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Les meilleurs romans de 2025

1. J’écris l’Iliade, Pierre Michon, Gallimard 

2. Les Cambrioleurs, Fabio Viscogliosi, Actes Sud

3. Tressaillir, Maria Pourchet, Stock

4. Le Fou de Bourdieu, Fabrice Pliskin, Cherche-Midi

5. La Marchande d’oublies, Pierre Jourde, Gallimard

Lire aussi : Pierre Michon : l’antidote

6. Arrêt sur enfance, Manuela Draeger (Antoine Volodine), L’Olivier 

7. Tout ouïe, Alexandre Postel, L’Observatoire

8. Feux sacrés, Cécile Guilbert, Grasset

9. Comme un père, Christian Authier, Le Rocher 

10. Nous les moches, Jean Michelin, Héloïse d’Ormesson …

© DR
Les critiques littéraires de décembre

EXPLOSIF
LE NOM DE LA BATAILLE, Tom Buron, 49 pages, 48 p., 7€49

Les éditions 49 pages proposent des textes de court calibre promettant un effet explosif. Contrat tenu avec ce Nom de la Bataille de Tom Buron qui souffle assurément le lecteur par un aperçu condensé du front russo-ukrainien où l’auteur s’est lui-même engagé entre 2022 et 2024. « Tous les perdus du monde, les dingues de l’adrénaline se retrouvent ici », écrit-il en décrivant les formes de cette nouvelle guerre d’Espagne à l’Est de l’Europe qui attire ses partisans pour un choc inédit. Quotidien troué par les explosions furtives, fabrique de drones, repérage par la 3G : Buron expose les nouvelles coordonnées comme le paysage humain éternel que la guerre dévoile, ces amours intenses, fidélités sublimes, gâchis tragique, ce mélange d’absurde et de transcendance, de trivial et de symbole. Tout cela est adéquatement évoqué dans un texte d’une rare puissance et d’une nécessité certaine.…

La France par Brigitte Bardot

Comment définiriez-vous l’art d’être français ?

L’élégance, l’érudition, la souveraineté, l’humour, le talent, le charme, le goût et l’amour.

La France brille-t-elle encore par sa culture ? Si oui, qui porte cette aura ou par quels autres ?

Aujourd’hui, elle brille par son inculture, sa saleté, sa vulgarité. Ses odeurs ! Hélas !!!

Qu’est-ce qui est pour vous le plus significatif dans le déclin français ?

Le manque d’autorité.

Vous qui avez été l’icône de la femme française, en dépit des attaques quotidiennes contre la féminité et la France, voyez-vous des héritières possibles ou du moins des femmes d’aujourd’hui qui donnent des raisons d’espérer ?

À part les drag-queens il n’y a personne… Mais si quand même !

Des femmes durant votre formation ou dans l’Histoire qui vous ont inspirée ?

Je n’ai été inspirée par personne.

Quelle est votre journée type aujourd’hui ?

Je travaille pour ma fondation. Je m’occupe du courrier très nombreux.…

Brigitte Bardot : La femme-cataclysme

Vous commencez votre livre par une citation singulière : « Bardot était l’apocalypse de la femme. » Pourquoi ?

Bardot n’était ni actrice ni comédienne. Elle avait un talent inné, mais de quoi? On ne sait pas au juste. Elle est arrivée, elle a tout bouleversé, et elle est repartie, comme un phénomène naturel. C’est presque un instrument du destin, une messagère des dieux, puisqu’elle est arrivée à un moment précis où l’image de la femme était en train de changer radicalement dans la société. Elle a été le catalyseur de ce changement, mais finalement elle n’a pas eu d’autre génie que d’être elle-même. Elle ne s’est jamais dressée contre rien, c’est-à-dire ni la morale, ni le désir, ni la jalousie, ni la haine, ni l’hypocrisie… Elle a toujours vécu comme elle avait envie de vivre, naturelle, avec un besoin de plaire et d’être aimée, mais avant tout sans chercher à imposer quoi que ce soit.…

Dans le salon de Rachilde : entretien avec Julien Shuh et Franck Javourez
Comment est né le projet de cette anthologie ?

