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Station opéra : la Passion selon Haendel

Bach n’a pas inventé la Passion. Plusieurs airs de la « Saint-Jean » (1724) viennent d’un livret de Berthold Heinrich Brockes, publié une dizaine d’années auparavant, que plusieurs compositeurs avaient déjà mis en musique. La version de Haendel (1719) est sans doute la plus accomplie. Débiteur de son savoir-faire opératique, le futur compositeur du Messie exalte le texte de son ami poète, librement inspiré des récits évangéliques et de poèmes religieux allemands et italiens.

L’inventivité sans limites du compositeur le dispute à la sincérité du sentiment religieux

Les passages narratifs alternent avec des interventions du chœur et des airs solistes tour à tour contemplatifs ou dramatiques. L’inventivité sans limites du compositeur le dispute à la sincérité du sentiment religieux. L’œuvre est traversée d’un frisson constant de compassion. Le relief des émotions s’apparente moins à la musique sacrée qu’à l’opéra. Longtemps oubliée, la partition fait maintenant l’objet d’une nécessaire redécouverte, dont l’ensemble Arcangelo vient de poser une pierre définitive avec ce double album fulgurant[...]

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Marie-France poignarde

Marie-France Garaud est un mythe de la vie politique française : « créatrice » de Jacques Chirac, sacrée par les médias à la fin des années 70 « femme la plus puissante de France », elle fut une intrigante de grande race et semblait naturellement prédestinée à dicter en coulisse un glorieux chapitre du roman national. Il n’en fut rien hélas, et elle dut se contenter d’être l’une des plus romanesques figures de la Ve République. Pourtant, M. Faye réussit, et c’est un exploit, à rendre son récit ennuyeux. Les jeunes journalistes n’entretiennent trop souvent qu’un lointain commerce avec la littérature. Cela se ressent ici : le rythme, soutenu, ne compense pas une certaine platitude d’expression. [...] 

Lire aussi : Enguerrand Guépy : ce que vaut un corps

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Tristan Ranx : méditer sur la cité d’or

Comment vous définiriez-vous : écrivain-voyageur, explorateur, aventurier, scribe mobile ?

Je me suis posé la question à l’avance, sachant qu’on me la poserait, et à vrai dire, je ne vois pas trop la différence entre écrivain-voyageur, voyageur-écrivain, écrivain et voyageur. L’Odyssée, c’est quoi ? De la littérature ou du voyage ? Et Ulysse de Joyce ? Et Jules Verne ? Après, il y a des voyages imaginaires, mais ils se révèlent en général moins intéressants que les vrais parce que la réalité est bien plus extraordinaire que ce que l’on peut imaginer dans sa chambre.

La plupart des romans rapportent, il est vrai, un voyage initiatique.

Oui, La Vie mode d’emploi, de Georges Pérec, cela reste du roman initiatique. On peut le dire également pour Les Trois Mousquetaires, roman par lequel Dumas invente le tempérament français. Alors, certes, c’est un tempérament peu compatible avec le Code civil, mais au fond, si Napoléon s’était appliqué le Code civil, il ne serait jamais devenu Napoléon.

D’où vous vient cette manière très ample et très libre qu’on trouve dans votre livre de circuler dans le temps et dans l’espace ?

Il y a quelques fils conducteurs, sans quoi on se perdrait, mais c’est vrai que mon livre se présente comme un grand delta… Je n’avais pas prévu que ce soit publié, c’est pourquoi j’ai fait des choses qu’on n’imagine pas pour un récit de voyage : passer d’un temps à l’autre, d’un lieu à l’autre, oser des faux-raccords et des fondus au noir, comme au cinéma. Ma méthode est simple, c’est celle du mono-fichier. Je note tout sur mon I-Pad sans rien classer. Je suis un écrivain très moderne !

