
Nietzsche partout ! Jusque dans l’avant-propos d’Enthoven aux Œuvres de Nietzsche. Depuis un siècle, il a pris toute la place, il nous modèle, qu’on s’en réclame ou pas. D’abord la philosophie, bien sûr, qui ne s’en est pas remise et dont l’ancienne façon a disparu – c’est-à-dire qu’elle a disparu pour de bon, toutes les tentatives d’émancipation demeurant vaines, elle se retrouve condamnée à penser avec lui, dans cette espace de saturation où Nietzsche l’a placée pour la dissoudre.
Être nietzschéen, c’est ne pas être nietzschéen, sauf que ne pas être nietzschéen revient à valider Nietzsche pour lequel toute pensée, à la fin, vaut pour une idée fixe maquillée à la truelle en Vérité absolue, le cache-sexe d’un corps dont on ne sait rien sinon sa pulvérisation finale après que la puissance l’aura traversé pour se perdre avec lui. Ça porte à conséquence, on n’est pas déçu du voyage, mais on n’arrive nulle part : dans ce vide implacable qu’aucun pseudo-athéisme bonhomme ou grimaçant ne pourrait supporter s’il l’envisageait avec un peu de probité – histoire de le dire comme Nietzsche. [...]








