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« Harvest » : beau mais soporifique
Une étrange communauté rurale, non située dans le temps et dans l’espace, semble obéir à des règles complexes et à une hiérarchie aveugle. Le temps passe. La photographie, sublime, s’attarde sur les détails et le lent déclin de l’été. On s’ennuie ferme, tant les personnages ont l’air d’être des fétus de paille – et pour cause. Pourtant, on demeure intrigué : dur de savoir où placer Harvest, film qui vaut surtout pour son dispositif et par le peu de moyens qu’il se donne pour l’épuiser. [...]
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« Toxic » : viande à vendre
La Lituanie, ça a l’air moyennement marrant. Quant à la campagne lituanienne, elle est carrément sinistre. La jeune réalisatrice Saule Bliuvaite n’a pas son pareil pour filmer ses congénères avec une distance glaciale, les emprisonnant volontiers dans un cadre fixe qui flirte avec l’économie de moyens du documentaire – tout en rappelant les premiers pas d’Harmony Korine dans Gummo, avec qui elle partage cette faculté de capter tous ces moments d’intense vacuité qui frappent la jeunesse. Et en particulier ces adolescentes lituaniennes trop grandes et trop belles pour leur âge, qui se destinent sans trop savoir pourquoi à des carrières de mannequinat. [...]
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Antoine Volodine (Manuela Draeger) : l’art de sombrer
Max Jacob définissait la qualité d’une œuvre en fonction de deux critères : qu’elle soit stylée et qu’elle soit située. Le style, cela se comprend, il s’agit de la cohérence interne et de la singularité formelle d’une œuvre. Mais la « situation », voilà qui est plus subtil à caractériser. Disons que c’est la manière dont une œuvre s’inscrit dans le champ artistique ou imaginaire, sa personnalité, son rayonnement, son caractère. L’œuvre d’Antoine Volodine est assurément stylée, d’une poésie évidente, d’une maîtrise supérieure, mais là où elle est absolument unique, c’est qu’elle est sans doute la plus située de la littérature française. Par sa rumination chamanique des catastrophes du XXe siècle dans un univers alternatif, onirique, poétique et sombre, drôle et cruel, elle a élaboré une réalité littéraire vaste, complexe, réticulaire, hermétique (non au sens d’inaccessible mais au sens de fermée sur elle-même), et cela d’une manière totalement incomparable. Après une cinquantaine d’ouvrages avec la signature de plusieurs hétéronymes et sous la couverture de différents éditeurs, Antoine Volodine est en passe d’achever le projet d’une vie, un projet dans l’écho est promis (du moins si l’humanité ne s’anéantit pas) à une glorieuse postérité. Rencontre avant la clôture du chantier. [...]
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« Tardes de soledad » d’Albert Serra : des taureaux sur la toile
Les palmarès des festivals internationaux étant ce qu’ils sont – des caisses de résonance de la fadeur généralisée – on ne pouvait qu’être surpris par le choix du jury de San Sebastiàn qui couronna en 2024 de sa Coquille d’or le « controversé » (comme on dit dans la presse de chaisière progressiste) Tardes de Soledad du catalan Albert Serra. Et la vision de ce documentaire âpre, ambigu, à la fois poseur et fascinant, conforte dans l’idée d’un bug imprévisible qu’a bien tenté de stopper PACMA, le parti animaliste du cru, en réclamant son éviction de la compétition. Car, venons-en au fait, ces « après-midi de solitude », ce que signifie le titre en français, sont ceux du toréro dans l’arène, et pas n’importe lequel, mais Andrès Roca Rey, jeune péruvien de 28 ans, considéré comme le plus grand matador actuel. La sortie française du film, le 26 mars, dira si l’activiste Solveig Halloin s’est enchaînée, seins nus et ensanglantés, à l’une des bornes automatiques de l’UGC Cité-Ciné Les Halles dès 9 h du matin ou si l’impayable romancier antispéciste Camille Brunel, bambi croisé avec une méduse, s’est fendu illico sur les rézosociaux d’une publication vengeresse chargée d’émoticônes. Qu’importe, Tardes de Soledad existe et fait rayonner un sujet antique qui ne faisait plus recette. [...]
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« Mikado » : plus subtil que prévu
Sur le papier, Mikado a tout d’un agaçant feel good movie. L’argument serait une sorte de Théorème inversé revu par le romancier Olivier Adam, auteur du script et spécialiste du genre : comment une famille de marginaux va changer la vie d’un professeur de collège bougon et de sa fille endeuillée. Pourtant, le film n’a de légèreté qu’en apparence et pointe un sujet rarement traité : la parentalité chez les anciens enfants de la DDASS et certains problèmes inhérents à l’éducation à domicile. [...]
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Barthélémy Toguo – Daniel Coulet : quand le monde de l’art promeut un artiste camerounais accusé de copie

