
Chroniqueur sur la chaîne spécialisée américaine CBS Sports, Thierry Henry avait prévenu le monde anglo-saxon : « Le Stade est à Saint-Denis. Saint-Denis. Faites attention. C’est situé juste à côté de Paris, mais vous pouvez me croire, ce n’est pas du tout Paris et vous ne voudriez pas y vivre ». Tenus le 5 mai dernier, ces propos avaient fait tiquer, provoquant l’ire de quelques internautes. Comment ? Thierry Henry, l’enfant des Ullis, serait-il devenu « réac » ou « de droite » ? Rien de tout ça, l’ex-champion devenu journaliste a tout simplement gardé son franc-parler. Il est avec son micro comme naguère il était avec son ballon ; lucide, froid, réaliste. Il ne fallait en effet pas être grand clerc pour se douter qu’il y avait toutes les chances pour que le Stade de France et ses abords soient le théâtre de débordements.
Pensez-donc, tous les ingrédients étaient réunis. Les prédateurs humains sont, à l’instar de leurs homologues du règne animal, des créatures opportunistes. Certains agissent de manière solitaire, d’autres en meute. La perspective d’une finale de Ligue des Champions drainant des dizaines de milliers de touristes étrangers, égarés dans les méandres des transports parisiens, possédant tous des téléphones portables et du liquide, ne pouvait qu’exciter les « riverains » comme le requin sentant l’odeur du sang à plusieurs milliers de kilomètres dans l’océan. Ne craignant plus la police, dont les dispositifs lourdauds pensés par le préfet Lallement sont plus aptes à taper indistinctement sur des pères de famille qu’à prévenir les véritables dangers, nos prédateurs locaux n’avaient plus qu’à agir avec la complicité passive de stadiers débordés et ridiculisés. [...]












