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L’Être ou le néant

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Publié le

21 mars 2020

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Philosophe majeur du XXe siècle, si ce n’est le plus grand, Martin Heidegger est aussi dans la période contemporaine le plus anti-moderne, même s’il a engendré, bien contre son gré, des disciples post-modernes ou plus exactement hypermodernes tels que Derrida, Lyotard, etc. C’est certainement ce grand malentendu que vient rectifier petit à petit la publication de l’édition intégrale et notamment des traités et conférences inédits de la fin de ces années trente – Cahiers noirs mis à part, ceux-ci n’ayant fait que redoubler un autre malentendu, politique cette fois-ci dont il n’est pas question ici.

 

 

 

Car dans ce volume, ce dont il est question, c’est LA question, ontologique, celle que poursuit Heidegger après son grand œuvre Être et temps, la bien nommée et oubliée « question de l’être ». Dans la suite des Apports à la philosophie – et malheureusement avec les mêmes défauts de traduction rendant difficile l’intelligibilité du texte aux non-germanophones – conçu sous forme de notes regroupées en parties ou sections thématiques parfois reprises, il prolonge encore ici le chemin de ce qu’il est convenu d’appeler le « tournant » de sa propre pensée lequel, comme certains l’ont mieux compris que d’autres, consiste moins en une « déconstruction » qu’une « appropriation » ou réappropriation de la métaphysique, dût-elle passer par son dépassement consistant en fait à un retour ou « pas » en arrière .

 

Lire aussi : LIBRES D’OBÉIR ?

 

Il s’agit dans ce retour de revenir au commencement du questionnement philosophique, de son histoire (des présocratiques à Nietzsche) et notamment, ce qui le rend d’autant plus actuel pour nous, au problème de la technique. C’est dans le concept de « fabrication » et dans la critique de l’accroissement de sa puissance dans tous les domaines, jusque dans l’organique qu’il voit le fondement et l’accomplissement de la modernité, effet d’une « pensée calculante » et nihiliste, opposée à une « pensée méditante » et mémorielle, voire immémoriale, seule capable de nous faire retrouver le sens de l’être, et donc du divin, du monde, et de nousmême à condition d’un nouveau commencement.

 

 

Michaël Rabier

 

 

MÉDITATION Martin Heidegger Gallimard 448 p. – 32 €

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