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Tops et flops des films français sur le patrimoine littéraire et historique national

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Publié le

6 janvier 2023

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S’il boude bien trop notre patrimoine littéraire et historique national, le cinéma français a tout de même essayé à quelques reprises d’en faire son sujet. Résultat : certains films sont de véritables chefs-d’œuvre, d’autres de pathétiques ratés. Voici nos tops et nos flops.
Illusions perdues

TOPS

Napoléon (1927) d’Abel Gance

C’est découvrant Naissance d’une nation de D. W. Griffith au début des années 1920 qu’Abel Gance décide de se lancer à la conquête de Napoléon. Son ambition est démesurée à l’image des grands hommes qu’il admire : le réalisateur français n’imagine pas un film mais six, allant de cette fameuse bataille de boules de neige à Brienne-le-Château jusqu’à la captivité à Saint Hélène. Gance tourne le premier épisode qui retrace la vie de l’empereur de 1781 jusqu’au début de sa campagne d’Italie en 1796. Son film dure sept heures. Le succès est international mais ses financiers abandonnent, le budget prévu pour l’ensemble a déjà été englouti. Gance remontera sans cesse son film jusqu’en 1971, qui sera tronçonné à de multiples reprises par les distributeurs. La seule version véritablement visible aujourd’hui reste la première, reconstituée en 1981 par Francis Ford Coppola, d’une durée de 230 minutes. L’occasion de redécouvrir le génie fou de Gance, avant-gardiste de la technique, qui délaissa le vieux trépied pour des caméras embarquées, même sous-marines, prêt à tout, jusqu’à inventer le split-screen en filmant son majestueux finale de trente minutes de trois points de vue différents (à l’époque diffusé sur trois écrans). Un monument.


llusions perdues (2021) de Xavier Giannoli

Sans doute la meilleure adaptation de Balzac de l’histoire. Le réalisme, le rythme, le propos, le tragique de l’existence, tout y est. On s’en émerveillera encore dans cinquante ans.


L’Armée des ombres (1969) de Jean-Pierre Melville

Melville, Ventura, Signoret, on pourrait s’arrêter là. Un film qui possède une qualité inestimable, la nuance, capable de montrer toute l’obscurité des résistants et de leur destin. Leur héroïsme n’en est que plus étincelant.


Cyrano de Bergerac (1990) de Jean-Paul Rappeneau

Un classique de notre patrimoine littéraire, le héros français par excellence et un monstre du cinéma pour l’incarner, le Cyrano de Rappeneau est une merveille d’adaptation. Fidèle, poignant et entraînant.

Lire aussi : Cinéma français : haro sur les héros ?


FLOPS

Vercingétorix, la légende du druide roi (2001) de Jacques Dorfmann

15 millions de budget et un personnage mythique, jamais porté à l’écran sinon en 1909, mais personne ne le sait : Vercingétorix, la légende du druide roi débarque dans les salles obscures le 21 janvier 2001. Avec une date pareille, on reniflait déjà le chef-d’œuvre. On imaginait Christophe Lambert en William Wallace version braie, pulvérisant ces tarlouzes de Romains en jupette et hurlant « Liberté » du haut des remparts d’Alésia. Une sublime réplique vient soudainement anéantir nos espoirs : «Gauloises, Gaulois ! » déclame Lambert pochtronné à la cervoise faisandée. On se dit alors qu’une nouvelle fois le mythe est saccagé par un bolcho-indigéniste, mais même pas. C’est juste nul. Une daube XXL, affreusement mal jouée, sans cadre, ni début d’une idée. Les acteurs enchaînent les bars à putes bulgares (pays où a été tourné le film) et les scènes qui rivalisent de débilités sans temps mort. L’idée d’une farce pointe son nez, jusqu’à la mort tragique du gaulois Moscatos (sic) joué par l’ex-rugbyman Vincent Moscato filmé avec un premier degré effrayant. Un massacre.


Astérix aux Jeux olympiques (2008) de Frédéric Forestier et Thomas Langmann

Film de producteur, film de thunes, vulgaire et racoleur, cet Astérix est probablement l’adaptation la plus sinistre et la plus cynique jamais faite des aventures du Gaulois. Un exploit.

https://www.youtube.com/watch?v=OlKdLmN0Ggc&ab_channel=RaoulGauguin

Vidocq (2001) de Pitof

Il y avait pourtant de quoi faire, avec cette figure rocambolesque du Paris obscur et violent de la fin du XIXe siècle. Las, Pitof n’est pas un réalisateur, et il signe là un des pires navets de l’histoire, d’une laideur presque fascinante.

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