Julien Schuh : Il est né d’une ambition simple : faire (re)découvrir Rachilde dans toute l’ampleur de son œuvre, et non par fragments – sept décennies d’écriture, du premier conte de 1877 au livre de 1947, tous genres confondus. Chaque texte est articulé à l’ensemble par des présentations qui éclairent le contexte et les résonances, pour faire apparaître la continuité des motifs. Notre visée : replacer Rachilde parmi les grandes voix du xxe siècle. [...]
Clovis Goux : la country ou l’âme américaine

La country qui est une musique essentielle de l’âme américaine a toujours été majoritairement dédaignée ou méconnue en France, comment l’expliquez-vous ?

Je pense qu’il y a quelque chose de l’ordre du mépris de classe derrière tout ça. La country est au départ une musique faite par les pauvres pour les pauvres. Aujourd’hui, certains doivent dédaigner le fait d’écouter une musique d’ouvriers ou de ploucs. J’ai aussi accepté d’écrire ce livre parce que je souhaitais défendre ce genre et abattre des préjugés encore très vivaces. Je peux comprendre que l’on ait une animosité pour la techno ou le métal qui paraissent être des musiques violentes et entourées d’un univers obscur, mais pour la country, c’est tout l’inverse : on y trouve des chansons d’amour et d’espoir charmantes.

Vous êtes vous-mêmes français. Comment avez-vous découvert cette musique ?

C’est au départ le cinéma qui m’amène vers la country. Dans des films comme Cours après moi shérif ou des séries comme Shérif, fais-moi peur, il y avait cet univers que je découvrais.…

Dark romance : l’érotisme navrant de l’ère post-Metoo
Ceux qui ont connu les années 80 se souviennent de la littérature de gare – qu’on trouvait aussi dans les supermarchés, systématiquement placée en haut des rayonnages pour ne pas froisser les yeux chastes. Il y avait SAS, bien sûr, excellent mélange de prospective géopolitique et de pornochic, avec ses pin-up exotiques affublées de kalachnikovs, il y avait Brigade Mondaine et ses sujets bien graveleux (torchés par un Philippe Muray entre deux pamphlets sur Balzac), L’Exécuteur, franchise ultra violente qui nous venait des Etats-Unis, sans oublier la collection Harlequin qui faisait de la résistance, avec ses couvertures en relief et ses typographies chantournées – de la littérature de bonne femme mais qui faisait aussi rêver les petits garçons puisque les femmes y étaient systématiquement en pleine pâmoison sous leurs crinolines et gorge offerte à de mystérieux hidalgos richissimes. La littérature de gare était toute puissante, sous la houlette plus ou moins bienveillante de Gérard de Villiers, qui possédait une bonne moitié des titres : sans jamais renier son caractère purement commercial, elle était un formidable terreau d’expérimentation pour les jeunes écrivains. [...]
Cinq grands artistes chrétiens vivants
MUSIQUE

Arvo Pärt : le génie estonien

Avec ces airs d’ermite orthodoxe, le vieil Estonien, aujourd’hui âgé de 91 ans, rayonne d’une gloire indiscutable, puisqu’il est le compositeur vivant le plus joué au monde. Pourtant, au début des années 70, persécuté par le régime soviétique pour ses thèmes chrétiens et son style inspiré du sérialisme occidental, il allait vivre une stérilité créatrice de presque dix ans. C’est le plain-chant grégorien et l’étude des compositeurs médiévaux, notamment français, qui lui permettront de surmonter sa crise et d’inventer le « tintinabulisme », un minimalisme musical à la fois dépouillé et mystique dont la capacité évocatoire extraordinaire lui assurera cette renommée universelle qui est aujourd’hui la sienne. Mythifié par Tarkovski dont il a envoûté plusieurs films, adulé par Björk, copié par Max Richter, Arvo Pärt, parmi mille distinctions, est également membre du Conseil pontifical pour la culture, créé en 1982 par saint Jean-Paul II. La Grâce est parfois étonnamment sensible. Romaric Sangars [...]

L’Incorrect

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