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L’Être ou le néant
Philosophe majeur du XXe siècle, si ce n’est le plus grand, Martin Heidegger est aussi dans la période contemporaine le plus anti-moderne, même s’il a engendré, bien contre son gré, des disciples post-modernes ou plus exactement hypermodernes tels que Derrida, Lyotard, etc. C’est certainement ce grand malentendu que vient rectifier petit à petit la publication de l’édition intégrale et notamment des traités et conférences inédits de la fin de ces années trente – Cahiers noirs mis à part, ceux-ci n’ayant fait que redoubler un autre malentendu, politique cette fois-ci dont il n’est pas question ici. [...] Retrouvez cet article dans le dernier numéro de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Benoît Duteurtre, le cauchemar des parisiens sous Anne Hidalgo

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Dans un essai au vitriol qui manie élégance stylistique et légèreté aristocratique, Benoît Duteurtre analyse la politique anti-voiture d’Anne Hidalgo qui a rendu beaucoup plus difficiles les déplacements dans Paris au nom d’une propagande qui prétend faire le bien des administrés contre leur gré et multiplie les animations qui ne profitent qu’à un cercle très restreint de personnes.

 

 

 

Pourquoi avoir écrit un ouvrage qui mélange réalité et fiction, notamment lorsque vous vous imaginez en maire, vous-même, à la fin du récit ?

 

Comme la politique parisienne me met en colère, j’ai voulu tempérer cette colère par la fantaisie : mon tempérament de polémiste, mais aussi de romancier, me pousse à m’amuser avec les sujets pénibles. J’ai donc imaginé qu’un sosie d’Anne Hidalgo venait me persécuter jusqu’au milieu de la nuit pour m’obliger à enfourcher une bicyclette (alors que j’ai horreur du vélo) ; ou qu’elle se distrayait, à l’Hôtel de ville, en plan – tant des aiguilles dans une poupée à mon image pour m’in – fliger quantité de désagréments.…

Libres d’obéir ?
George Steiner, disparu le mois dernier, déclarait à propos d’Auschwitz qu’il s’agissait d’un événement « inarrêtable ». Autrement dit qu’il continuait une époque et en ouvrait une autre. Dès lors, les regards historiens sur Auschwitz, et le système totalitaire nazi qui l’a rendu possible, s’ils sont nécessaires afin de comprendre le mécanisme physique de l’abjection, nous laissent interdits devant un tel trou noir dont la raison ultime reste probablement de nous dévoiler la synthèse absolue de notre civilisation dans sa part démoniaque. [...] Retrouvez cet éditorial dans le dernier numéro de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Voyage pour temps de quarantaine : la peste d’Athènes
Avec son écrit intime Voyage autour de ma chambre, Xavier de Maistre comptait venir à bout de l’ennui d’un homme condamné à une quarantaine. Puisque nous sommes en guerre, lisons les pages célèbres de l’historien Thucydide qui, dans le livre II de son Histoire de la guerre du Péloponnèse, a fait, le premier, un tableau — historique et transhistorique— d’une cité en proie à une épidémie de grande ampleur. Pourquoi remonter à celui qu’on reconnaît comme le « père de l’Histoire ? » Parce que le mot « histoire » signifie étymologiquement « enquête » et que le premier « historien » à mener une « enquête » sur un fait historique majeur auquel il donne un sens, est Thucydide. Et s’il est, également, le père de l’Histoire, c’est qu’il a voulu que son enquête serve à la postérité, qu’elle soit une « acquisition pour toujours ». Prendre du recul en remontant à la source des idées est donc une nécessité.    Arrêtons-nous d’abord au tableau que l’historien fait de la peste. Nous sommes au siècle de Périclès, en 451 avant JC. Athènes est en guerre, depuis un an, contre Sparte. Venue du Pirée avec l’exode des campagnards vers la ville haute, l’épidémie se développe avec une rapidité foudroyante. La ville cumule donc deux ennemis : l’ennemi extérieur, visible, et un ennemi intérieur, le virus, déroutant, tout aussi visible, puisqu’il fait de chaque citoyen un ennemi en puissance. Terreur et impuissance s’emparent de tous.
L’Incoronavirus, jour #2
Parce que L’Incorrect est à son corps défendant la pointe en tungstène de la Startup-nation, parce qu’un virus pangolino-communiste n’est rien à côté du lobby LGBT, des islamistes, et des mangeurs de steaks végétaux, parce que l’âme de l’Europe c’est l’esprit d’aventure, parce que si nous étions des Montaigne vous seriez La Boétie, nous vous concocterons quotidiennement une lettre : L’Incoronavirus !
Auschwitz reste ce trou noir absorbant tous ceux qui s’en approchent
Un historien israélien spécialiste de la Shoah se retrouve malgré lui guide des camps de la mort en Pologne. Il s'agit principalement d'encadrer des groupes de lycéens lors de visites systématisées, mais aussi des délégations triées sur le volet. À travers une lettre adressée au président de Yad Vashem, le narrateur dresse un bilan noir de son expérience.
Maxime Michelet : « Le principe monarchique ne s’est pas effacé en quelques instants dans la conscience nationale du XIXe siècle »
Auteur d’une biographie remarquée de l’impératrice Eugénie qui vient d’être publiée aux éditions du Cerf, Maxime Michelet revient sur la légende noire du second Empire instaurée dès les débuts de la IIIe République pour discréditer à tout jamais un régime qui portait en lui le principe monarchique.   Êtes-vous nostalgique du second Empire ? La nostalgie ne me semble pas être un sentiment très scientifique pour l’historien et ne me semble pas davantage être un sentiment très louis-napoléonien. Napoléon III n’était pas un souverain nostalgique. Lorsqu’il restaure l’Empire en 1852, il ne reprend pas à l’identique les institutions et les pratiques de son oncle mais sait innover tout en demeurant fidèle à l’héritage reçu. Chaque époque doit savoir ce qu’elle doit au passé sans s’enfermer dans un immobilisme nostalgique et il me semble que les Bonaparte ont porté haut ce principe en étant d’admirables bâtisseurs d’avenir. Si je ne suis pas nostalgique, ne souhaitant pour rien au monde revenir en 1852 et bien heureux de vivre en 2020 même si – tout comme 1852 – il y a bien des combats à mener et bien des erreurs à corriger dans notre siècle, je suis infiniment reconnaissant. Napoléon III a été un grand chef d’État, capable de redonner à la France toute sa place en Europe, capable de faire rayonner notre pays dans le monde entier, capable d’audaces sociales particulièrement marquantes, capable d’adapter son régime sans dogmatisme et capable d’être fidèle à l’âme nationale sans s’interdire aucune modernisation nécessaire.

L’Incorrect

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