



Charles Gave : Le discours de J.D. Vance à Munich était parfaitement clair. Il a expliqué que dorénavant les États-Unis allaient s’occuper de la forteresse America, une forteresse qui irait de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. C’est la doctrine Monroe, que Donald Trump a rebaptisé Donroe. Et le Groenland est, à leurs yeux, stratégique puisque c’est de là que vous pouvez surveiller les bateaux qui sortiraient de la zone russe. C’est en quelque sorte le verrou qui bloquerait la flotte de l’Est.
Je me permets également une interprétation supplémentaire : c’est la volonté de Donald Trump de sortir de l’OTAN. Les pays européens ne le souhaitent pas et le Groenland offre la possibilité, par ce conflit, de casser l’OTAN. C’est comme un bonneteau : vous regardez à droite mais l’objectif se passe à gauche.
Philippe d’Iribarne : L’obsession américaine est depuis toujours la crainte de celui dont on dépend et qui a donc la possibilité de vous nuire. Si vous relisez Le Fédéraliste, la grande œuvre de philosophie politique américaine rédigée durant le débat pour la ratification de la Constitution fédérale des États-Unis en 1787, le sentiment d’un péril, qu’évoquent des termes tels qu’insecure, insecurity, danger, attack, y est omniprésent. Face à ce péril, la volonté de se défendre est affirmée sans trêve. Il est question de defense, self-defense, precautions, guarded against, resist, counteract, protect, armed, sentinel. Il s’agit d’atteindre une situation où l’on est en sécurité (preservation, safe, security, secure). Qu’est-ce donc qui est craint ? Le terme d’encroachment (dangerous encroachments, encroachments of the others) évoque bien ce dont il s’agit. C’est l’intrusion d’autrui dans ce qui vous concerne. La place centrale tenue par la référence à la propriété, et l’association intime, aux États-Unis, entre la notion de liberté et celle de propriété, sont associées au caractère prééminent de la protection contre cette menace. « Un homme, déclarait par exemple Madison lors de la Convention constitutionnelle de 1787, a la propriété de ses opinions et de leur libre communication, il a la propriété dans […] la sécurité et la liberté de sa personne. » En la matière, les États-Unis héritent de la tradition britannique pour laquelle ce qui permet d’être protégé, c’est d’être propriétaire, d’avoir édifié une barrière face à ceux qui vous menacent. Cette sacralisation de la propriété est si forte qu’elle a même conduit, au moment de la création de l’Union, à justifier le maintien de l’esclavage en affirmant que, comme l'esclave est la propriété de son maître, attaquer à l'esclavage conduit à s’attaquer à la propriété, donc à la liberté. Donald Trump est un héritier majeur de cette tradition. Il veut être propriétaire du Groenland pour assurer la sécurité des États-Unis. [...]

On parle de milliers de personnes abattues par les escadrons de la mort aux ordres du régime des mollahs. Les gardiens de la révolution islamique et les miliciens du Basidj sont les maîtres d’œuvre de ces massacres de masse. Ils sont aidés par des supplétifs appartenant aux milices chiites irakiennes, aux Fatemyouns afghans et au Hezbollah libanais. Soyons clairs : à l’heure où je vous parle, ce sont au moins 20 000 morts qui ont été constatés par des personnels médicaux sur place. Mais toutes les sources avec lesquelles je parle s’accordent à dire que le nombre de personnes tuées est très supérieur. L’Iran vit une tragédie, une véritable horreur. Dans ce contexte, les Iraniens ne reviendront pas en arrière, même s’il y a moins de gens dans les rues. Le véritable risque, c’est que la situation se transforme en guerre civile, alors même que les oppositions iraniennes, pour la plupart laïques, étaient prêtes à prendre le relais. Il faut ajouter à cette terrible réalité le fait que 2/3 du territoire iranien est privé d’eau potable, qu’il n’y a presque plus d’électricité, ni de bois pour se chauffer. Près de 2/3 de la population iranienne vit en dessous du seuil de pauvreté, alors qu’avec son pétrole et son gaz, l’Iran devrait être l’un des pays les plus riches au monde. Les islamistes au pouvoir depuis 1979 ont ravagé l’Iran, qui était un pays de grande culture. [...]



Ils sont américains, allemands, australiens, hollandais etc., se sont installés en Turquie en toute légalité et, pour certains, ont fondé une famille en Turquie, certains depuis des dizaines d’années. Mais ils étaient chrétiens et, de ce seul fait, ils sont désormais placés sous le code N-82, désignant dans la loi turque les menaces à la sécurité intérieure (article 59 du Code pénal turc). Un beau jour, alors qu’ils rentrent d’un déplacement hors du pays, le passage à la douane leur est refusé et les voilà bloqués à la frontière, irrémédiablement coupés de leur vie en Turquie. Parfois, de plus en plus, c’est l’expulsion pure et simple alors même qu’ils se trouvent dans le pays.
Depuis 2020, c’est près de trois cents personnes qui ont été victimes de ce brusque retournement des autorités à leur égard.
Faut-il le préciser ? Tous les « droits subjectifs » et « libertés individuelles » reconnus par la Convention européenne des droits de l’Homme (Conv.…

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