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« Deux Sœurs » de Mike Leigh : l’enfer, c’est les miens
L’acariâtre Pansy (Marianne Jean-Baptiste, magistrale) est une âme souffrante, allergique à tout, et principalement au vivant. Sa sœur Chantelle (Michele Austin), coiffeuse en tous points son opposé, vit heureuse bien que seule avec deux filles épanouies. Les familles se réuniront pour une Fête des mères où des conciliations impossibles seront tentées. [...]
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De Greta Garbo à Winona Ryder : de la fabrication des supernovas
Le passage du muet au parlant a été pour Hollywood une sorte de révolution anthropologique. Jusque-là, le cinéma relevait de l’art forain : des saynètes rapidement mises en boîte et diffusées dans les nickelodeons, ces cinémas de quartiers montés sur tréteaux dans les quartiers pauvres. Ses acteurs et actrices étaient souvent de jeunes personnes sans éducation, issues du monde rural, qui connaissaient une ascension et une chute fulgurantes. Le passage au parlant oblige les producteurs à trouver des femmes plus éduquées, sans accent du terroir. C’est là qu’ils commencent à construire le mythe de la diva hollywoodienne. « On passe en effet des petites fiancées de l’Amérique, comme Mary Pickford, qui étaient célébrées parce qu’elles disaient l’importance d’une Amérique encore naissante qui se cherchait une identité, à des femmes beaucoup plus sophistiquées, voire intouchables, aux origines européennes plus revendiquées. Il ne faut pas oublier le code Hayes (code de censure instauré de 1930 à 1952, NDLR) qui a obligé les réalisateurs à déployer des trésors d’invention pour suggérer l’érotisme de leurs actrices, tranchant avec les films d’avant qui étaient volontiers scandaleux… d’où cette aura intouchable dont l’actrice des années 40 et 50 commence peu à peu à se parer. » C’est une vraie « mythologisation » qui est en cours, à mesure qu’Hollywood prend acte de son propre pouvoir. [...]
Hedy Lamarr : l’extinction des étoiles
C’est un plan oublié de l’histoire du cinéma, dans un film oublié du grand Jacques Tourneur. C’est une époque où les sociétés de production rivalisent avec pour principal produit d’appel la diva hollywoodienne, souvent construite de toutes pièces. Dans Angoisse (Experiment Perilous, 1944), un médecin contemple le portrait de celle qui va devenir progressivement son obsession, une grande bourgeoise au passé trouble : Allida Bederaux. L’image de la femme est une étrange composition où se superposent son portrait peint et le visage de l’actrice, Hedy Lamarr, un écho à ces portraits de femmes fatales qui jalonnent le cinéma de l’époque, de Fritz Lang à Alfred Hitchcock. Ces portraits préfigurent déjà cette obsession du cinéma hollywoodien pour les visages de poupée de porcelaine qui recèlent une éternité maladive, obsession qui culmine aujourd’hui avec le rajeunissement numérique des actrices, ultime trucage achevant de panthéoniser la chair de ses acteurs. Pourtant Hedy Lamarr aurait été oubliée par l’histoire du cinéma si sa mémoire n’avait pas été réactivée par cette mode néo-féministe consistant à dépoussiérer beaucoup de figures féminines du passé. [...]