Dans le cadre d’une exposition de l’artiste camerounais Barthélémy Toguo à la galerie Lelong à Paris, nous avons été alertés par un groupe de collectionneurs et d’amateurs d’art. Les œuvres présentées manifestent plus qu’une familiarité avec celles de l’artiste francais Daniel Coulet, elles en sont en fait la copie systématique. La comparaison des œuvres laisse peu de doutes.

On ne peut pas, par hasard, avoir les mêmes obsessions, traduites par les mêmes images, exprimées avec un même savoir-faire, à moins d’être biologiquement jumeaux…

Toguo imite les thèmes des toiles de Coulet puis opère une légère variation sur la forme, la couleur… Les thèmes sont des visages projetés en ombre, hantés, tracassés, piégés, possédés ; des mains sortent de leurs têtes ; des arbres poussent dans leurs bouches… La technique rappelle celle des pochoirs de Lascaux ou d’autres peintures primitives. Des obsessions toutes personnelles donc, et une façon de les exprimer, qui ne peut être que la signature d’un artiste et d’un seul.…

Éditorial culture de Romaric Sangars : Héros, génies et victimes

Le règlement de comptes public entre les sœurs Seigner, le mois dernier, sembla mettre en scène en quelques publications réticulo-sociales, la lutte actuelle que se livrent deux archétypes, le héros et la victime, et à travers eux, deux univers moraux qui viennent d’entrer en collision. Bon, vous me direz que les vedettes ne sont pas des héros au sens du maréchal Ney ou de Louis IX, lequel est également un saint. Ce sont du moins les héros de la société du spectacle, auréolés par l’éclat médiatique, glorifiés par la multiplication iconique de leur image, après qu’ils ont accompli un exploit, une prouesse, au terme d’une aventure artistique. Certes, ces « vedettes » ne correspondent pas vraiment au panthéon classique et romantique, elles ne sont ni les plus excellentes dans leur domaine, ni des pionnières incomprises ; on n’adore là ni Poussin ni Van Gogh, mais simplement des talents notables ayant réussi à insuffler un peu d’âme dans la grande hypnose du divertissement de masse.…

BD : Lichen, une expérimentation académique
Un vaisseau spatial file vers Ganymède, satellite de Jupiter, pour le coloniser. Stéphane, le psychologue, reçoit les membres de l’équipage alors qu’un suicide vient d’avoir lieu, et échange avec sa fille, restée sur terre, pour trouver une échappatoire à sa propre déprime. En bichromie bleu et jaune, fortement quadrillées par un gaufrier de 24 cases, les pages s’enchaînent, et tandis que le texte nous raconte ces introspections croisées, les images nous montrent les souvenirs qui resurgissent, les associations d’idées, ce qui reste au bord de l’expression consciente, comme ces personnages en Lego, minuscules et standardisés, auxquels le psy s’identifie sans encore se l’avouer, pion au milieu d’autres pions filant dans le vide intersidéral. [...]
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