Skip to content
Philippe Charlez : « La France n’a pas les moyens de sortir à court terme du système électrique européen »

Pour quelle(s) raison(s) le marché européen de l’électricité indexe-t-il le prix de l’électricité sur le prix du gaz ?

Les caractéristiques techniques (non stockable) et économiques (sources diverses aux prix fixes et variables très différents) de l’électricité sont peu compatibles avec un marché concurrentiel classique. Jusqu’au milieu des années 1990, l’électricité relevait dans la plupart des pays européens d’entreprises publiques non concurrentielles (aussi appelées « monopoles naturels ») contrôlant l’ensemble de la chaîne (production/transport/distribution). Ce modèle permettait de s’affranchir du prix marginal de la dernière source (aujourd’hui le gaz) et de proposer au consommateur un prix moyen régulé tout en garantissant une production rentable et continue.

Lire aussi : Philippe Charlez : « Les délestages vont accentuer les inégalités territoriales déjà existantes »

L’idée de remplacer les monopoles naturels par un grand marché européen date du milieu des années 1980. Importée du Royaume-Uni, elle conduisit en 1986 à l’« acte unique » : les électrons pouvaient désormais circuler en toute liberté entre pays voisins tandis que leur prix était négocié en continu (toutes les demi-heures) suivant les demandes journalière et saisonnière. Mais, en multipliant les fournisseurs alternatifs dans un marché concurrentiel, la libéralisation des marchés imposa de facto l’alignement des prix non plus sur les coûts moyens mais sur le coût marginal de la dernière source appelée. S’il n’en était pas ainsi, elle ne serait jamais appelée ce qui induirait des coupures récurrentes lors des demandes de pointe. Cette loi dite « de l’ordre du mérite » est en quelque sorte une « assurance tous risques » permettant dans un marché ouvert de se prémunir de tout blackout.

Qu’est-ce que le mécanisme de l’ARENH ? Par qui et dans quelles conditions a-t-il été voté ? Quelles conséquences a-t-il eu sur notre fleuron national de l’énergie, EDF ?

Une fois le grand marché européen mis en place, chaque État-membre adapta son modèle. En bon pays jacobin, la France tenta d’unir public et privé à travers le « mariage de la carpe et du lapin ». En pratique, EDF n’ouvra que faiblement son capital au privé mais surtout conserva dans son escarcelle le nucléaire (70% de la production d’électricité en France !) considéré comme stratégique par l’État. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
[Reportage photo] À Lyon, la Vierge couronnée

Le vol de l’ancienne couronne fut un traumatisme. Sertie de 1 800 pierres précieuses, conçue par l’orfèvre lyonnais Armand-Calliat en 1899, la couronne disparue était en or massif. Elle était estimée à un million d’euros. Le samedi 13 mai 2017, à 3h27 du matin, une équipe de malfaiteurs fait irruption dans le musée d’art religieux qui jouxte la basilique. À l’aide d’une disqueuse, ils découpent les 12 millimètres de verre blindé qui protègent la couronne. Le casse express dure moins de cinq minutes. À ce jour, il n’est toujours pas élucidé.


© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

L’orfèvre français Goudji est le créateur de la nouvelle couronne. L’artiste est connu pour ses objets liturgiques en or et argent ainsi que pour la création d’épées d’académiciens comme celle d’Hélène Carrère d’Encausse. Goudji a créé une couronne à cinq fleurons ornée de 16 pierres dures (sodalite, onyx, jaspe, aventurine, serpentine, agate). Chaque pierre est un symbole. Le rouge pour le sang du Christ, le vert comme symbole d’espérance. Estimée à 25!000 euros, cette nouvelle couronne a été financée par de généreux donateurs lyonnais. Seule une petite pierre (citrine) qui a été dessertie au moment du cambriolage a été insérée sur la nouvelle couronne. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Benoît XVI : un docteur pour l’Église ?

« Voici que, tout indigne et malade que je suis, j’ai reçu ce vieux navire tout brisé, qui fait eau de toute part ; et dans la grosse tempête qui la secoue chaque jour ses planches pourries ont des craquements de naufrage. » Ces mots ne sont pas du défunt pape émérite Benoît XVI mais d’un lointain prédécesseur, Grégoire le Grand, qui régna à la charnière des VIe et VIIe siècles. Or, dans les derniers jours du pontificat de Jean-Paul II, le cardinal Ratzinger avait utilisé la même image à l’occasion du chemin de Croix dans le Colisée. C’était peu avant son élection le 19 avril 2005, à l’occasion de la Semaine sainte : « Seigneur, ton Église nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toute part. Et dans ton champ, nous voyons plus d’ivraie que de bon grain. Les vêtements et le visage si sales de ton Église nous effraient.

[Reportage] Prison de Fresnes : entre les murs

Ce 29 novembre, nous avons rendez-vous à 8 h au sud de Paris, devant la prison de Fresnes. Une délégation de cinq députés du Rassemblement national membres de la Commission des lois, vient y faire une visite : Stéphane Rambaud, Gisèle Lelouis, Marie-France Lorho, Timothée Houssin et Edwige Diaz. Loin du Palais- Bourbon, il s’agit pour eux de se faire une idée du fonctionnement, des conditions de vie carcérale, mais surtout de soulever – à juste titre – la question de la surpopulation causée par une surreprésentation d’étrangers parmi les détenus. Le contexte de la visite n’est pas innocent : Gérald Darmanin vient d’annoncer un énième projet de loi sur l’immigration. Or, le constat est sans appel : l’établissement pénitentiaire de Fresnes dispose de 1 400 places pour 1 900 personnes incarcérées, dont presque 900 personnes étrangères de plus de 80 nationalités.