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Les critiques littéraires de mars
ÉCLATS FILIAUX LE CÔTÉ OBSCUR DE LA REINE, Marie Nimier, Mercure de France, 260 p., 22,50 € Marie Nimier, qui avait déjà évoqué son père, Roger, le prince de l’insolence, dans Que dit la reine du silence ? évoque cette fois-ci sa mère au gré de ce portrait éclaté. Le côté obscur de cette mère, […]
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Sorties musique : critiques du meilleur et du pire
DIVA TERMINALE HEIDSCHI BUMBEIDSCHI, 16 MOMENTS DE MA VIE, Ingrid Caven, Tricatel, 13,99 € Muse de Fassbinder puis de Jean-Jacques Schuhl qui lui consacra un livre à son nom récompensé du Goncourt en 2000, Ingrid Caven est la dernière diva germanique, fille de Marlene Dietrich, « chic-à-mort », « todchic » comme le scande Schuhl, […]
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Mogwai, pionniers du post-rock
C’est en l’an 1997 que le monde découvre l’existence de Mogwai. Une nouvelle ère démarre alors. Le 1er mai de cette année, Tony Blair est élu Premier Ministre du Royaume-Uni : il le sera pour dix ans ; le chef-d’œuvre de Radiohead, OK Computer, lui, sort quelques semaines plus tard. Durant l’été, le troisième disque d’Oasis, Be Here Now, paraît : déjà la presse leur a retiré les lauriers des princes de la jeunesse. À Manchester, aussi, le King Cantona laisse place aux jeunes Beckham, Scholes, Giggs et Neville. Tout fout le camp, encore et toujours. Le vieux monde est pris d’assaut : Mogwai en profite pour imposer son nom. Ce que l’on nomme alors, avec une pompe un peu ridicule, post-rock, nait durant ces quelques mois. C’est à cette période que certains de mes premiers chocs remontent. J’avais cinq ou six ans ; mon frère, vingt. Sur la porte de sa chambre qui menait à un monde effrayant, peuplé de disquettes d’Amiga et de guitares électriques, était accroché l’iconique poster de Trainspotting. Par-delà cette frontière, sans cesse fermée par les douanes de l’enfance, me parvenait, je l’ai su longtemps après, ces étonnantes chansons sur lesquelles aucune voix ne se posait : l’aristocratie du post-rock. Eux aussi avaient vingt ans et leurs premiers disques sortaient, ils se nommaient : Godspeed You Black Emperor, Tortoise, Arab Strap, Sigur Ros, et sans doute celui qui me marqua le plus : Mogwai. [...]
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Bertrand Burgalat : « L’IA générative amplifie à échelle industrielle le pire déjà à l’œuvre »
Vous avez participé au contre-sommet de l’IA organisé par Éric Sadin, en défendant notamment votre profession, celle de producteur de musique. En quoi estimez-vous que l’IA menace cette industrie ?

L’initiative d’Éric Sadin avec le soutien d’Éric Barbier et du Syndicat national des journalistes était destinée à exposer les conséquences pratiques, dès à présent, de l’IA dans des domaines aussi divers que l’enseignement, l’information, le travail ou l’environnement. En musique, l’IA générative amplifie à échelle industrielle le pire déjà à l’œuvre : l’inflation de contenus, la fausse perfection, l’obsession statistique, la dévalorisation et l’ubérisation de la musique, sa désinstrumentalisation, sa déshumanisation, et la primauté du choisisseur sur le créateur. [...]
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« Some Rain Must Fall » et «  Blue Sun Palace » : regards débridés sur la Chine
Some Rain Must Fall commence par un non-évènement filmé hors-champ : une mère de famille à la recherche de sa fille dans un gymnase bruyant blesse une vieille femme en renvoyant un ballon de basket. Un incident qui déclenchera une réaction en chaîne délétère, plongeant la mère dans une culpabilité sourde qui fera ressurgir tous les spectres et les impensés de son existence : sa relation avec sa fille, son mari, ses propres parents, sans oublier la pesanteur inouïe de la pression d’une société chinoise cadenassée qui est peut-être le personnage principal du film. Glissant peu à peu dans la névrose de son personnage le métrage se transforme en prison mentale, impression renforcée par le choix du format 4 h 3 et par une photographie crépusculaire qui donnent à chaque plan l’aspect d’un cube hermétique. Ce qui se joue ici, c’est d’abord le conflit du rapport des classes, puisque la vieille femme, hospitalisée, appartient à une famille de « paysans », bien loin du luxe glacial dans lequel semble baigner la mère de famille. La question primordiale de l’empathie, sentiment qui semble presque étranger à cette Chine robotisée et individualiste, est posée par le réalisateur avec une rare âpreté, ce dernier se gardant bien d’apporter une quelconque réponse, jusqu’à un final particulièrement cryptique. [...]
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