À l’aube du XXe siècle, Rosina Storchio accède au rôle de « primadonna » dans la plus prestigieuse maison d’opéra, la Scala de Milan. Sa virtuosité et son ardeur scénique inspirent les compositeurs de la « Jeune École », qui se disputent son talent à chaque nouvelle création. C’est à sa voix de papillon au charme irrésistible que Puccini songe pour Madame Butterfly (1904).
De nos jours, Ermonela Jaho partage plus d’une ressemblance avec son aînée : même sensibilité à fleur de peau ; même fragilité assumée ; mêmes rôles de prédilection, ces Butterfly, Manon et surtout Traviata, qui depuis dix ans ont gravé de beaux souvenirs dans la mémoire du public. Pour son premier récital au disque, la cantatrice albanaise approfondit l’héritage.
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Le florilège est savamment construit : quelques « tubes » côtoient une dizaine d’airs oubliés, autant de preuves du raffinement musical à l’époque de l’Art Nouveau. Tel l’admirable finale de Lodoletta, chef d’œuvre oublié de Mascagni (plage 6), où rayonne la baguette souple et expressive d’Andrea Battistoni.
Côté vocal, c’est un cran en dessous des attentes. Rien à reprocher à l’incarnation des personnages, ni à la subtilité des nuances. Mais le studio est un test impitoyable, et la maturité de l’artiste ne suffit pas à dissimuler quelques défauts d’émission d’une voix peu « phonogénique ». Loin de la scène, le parfum s’évapore. Fallait-il oser le défi plus tôt, avant que l’apogée ne soit dépassé ?