Le pôle du voyage et du livre, c’est l’Eldorado. Expliquez-nous l’évolution de ce mythe…

La première mention d’« El Dorado », c’est en Colombie, quand un Indien apprend au conquistador Belalcazar qu’il existe un roi qui, tous les ans, se présente recouvert de poudre d’or pour recevoir des trésors en provenance de toutes les régions, trésors qui sont alors jetés dans un lac. Les Espagnols baptisent ce roi « Le Doré », soit « El Dorado ». Les conquistadors cherchent alors à retrouver le lieu de cette fastueuse cérémonie et découvrent un plateau censé y correspondre, sauf qu’il n’y a plus personne et que l’or, si on en trouve, vient d’ailleurs. Ils se mettent alors à chercher cet ailleurs et le nom du roi devient la dénomination d’un lieu. [...]  

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Enguerrand Guépy : ce que vaut un corps
Enguerrand Guépy : ce que vaut un corps Le processus narratif de Ceci n’est pas mon corps ressemble à celui de votre précédent roman Un fauve, qui racontait la dernière journée de Patrick Dewaere. Nous connaissons la fin en ouvrant les livres, ce qui devrait annuler tout suspense. Or, ce n’est pas le cas ! Dès les premières phrases, nous avons envie de connaître la suite. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce procédé littéraire ? Disons que c’est un procédé assez classique pour quelqu’un comme moi qui vient du théâtre. On trouve une situation dont on sait pertinemment comment elle se termine et on fait graviter autour de cette situation tout un tas de caractères qui tentent vainement de s’en extirper. Surtout, je crois que c’est la tentation de la fuite en avant qui me plaît. Mes personnages veulent échapper à leur enfance mais au lieu d’affronter les monstres, ils prennent des chemins de traverse et courent à la catastrophe. Pour Dewaere, un héros soumis au fatum, nous sommes dans une vraie déclinaison de la tragédie. Dans Ceci n’est pas mon corps, j’y vois plus un simulacre et la transformation sous nos yeux d’un citoyen a priori normal en assassin implacable. Qu’est-ce qui a retenu votre attention chez ce criminel au point de vouloir en faire un personnage de roman? C’est cela qui est fascinant. Il n’y a strictement aucune chance que ce coup puisse réussir et pourtant, il y parvient presque Il a un côté grotesque qui m’a tout de suite fait penser au Tchitchikov des Âmes mortes, l’escroc du fameux roman de Gogol. Tout chez lui est outré et pourtant il fédère des complices autour de son projet. C’est cela qui est fascinant. Il n’y a strictement aucune chance que ce coup puisse réussir et pourtant, il y parvient presque. L’autre point qui m’a séduit, c’est l’élément déclencheur: la lecture d’Assurance sur la mort de James M. Cain, l’emprise mimétique, le jeu de miroirs, l’assureur qui lit l’histoire d’un assureur devenant meurtrier et qui, devant sa déconvenue, décide de faire mieux que lui. Enfin, la réalité du crime. Cette volonté de s’attaquer à un homme censé n’avoir plus d’identité sociale afin que celui-ci prenne sa place, à la fois métaphore d’une société déshumanisée et utilitariste, mais aussi fantasme de la dissolution totale pour mieux renaître. Mais ici, point de feu purificateur. C'est une grimace maléfique qui s'attaque à un pauvre homme. Entre son partenaire dans le crime qui n’ose pas lui désobéir, sa femme et sa mère qui l’encouragent, nous découvrons une sacrée équipe de bras cassés. Cela s’est-il vraiment passé ainsi ? Je me suis bien entendu documenté et j’ai suivi en grande partie la trame de l'affaire telle qu’elle a été exposée au procès de 1992. Mais tout comme dans Un Fauve, la documentation nourrit l’interprétation. Une des forces de la littérature, c’est de s’immiscer dans les interstices laissés libres par la vérité officielle et d’y apporter un éclairage particulier. Il n’y avait aucun intérêt à proposer un énième roman documentaire, surtout quand sur la toile on trouve dix excellents reportages sur le fait divers en question. Justement, il fallait tenter de saisir l’impensable : comment des gens insérés et gagnant correctement leur vie sont saisis par la passion criminelle. Je pense que la victime et ses bourreaux avaient malheureusement rendez-vous sur cette petite route des Cévennes Et puis, il y avait tout ce mystère entourant la personnalité de la victime qui est trop souvent éludée dans les travaux journalistiques. Elle méritait également un vrai traitement romanesque et d’être ramenée au premier plan. Sans ce pauvre marginal, fou de Georges Brassens, autrefois plus jeune bachelier de France, diplômé en droit et en civilisation anglaise, mais dont l’existence, à la suite d’un divorce difficile, a basculé dans la précarité, il n’y aurait pas d'affaire Dandonneau. Je pense que la victime et ses bourreaux avaient malheureusement rendez-vous sur cette petite route des Cévennes. On dirait une tragédie bouffonne. Le mécanisme est enclenché, il n’y a rien à faire qu’à regarder. Ça rappelle la tirade sur la tragédie dans l’Antigone d’Anouilh… Oui, tragédie bouffonne ou farce macabre avec des acteurs de seconde zone. Mais une fois qu’ils ont consenti au projet et qu’ils l’ont verbalisé, il n’y a plus aucune échappatoire, comme si leur cœur avait été irrémédiablement corrompu et qu’il fallait passer à l’acte coûte que coûte. Plus d’une fois, ils ont la possibilité de tout stopper, y compris le jour fatidique. Mais tout les ramène non pas à réaliser le crime mais à se réaliser par le crime[...]
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La tisane de sarments : notre critique
La tisane de sarments : notre critique Belle initiative que celle de l’éditeur Tamasa qui vient de sortir en DVD cette rareté devenue quasiment invisible : La Tisane de sarments, adaptation du roman éponyme consacré à la vie étonnante de Joë Bousquet, ce romancier issu de la grande bourgeoisie de Carcassonne, paralysé des deux jambes après avoir pris une balle allemande sur le front de la Grande Guerre. Confiné dans son appartement jusqu’à sa mort, l’homme fera défiler chez lui toute la crème de la scène littéraire de l’époque, mais aussi quelques belles égéries qui lui inspireront une œuvre romanesque à l’érotisme parfois sulfureux, car entièrement fantasmé[...]
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Meurtres sous contrôle : notre critique

