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Procès Valeurs actuelles : la comédie antiraciste

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Publié le

24 juin 2021

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Nous avons assisté aux débats et aux plaidoiries du procès de Valeurs Actuelles dans l’affaire Obono. Des déclarations ridicules des parties civiles aux plaidoiries les plus outrancières et racistes (devinez de quel côté de la barre ?), nous vous offrons un émétique résumé.
proces.va

Mercredi 23 juin se tenait à la XVIIe chambre du tribunal judiciaire de Paris le procès de Valeurs Actuelles intenté par la députée Danièle Obono et d’autres parties civiles : la Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme, la Maison des potes, le MRAP, Mémoires et Partages, et bien sûr La France Insoumise. Parmi toutes les insanités et stupidités déblatérées durant ce procès, c’est probablement Danièle Obono qui a fait preuve le plus de retenue lors de sa prise de parole au moment des débats.

Après avoir expliqué à quel point la Une et l’article l’avaient blessée, la députée a expliqué qu’il s’agissait d’une « agression » et d’une « violence » à son encontre. Elle a reproché à ses « agresseurs » de l’avoir ramenée à « moins qu’un être humain, un animal », et de lui avoir imputé des propos et positions qui n’étaient pas les siens : « On m’attribue des idées, des positionnements racialistes indigénistes, alors que ce n’est pas un sujet sur lequel je me suis positionnée. […] C’est un artifice utilisé pour me ramener à une condition animale. C’est une manière de faire pire, car un esclave c’est encore moins qu’un animal. […] Ces gens ont annihilé la dimension politique de ma personne ». La seule personne qui explique qu’un esclave est moins qu’un animal, c’est Madame Obono, mais passons.

Le point central de sa prise de parole était de dire que ses « agresseurs » la ramenaient sans cesse à sa couleur de peau. Sur quoi maître Basile Ader, avocat de la défense, l’a interpellée, lui rappelant des propos qu’elle avait tenus à l’encontre de Jean Castex sur Twitter : « Profil : homme blanc de droite bien techno & gros cumulard ». L’avocat n’a pas non plus manqué de lui rappeler ses accointances avec le Parti des Indigènes de la République et notamment Houria Bouteldja (connue pour son antisémitisme notoire) et enfin ses propos sur les attentats de Charlie et les frères Kouachi. Notamment ces mots publiés sur son blog le 11 janvier 2015 : « Je n’ai pas pleuré Charlie. […] J’ai pleuré toutes les fois où des camarades ont défendu mordicus les caricatures racistes de Charlie Hebdo ou les propos de Caroline Fourest au nom de la “liberté d’expression” (des blanc.he.s/dominant.e.s) ou de la laïcité “à la française”. Mais se sont opportunément tu.e.s quand l’État s’est attaqué à Dieudonné, voire ont appelé et soutenu sa censure… ». Notons que madame Obono a souhaité la candidature d’Assa Traoré sur une liste de Seine-Saint-Denis et participé aux manifestations « contre les violences policières » en soutien à Black Lives Matter.

La « ramener à son africanité » n’a donc rien d’infamant, à moins de considérer l’Afrique comme une infamie, ce qui semblait être le cas de tous les antiracistes bien-pensants donneurs de leçons de ce procès

C’est bien pour son obsession vis-à-vis de la race, et ses accusations constantes contre les blancs et la France qu’elle avait été choisie pour cette fiction par Valeurs Actuelles, comme l’a rappelé maître Ader. Les avocats des parties civiles n’ont cessé de répéter que ramener une femme à son « africanité » était odieusement raciste. Madame est née au Gabon et n’a obtenu la nationalité française qu’en 2011, la « ramener à son africanité » n’a donc rien d’infamant, à moins de considérer l’Afrique comme une infamie, ce qui semblait être le cas de tous les antiracistes bien-pensants donneurs de leçons de ce procès.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a expliqué que le texte de VA était raciste puisque « le seul critère laudatif sur Danièle Obono, était sa robustesse pour transporter l’eau et le mil ». De même pour le fait qu’elle soit décrite comme « laide, bête, petite et ramassée ». On ignorait que tous les Africains étaient « robustes, laids, bêtes, petits et ramassés ». Dominique Sopo ajoute l’accusation d’un « retournement du stigmate » : « Dire “c’est vous qui y voyez du racisme, car vous êtes raciste”, c’est une injure multiraciste ! » Vous avez mal à la tête ? Nous aussi.

