
Société


La basilique, telle qu’elle s’est construite, telle qu’elle a survécu aux tempêtes révolutionnaires et telle qu’on peut la concevoir maintenant – soit comme une citadelle assiégée, soit comme le vaisseau insubmersible de l’identité nationale – sera le lieu d’une rencontre entre trois destins français qui ont, chacun à leur manière, bravé l’adversité pour mieux sculpter leur idée du pays. Marion Maréchal, issue d’une dynastie politique qui a marqué durablement l’histoire de la Ve République ; Marguerite Stern, ancienne activiste féministe qui a payé cher le prix de son spectaculaire changement de cap intellectuel ; et Alexandre Devecchio, symbole d’une réussite journalistique à laquelle ne le destinait probablement pas son lignage social.
Trois Français issus des années 90, trois fortes têtes qui ont porté leurs idées jusqu’au bout et parfois encaissé les échecs sans broncher. Trois personnalités qui échappent à toutes les caricatures des esprits chagrins et donc trois destins hautement politiques, si l’on comprend le politique comme le nécessaire arraisonnement de l’individu par le collectif – et non comme une série d’ajustements boutiquiers débattus sans fin. Trois personnages publics qui ont sorti un livre simultanément, comme si le moment était venu, en effet, de rentrer dans le lard des clichés. Et d’expliquer les raisons profondes de leur engagement. Pas évident, dans un monde tik-toké où le doom scrolling a remplacé la lecture, et où de grotesques influenceurs ont remplacé les éditorialistes politiques. C’est pourquoi nous avons décidé de les réunir. Pour les faire parler entre eux, sur le mode de la conversation. Pour laisser advenir quelque chose, aussi, que leurs livres ne disent pas forcément – ou se contentent de suggérer. [...]


La France est un vieux pays et la mort rôde. « Nous avons bien souvent regretté d’être nés/ Dans un pays trop vieux, une époque tardive », murmure Michel Houellebecq dans son nouvel album au crépusculaire doux et racé. Est-ce la fin ? Le poète n’a jamais paru aussi serein. « Il faut que la mort vienne, la mort douce et profonde, bientôt les êtres humains s’enfuiront hors du monde », nous console-t-il, porté par la musique de Frédéric Lo qui rappelle que lorsque la mélancolie danse avec l’élégance, elle peut tutoyer le sublime. Pourtant le poète se bat. La mort est imminente, mais il continue. Il était encore là, en première ligne il y a quelques jours lorsque nos parlementaires abattaient une à une les digues pour légaliser l’euthanasie, pour créer cette nouvelle catégorie d’êtres humains : les éligibles, c’est-à-dire ceux qui ne méritent plus de vivre. Houellebecq se tenait debout pour rappeler que l’âme de notre civilisation repose sur notre attachement non-négociable à la dignité de l’Homme.…

Nous sommes des enfants et des petits-enfants de personnes qui ont résisté à l’occupation allemande et combattu le nazisme. La gauche n’a pas le monopole du patriotisme. Nous sommes des militants et des cadres royalistes dont les familles ont payé le tribut du sang. La gauche n’a pas le monopole de la Résistance. Nous commémorons chaque année la Résistance française, notamment le 11 novembre 1940. La gauche n’a pas le monopole de la mémoire.
Si l’histoire de l’Action française a connu des vicissitudes, nous pourrions également rappeler les propos publiés dans L’Humanité le 4 juillet 1940 : « Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheur de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir avec les soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo camarades, continuez même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants ! La fraternité des peuples ne sera pas toujours une espérance, elle deviendra une réalité vivante.…

Johann Chapoutot, après Patrick Boucheron, est devenu l’un des plus célèbres intellectuels médiatiques militants à l’extrême gauche. Il fait partie des signataires d’une tribune publiée le 20 février dernier par L’Humanité, organe historique du Parti communiste, afin de réaffirmer la nécessité d’être « antifasciste » à l’heure où le « fascisme » a fini par désigner tout ce qui n’est pas d’extrême gauche, sauf l’islamisme ; et où ce soi-disant « antifascisme » tue. En matière de recherches, l’universitaire a moins fait avancer l’histoire si étayée du nazisme que la nazification tous azimuts de l’adversaire présent. Le nazisme ayant synthétisé et perverti à peu près toutes les idées à la mode dans les années 30, de l’écologie au techno-futurisme, de l’utopie sociale au délire hyperboréen, du collectivisme au surhomme, du management à la bureaucratie, il suffit de choisir ce qui vous déplait dans le temps présent pour le renvoyer à son occurrence hitlérienne, que vous trouverez toujours, et vous pourrez diaboliser aisément les trois quarts du réel.…

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Il y eut une scène fondatrice, à Montpellier, rue de Maguelone, que je remontais, stupéfié par ceux que j’y croisais (obèses en micro-jupes canari, succubes noircis de khôl, caïds de cave en joggings immaculés, retraités en pantacourt écossais). Je traversais une foire aux freaks, constituée de Narcisse agressifs et totalitaires qui manifestaient bruyamment leur indifférence aux autres. Ils sont devenus les « égautistes ». [...]
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