Larry Cohen est surtout connu pour avoir créé la série télévisée Les Envahisseurs, qui terrorisa l’Amérique pendant les années 50, mais c’est aussi un réalisateur rompu à l’exercice de la série B, aussi à l’aise dans la blaxploitation (Black Caesar) que dans la comédie horrifique (l’incroyable Le Monstre est vivant et son nourrisson anthropophage). Avec Meurtres sous contrôle, tourné en 1976, il s’éloigne du cinéma d’exploitation et signe un véritable thriller paranoïaque, au rythme soutenu, tourné caméra à l’épaule, qui rend hommage à son maître Samuel Fuller dont il emprunte ici l’irrévérence, avec une approche quasi-documentaire. [...]

Lire aussi : Un homme de trop : notre critique

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Les critiques musicales d’avril

JAZZ A FLEUR DE PEAU

Hors temps d’Edward Perraud, Label Bleu/L’Autre Distribution, 17 €

« Le jazz est un adolescent en apprentissage de toutes les musiques », affirme Edward Perraud, ce musicien hors pair. Ses compositions, son jeu de batterie et percussions renvoient à des univers baroques, classiques ou populaires, parsemés d’éléments extra-européens, sans aucune hiérarchisation d’importance ou de préférence. Hors temps est un opus « de musique vivante pour le présent mais aussi pour une “après vie” hors d’atteinte. Tenter de capter l’essentiel de ce qui peut continuer après le dernier souffle. Se souvenir de notre passage par “l’éphémérité” du son. », annonce encore le musicien dont l’imaginaire semble absorbé par le poème de Baudelaire, « Anywhere out of the world ». Ces neuf compositions dérivent toutes en scandant le mot « hors », « N’importe où ! n’importe où ! pourvu que ce soit hors de ce monde ! » parce que « l’on ne rattrape jamais le cheval fougueux qui court et que l’on ne voit déjà plus… » Hors, hors, hors champs, hors de portée, hors cadre, hors format, Hors temps est un album hors du commun. Et libre ! Incroyablement. Alexandra Do Nascimento