Mention spéciale au président de Mémoires et Partages, qui s’est mis à hurler : « Nous savons la spécificité de la traite par les blancs : la racialisation ! Ça n’existe pas entre Africains, ni avec les Arabes ! » Qu’il aille expliquer ça aux esclaves bien actuels torturés en Libye et dans les pays du Golfe, ou même aux noirs régulièrement agressés et traités de « nègres » par des maghrébins ici en France.

Lire aussi : L’affaire Obono-Valeurs Actuelles

La juge a eu beau demander aux parties civiles de plaider de manière synthétique, afin de permettre à la défense de s’exprimer à une heure décente, elles avaient apparemment décidé d’adopter une stratégie de submersion. À tel point qu’au bout de trois plaidoiries sur six, la juge a menacé de passer directement la parole à la défense.

À chaque plaidoirie de l’accusation, le champ lexical de la puanteur est utilisé : sachez donc que si vous lisez Valeurs Actuelles ou L’Incorrect, vous n’êtes que d’ « immondes » fascistes aux idées « rances », « sulfureuses » et « nauséabondes ». Ces adjectifs utilisés exclusivement pour les idées dites populistes reflètent ce que Houellebecq appelle la haine du peuple par les élites. La haine du peuple par la gauche. 

Agnès Tricoire, avocate de la Ligue des droits de l’Homme, a gentiment expliqué que la liberté d’expression c’était bien sympa, mais qu’il ne fallait « pas exagérer […] ce n’est pas la même chose lorsque l’on traite d’une personne existante ». Ah bon ? Et d’expliquer que le texte incriminé n’était pas une fiction, puisque six personnes existantes et des lieux réels y étaient nommés. À part Tolkien, Perrault et les frères Grimm, on ne voit pas très bien quel auteur ne se verrait pas offrir une carte de presse.

Le pire a tout de même été ce moment où madame Tricoire a déclaré que « ce texte est un viol symbolique, pour jouir avec le lecteur dans une haine raciste […] C’est un texte pervers ! À la fin c’est l’auteur qui la sauve : c’est le parcours classique du sadique ! » Et Raquel Garrido représentant LFI de renchérir : « Nier la pensée de Danielle Obono est une agression. À la fin c’est l’agresseur qui vous accuse de l’agresser ». On sait depuis peu que donner un baiser à une femme endormie constitue une agression sexuelle, on sait à présent que moquer une femme dans une fiction s’apparente à un viol.

Mais vous comprenez, les anti-racistes ont un détecteur de racisme exclusivement réglé sur le taux de mélanine

Enfin, médaille d’or du racisme, décernée à maître Ivan Terel représentant SOS Racisme, qui a quand même déclaré tonitruant : « La ligne de Valeurs Actuelles est résumée par la ligne de séparation dans l’auditoire ! Du côté des partisans de Valeurs Actuelles, vous n’avez que des hommes blancs ! » La deuxième place est attribuée à William Bourdon représentant l’association Mémoires et Partages : « Sur le banc des accusés, vous avez trois hommes blancs ! Bien éduqués, policés, qui s’expriment bien ! »

Comique de la part de types qui ont chacun passé vingt minutes à s’égosiller sur le fait qu’assigner une personne à sa couleur de peau était intolérablement raciste. Mais vous comprenez, les anti-racistes ont un détecteur de racisme exclusivement réglé sur le taux de mélanine.

Bonne surprise au moment du réquisitoire. Le procureur n’a pas cédé aux beuglements hystériques de l’accusation, et a expliqué très calmement que le ministère public n’était pas « un registre des émotions ». Il a ainsi estimé que l’article était une « création littéraire appartenant à l’invective » et n’a requis comme peine qu’une amende de 1 500 euros (contrairement aux parties civiles qui sont allées jusqu’à réclamer 75 000 euros de dommages et intérêts). Le jugement sera rendu le 29 septembre.

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