Skip to content
« La Voisine danoise » : un beau chaos scandinave
Une fausse retraitée des services secrets danois se met au vert dans une petite copropriété en Islande. Très vite, elle va s’immiscer dans la vie de ses voisins et régler leurs problèmes de façon parfois expéditive. On avait découvert Benedikt Erlingsson en 2018 avec Woman at war, film plutôt correct et à fantaisie mesurée sur une activiste en guerre contre les nouvelles technologies. Sa nouvelle série, La Voisine danoise, marque des progrès confondants tout en approfondissant ses thématiques de prédilection dans un genre finalement délicat, celui de la comédie noire. On pourra d’abord tiquer devant la couche de progressisme qui englue les second et troisième épisodes avec l’accumulation de grigris sociétaux, VSS, grossesse adolescente, réfugiée libyenne en détresse, n’en jetez plus… Mais derrière cette soumission apparente au goût du jour, la série est beaucoup plus retorse, osant notamment ce qu’on pourrait qualifier d’humour racial intrascandinave où chaque nationalité est débinée par les autres. Les Norvégiens sont « colériques et peureux » et l’héroïne, s’étonnant d’une décoration que les autorités du cru vont lui remettre, se voit répondre par sa hiérarchie que les Islandais ont « une mentalité de colonisés ». On retrouve les ressorts communautaires qui faisaient le sel des deux premières saisons de L’Hôpital et ses fantômes (Lars von Trier, 1994-1997) vibrant d’animosité bilatérale ente Danois et Suédois. [...]
« Nuestra Tierra » : nouveau western
Le 12 octobre 2009, après une altercation sur ses terres, Javier Chocobar, chef de la communauté Chuchagastas est tué par un propriétaire terrien et deux policiers qui souhaitaient se les accaparer. Il faudra plus de neuf années pour que la justice argentine daigne traduire en justice les accusés. Lucrecia Martel filme le procès au jour le jour, et retrace l’histoire des grandes figures de cette communauté indigène. Nuestra Tierra est ce qu’on appelle un documentaire décolonial. Et comme Dahomey de Mati Diop, il échoue pour avoir appliqué un dispositif trop rigide. L’absence d’exposition – le spectateur est littéralement jeté en pleine audience – oblige à une attention soutenue qui n’est jamais récompensée par la forme. [...]
Les grands oubliés d’Hollywood

L’histoire du cinéma hollywoodien est si profuse et si accidentée que bon nombre de ses meilleurs artisans ont parfois été oubliés. Si le Nouvel Hollywood a effectivement créé un appel d’air vertigineux et ouvert les voies d’une fièvre créatrice sans précédent, on a tendance à mettre au rencard certains réalisateurs antérieurs à cette nouvelle ère, considérés comme de simples « faiseurs ». Grave erreur ! L’âge d’or des majors a permis à tout un tas d’artistes frondeurs et inspirés de faire leurs armes dans le cinéma de genre qui faisait florès à l’époque, à commencer par le western ou le film noir. C’est le cas de Joseph H. Lewis, Budd Boetticher et Don Siegel, auxquels cet essai volumineux et passionnant tente de rendre leurs lettres de noblesse.

Le plus connu des trois, c’est bien sûr Don Siegel, auteur d’au moins deux chefs-d’œuvre : Body Snatchers, brûlot qui utilise la science-fiction comme prétexte à une parabole politique glaçante, et bien sûr L’Inspecteur Harry, épigone du vigilante movie, avec un Clint Eastwood inoubliable en flic revanchard dans les bas-fonds de San Francisco – lançant mine de rien cette mode des héros sans pitié qui allait occuper toute la décennie suivante.…

« Un Jour avec mon père » : un premier film attachant
Un père part avec ses deux fils à Lagos réclamer plusieurs mois impayés de salaire. Ils tombent en pleine reprise en main du pays par les militaires après la destitution du président élu, Moshood Abiola, en 1993.  Le semi-autobiographique Un jour avec mon père a été co-écrit par le réalisateur Akilona Davies Jr et son frère Wade. Si l'exposition semble trop longue, elle installe aussi un rapport particulier avec le temps. [...]
« Love on trial » : nouille
Scandale dans un girl group japonais, on interdit l’amour et même la sexualité ! L’une des minettes kawai – ou à peu près, ne mégotons pas - est chopée avec un boyfriend, elle abdique. Une autre, l’héroïne, s'enfuit avec un mime magicien coiffé comme Yoko Tsuno. Un baiser dans une voiture, dramatisé à l’extrême, fait klaxonner les automobilistes : TÛT TÛT TÛT TÛT, c’est L'Empire des sens ! Mais voilà, les producteurs attaquent le couple pour rupture de contrat et leur avoir fait perdre plein de flouze. [...]
Sébastien Tellier se fout-il de nous ? En fait, non
Concernant Sébastien Tellier, j’ignore toujours s’il se fout de notre gueule ou si c’est à nous de nous foutre de la sienne. Être un génie naïf est une grâce rare. Légèreté et profondeur mêlées. Quelques notes de perversion enfantine. L’équilibre est précaire. Tout le monde n’est pas Charles Trenet ou le Douanier Rousseau. Loin s’en faut. Peut-être Tellier voulait-il être un Brian Wilson électronique, le Syd Barrett (co-fondateur de Pink Floyd et icône déraillante) de la French Touch. C’est sans doute viser un peu haut, planer à mille lieues. Perdu entre l’univers de Christophe et celui des Télétubbies, l’homme m’a toujours rendu perplexe. Tout cela serait plus simple s’il était un médiocre. Avec plus de dix albums à son actif, il est un compositeur et producteur reconnu. Pour son dernier disque, nommé Kiss The Beast, il revient après six années d’absence. [...]
© DR
Les critiques littéraires de mars
LES TENDRESSES DE ZANZIBARThomas Morales,Le Rocher, 120 p., 14€90  Alors qu’elle vient d’être emportée par la maladie, un homme récapitule les beautés de son épouse et les splendeurs d’un amour trentenaire. Le style de Morales lui permet tout, en tout cas cet exercice délicat qui pourrait verser soit dans une élégie trop stridente soit dans […]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
« La Danse des renards » : le contre-poison des frères Dardenne
Et si l’horrible cinéma belge sadique-social (les Dardenne, Lafosse, Wandel, etc.) avait trouvé à force son contre-poison ? Premier film de Valéry Carnoy, La Danse des renards, est ce pharmakon qui part du naturalisme pour arriver après des détours à la vérité des êtres, autre nom de leur mystère. Un jeune cador boxeur, interne en Sport-études, subit une blessure qui effrite sa motivation. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest