes décédées depuis 2014. Personne ne peut rester insensible à cette tragédie humaine et accepter que la mare nostrum devienne un cimetière, comme l’avait expliqué le pape devant le Parlement européen en 2014.Mais, au Maroc où il s’est rendu les 30 et 31 mars derniers, c’est un discours bien plus politique qu’il a tenu, notamment lors d’une visite d’un centre de la fondation Caritas qui abrite des migrants africains. Dans le prolongement de ses précédentes prises de position, le pape François se fonde sur le pacte de Marrakech approuvé par les représentants de 160 pays en décembre dernier, pour exiger « une migration sûre, ordonnée et régulière » qui profitera aux sociétés des pays d’accueil. Celles-ci « en seront enrichies si elles savent valoriser au mieux la contribution des migrants, en prévenant tout type de discrimination et tout sentiment xénophobe ». L’idée est de pouvoir construire « une société interculturelle et ouverte », avec « des villes accueillantes, plurielles et attentives aux processus interculturels, capables de valoriser la richesse des différences dans la rencontre de l’autre ».S’il rappelle « le droit d’émigrer » comme « celui de ne pas être contraint à émigrer », le pape voit avant tout dans l’immigration une source d’enrichissement mutuel
Éloge du mâle blanc
Je suis comme Yann Moix, attirée par un seul type. Mais ce n’est pas la jeune asiatique. C’est le mâle, blanc, hétéro, en particulier le Français, blond aux yeux bleus, avec une appétence aussi pour le châtain aux yeux vert, tant qu’il a un beau nez. Grand et mince, encore mieux dégingandé, comme Saint Louis, oui celui-là c’est mon préféré. Pas trop jeune mais plutôt vieux car, oui Messieurs, vous avez la grâce de bien vieillir et d’être mûrs à la quarantaine bien tassée. L’homme je l’aime blanc, tout blanc, comme un Gaulois qui ne peut pas bronzer. Avec une peau diaphane et des cheveux lisses, reflétant la lumière sans l’absorber. Français, mon cher compatriote et la moitié de mon sang, je t’aime comme tu es. Poli et bien élevé. Qui me tient la porte à l’entrée de la librairie, me donne du « Madame je vous en prie », me parle de Montaigne et de La Boétie. Je t’aime en France dans la campagne où je n’ai connu que toi, où tu ne m’as jamais traitée de « carloucha », où tu n’insistes pas quand je dis « non », où tu m’élevas très haut, rejouant les Suppliantes d’Eschyles et où toujours je fus en sécurité, sans un seul contrôle d’identité. Je t’aime courtois, déclamant (...) Lisez la suite dans le prochain numéro de L'incorrect, disponible en kiosque et par abonnement!

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