POLYPHONIES RENOUVELÉES

À principiu de L’Alba, Buda Musique/Socadisc, 15 €

So Diventatu, Guarisce, Indiferenti, Felici suspesi… Voici un bel échantillon de polyphonies ancestrales qui perdurent fières et vivaces en s’ouvrant sur la pulsation d’un bassin méditerranéen d’hier et d’aujourd’hui. À Principiu est l’album du reflet intemporel et évolutif d’une musique corse en pleine santé, entrée en syntonie avec les mélismes nord-africains et le résultat est original, touchant et fort bien réalisé ! Audace supplémentaire des garçons de L’Alba : l’emploi et la cohabitation d’instruments anachroniques et incongrus. Des nappes d’harmonium enveloppent par exemple les lignes de basses « woodstockiennes », le tout servant d’écrin aux fréquences vocales harmonisées parmi les flûtes, percussions, mandolines et clarinettes. Pour couronner le tout, Paghjella – chant traditionnel polyphonique entré au patrimoine immatériel de l’Unesco en 2009 – ou le mystique Di punta à l’abbissu enregistré dans une église, célèbrent les racines du chant de l’Île de Beauté dans des versions épurées avec maestria. Un album propre à faire progresser la tradition ! ADN

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Partout, les saints : Charles de Foucauld

Dans une vieille famille noble pétée de thunes naît le petit Charles Eugène de Foucauld de Pontbriant, le 15 septembre 1858 à Strasbourg. Pour lui, pas d’enfance insouciante d’une famille unie et riche. Papa part pour le ciel à ses cinq ans, et maman le rejoint l’année suivante. Charles se retrouve dans les pattes de son grand-père, ancien lieutenant-colonel qui déborde d’amour pour le marmot. À force de s’enquiller tous les philosophes, le jeune vicomte Charles perd ses repères. D’autant que personne n’est là pour corriger le tir en le collant sur les bancs de l’église le dimanche matin. Exclu du bahut pour « paresse et indiscipline », l’effronté fait chauffer le chéquier de papy et prend un précepteur. Effronté certes, mais redoutablement intelligent. Il intègre l’école militaire de Saint-Cyr, haut la main.

Après une réflexion intense de trois ans, contenue à grand-peine par l’abbé Huvelin qui restera son directeur de conscience, Charles prend l’habit le plus hardcore : celui des trappistes

Papy décède à son tour, et pour un Charles déjà désaxé, c’est la goutte d’eau de la cerise sur le gâteau : il explose. Jeune héritier orphelin, sociable et insolent, le cocktail pour une jeunesse dissolue. Gueuletons de l’apocalypse, femmes de petite vertu à la chaîne, grasses mat" pendant le lever des couleurs du régiment le matin… Pour dire les choses simplement, c’est un très gros branleur qui cherche la merde – et la trouve. Il sort bon dernier de la promo, mais en rajoute une couche : il emmène en mission sa gonzesse du moment. Quand sa hiérarchie le découvre, c’est la porte. Mais, alors qu’il retourne à sa vie de patachon en France, il apprend que ses frères d’armes prennent de sales peignées en Tunisie. Le patriotisme prend le dessus : on le réintègre à sa demande. L’âge, sûrement, mais aussi la Grâce, peut-être, l’assagissent. Dans son feu intérieur, il puise pour devenir un chef exemplaire et un meneur d’hommes. Il perd le gras accumulé par les années qu’il qualifie de « vie de porc », et tombe amoureux de cette partie de la Méditerranée. L’inconnu l’attire. À Alger après ses batailles, il étudie un an l’arabe, l’hébreux, et les théologies afférentes. C’est décidé : pour passer inaperçu dans un Maroc hostile à la France, il se déguisera en rabbin. Le grimage nickel jusqu’au bout des papillotes, il embarque sextant, boussole, cartes, et note tout ce qu’il voit dans son périple. [...]

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