Fresnes est la plus vieille prison française, 123 ans, et cela se ressent. On se croirait dans un vieil hôpital psychiatrique, ceux qui servent de décor aux films d’épouvante. Une longue allée centrale et trois ailes perpendiculaires, divisées chacune en deux zones. De lourds portiques de sécurité entre chaque zone, et chaque aile. C’est dans ce complexe que sont incarcérés les hommes.

Fresnes est la plus vieille prison française, 123 ans, et cela se ressent. On se croirait dans un vieil hôpital psychiatrique, ceux qui servent de décor aux films d’épouvante

Nous levons les yeux : trois étages de cellules. Ça crie, les serrures claquent, l’atmosphère est chargée. Je suis du regard un détenu deux étages plus haut, il soutient mon regard tout en marchant vers sa cellule escorté par un gardien. J’interroge un membre de notre escorte : « Il sort de la douche ». Pour se laver, il n’y a qu’une salle de douches par zone avec six cabines individuelles. Six cabines de douches pour 80 détenus. Ils n’ont droit qu’à une douche de dix minutes, tous les deux jours. « À l’époque de la construction de Fresnes, c’était une révolution d’avoir les toilettes dans la cellule, mais la douche ce n’était pas possible. Aujourd’hui dans les nouvelles prisons, il y a la douche dans les chambres ». [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Benoît XVI : une perle aux cochons

Le 12 septembre 2008, nous avions eu l’immense honneur d’être invité à entendre ce pape aux Bernardins, lors de sa visite en France. « J’aimerais vous parler ce soir [c’était d’ailleurs l’après-midi] des origines de la théologie occidentale et des racines de la culture européenne », commençait le Pontife devant un parterre effaré d’anciens présidents et de chapeaux à plume du monde de la « culture », laquelle n’avait que peu à voir avec celle qu’il s’apprêtait à évoquer. Car ces origines dont le Bavarois parlait, c’était simplement les moines, et particulièrement les fils de saint Benoît, à qui il avait pris son nom : « Il faut reconnaître avec beaucoup de réalisme que leur volonté n’était pas de créer une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus simple. Leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même.

Éditorial d’Arthur de Watrigant : Une année virile

Chers lecteurs, chers amis, une nouvelle année débute. Les vœux sont nombreux tant 2022 fut triste et morose mais pour 2023, je ne vous en souhaite qu’un : plus de Belmondo et moins de Sandrine Rousseau. Cette année sera celle de l’homme, un vrai, et pas que pour emmerder ces néoféministes constipées. L’hiver vient, il s’annonce brutal alors il nous faut rêver. Le 7e art se révèle être une machine merveilleuse pour s’évader, s’élever et notre Histoire comme notre littérature un réservoir sans fin pour y puiser une promesse d’éternité. Seul problème, comme des sales gosses mal élevés, nous l’avons oublié, préférant baver sur ce qu’on n’a pas encore ou pire encore canceller comme des nains prétentieux. Alors le cinéma français titre la tronche, pas un film dans le top dix de l’année passée, et chouine comme une ado plaquée par texto. Mais tu nous emmerdes. Non seulement non devrions subventionner tes fantasmes de rebelle de salon détox mais en sus, payer, très cher, un ticket d’entrée pour assister à tes prêches.…

Éditorial de Jacques de Guillebon : La droite de meute et la morale

Avons-nous une morale ? Nous le croyons car nul ne saurait vivre sans morale, quand bien même on se proclame libertaire – les soixante-huitards eux-mêmes avaient leurs dieux inférieurs et leurs principes immanents. Nous le croyons bien sûr, mais sommes-nous d’abord capables de la définir aujourd’hui, et sommes-nous ensuite capables de nous y tenir ? Il est étonnant que de quelque sujet qu’il s’agisse, désormais la droite, la droite de meute, fustige la « morale » du camp supposément d’en face : on parle de guerre, et aussitôt la « morale américaine » est conspuée, quand bien même il s’agit d’abattre un dictateur (Saddam, Bachar, Kadhafi), ou lui résister (aujourd’hui l’agression de Poutine) ; on parle de préserver les vieux et les faibles, aussitôt la « morale sanitaire » de ce qui est alors très légèrement qualifié de dictature est repoussée avec violence ; on débat de corrida, aussitôt on bat en brèche la « morale animaliste », sans même s’interroger un instant sur la souffrance que ressentirait éventuellement l’animal ; on parle de haine et de discrimination, aussitôt la « morale antiraciste » de la gauche fait office de repoussoir ; on parle de nature et de climat, aussitôt c’est la « moraliste » Greta Thunberg qui est brandie pour nous éviter de jamais nous interroger sur le sujet.…

Louis de Bourbon : Pour célébrer Noël, fête des familles

Chez tous les Français attachés à leur patrie et à leurs traditions ancestrales, chez tous les Européens préoccupés par l’avenir de notre civilisation, chez tous les fidèles soucieux de faire entendre au monde le message du Christ, la fête de Noël doit susciter un sursaut d’espérance. Sans doute, les sociétés modernes – et tout particulièrement la France – n’ont jamais été si éloignées de l’idéal de paix, de justice, d’union et de charité fraternelle qui trouve son expression la plus profonde dans les célébrations de la Nativité. Pourtant, dans son insondable mystère, l’Incarnation demeure le plus bouleversant appel à la renaissance et au salut qui ait jamais été adressé à notre monde. Un appel dont l’actualité est rappelée chaque année depuis des siècles et des siècles.

Ce message d’espoir est destiné à tous les hommes ; mais les habitants des vieux pays de chrétienté qui sont les nôtres ont une responsabilité toute particulière dans sa transmission.…

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest