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Un sacrifice inutile ?
« Mère, voici vos fils qui se sont tant battus » écrivait prophétiquement Péguy en 1913, un an avant de tomber lui-même au champ d’honneur, comme 9,7 millions de soldats au cours de la Grande guerre. Ces soldats n’étaient pas, loin s’en faut, des « civils armés », comme l’a répété à satiété l’Élysée avant les célébrations du 11-Novembre. Mobilisés, pour la plupart, dans le cadre d’armées de conscription, ils n’avaient certes pas choisi le métier des armes par vocation. Beaucoup d’entre eux étaient d’ailleurs agriculteurs dans une Europe restée, à bien des égards, un monde rural. Mais ils n’étaient pas non plus les jouets involontaires d’un conflit macabre auquel ils seraient demeurés totalement étrangers, comme dans Voyage au bout de la nuit.
L’éditorial de Romaric Sangars : Hausse des prix
Nous sommes très fiers, à L’Incorrect, d’avoir contribué à l’inflation des prix littéraires de l’automne à notre mesure, qui ne fut pas chiche puisque nous n’en décernâmes pas moins de quatre. Cette manie de primer à tout bout de champ la littérature me paraît excessivement française : goût du prestige frôlant le snobisme en permanence, passion des débats interminables et des décorations, élévation des livres au statut d’enjeu national, prétexte intellectuel à l’éthylisme le plus débridé…
Bernard Plossu : PARIS ET LES CONFETTI DU BONHEUR
Grand photographe et incessant voyageur, Bernard Plossu aura néanmoins toujours gravité autour de Paris, sa capitale de cœur. L’album Plossu Paris (Marval – Rue Visconti) témoigne de cette fidélité amoureuse en cinq cents clichés d’une grâce intacte. Bernard Plossu photographie depuis l’âge de neuf ans, comme en témoigne la première photo en couleur, prise en 1954, place de l’Étoile, de cet album parisien qui couvre plus d’un demi-siècle de photographies (1954-2017). Souvent, je me suis demandé quelle était cette grâce qui habitait l’univers de Plossu. Et j’ai pensé à la Nouvelle Vague, ce grain de folie aimable qui a osé mettre la vie au-dessus de l’art. François Truffaut, Éric Rohmer choisirent l’audace de la sincérité, de la candeur. C’est ce qui fait que tant de scènes, de dialogues ont conservé un charme inouï dans notre souvenir. Il émane des photos de Plossu cette énergie de la vie proche de ce cinéma, l’énergie du naturel, de l’absence de calcul. Son défi à la beauté, c’est « ne jamais faire quoi que ce soit pour plaire ». Et c’est ainsi qu’il ne s’est jamais trouvé prisonnier des modes. Plossu est un peu un Français idéal, comme l’écrivait Antoine Faugères de Truffaut il y a vingt ans dans Le Lecteur. C’est-à-dire un artiste qui, quasiment à son insu, laisse entrevoir la poésie, la douceur, la délicatesse toutes françaises auxquelles aspirent le lecteur, le spectateur. Un quartier de Lisbonne ou une île de la Méditerranée, un coin d’Afrique ou d’Asie ou d’Amérique saisis par son regard deviennent le patrimoine du photographe et du photographié. On peut voyager aussi loin que l’on veut, mais il faut bien revenir quelque part (…) A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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POURQUOI MALAPARTE N’EST-IL PAS AU PANTHÉON ?
Signant Malaparte et espérant, au contraire de Bonaparte, finir bien, l’écrivain « architalien » quoique né à demi-allemand, ne se trouve pourtant pas au firmament des lettres européennes, où son génie aurait dû le propulser. L’auteur de Kaput et La Peau reste une figure controversée, souvent pour des raisons paralittéraires, et l’excellent Cahier de l’Herne qui lui est consacré offre quelques éclaircissements au sujet de ce scandale. A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Gaspar Noé, Noé Gaspar ou l’intoxication volontaire et collective
« Le processus mondial, dans son ensemble, a beaucoup plus de traits communs avec une party de suicidaires à grande échelle qu’avec une organisation d’êtres rationnels visant à la conservation de soi. » Peter Solterdijk, Essai d’intoxication volontaire – « Il y a deux tragédies dans la vie: l’une est de ne pas satisfaire son désir et l’autre de le satisfaire. » Oscar Wilde – « L’amour excessif de la vie est une descente vers l’animalité. » Baudelaire. On ne devrait pas connaître la vie des gens. Gaspar Noé est cool. Il n’a pas été le dernier choisi en EPS. Il devait faire de grandes fêtes chez lui. Il est mondain et prend de la cocaïne à l’église Saint-Merri avec des assistants de Rick Owens. Bien habillé, bien coiffé, il écoute de la bonne musique (d’Erik Satie repris par Gary Numan en passant par Cerrone, sans négliger Patrick Hernandez) et colle de bonnes références sur son écran : clins d’œil appuyés à Fassbinder, à Argento, et à ce livre fétiche, Suicide mode d’emploi. L’ambiance de fin de monde désynchronisée est là. Sans message, sans issue, brute. On mélange grande et petite culture, absolu et dérisoire. On change de rythme, on accumule des sensations et des moments d’exception.
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L’Épopée Beraber
Au milieu de tant de publications sans grâce, il en est une qui a traversé discrètement la rentrée littéraire. Pour quelques-uns qui font ces colonnes, il s’agit pourtant d’une très grande œuvre qui aura eu le charme rare de nous faire vivre une épopée, littéraire aussi bien que réelle. En été, les pages ouvertes d’un livre à paraître à la rentrée, La Grande Idée, m’ont révélé qu’un écrivain d’aujourd’hui, Anton Beraber, gardait en lui le souvenir sensible de civilisations enfouies et des temps archaïques. Que, quelque part ici, quelqu’un vivait de poésie. Les onze chapitres de son volume s’organisent autour d’une recherche, d’une trace à préciser, celle laissée par un Grec, Saul Kaloyannis, durant le périple qui suit la débâcle d’une guerre lointaine. Kaloyannis, sans que le lecteur sache vraiment pourquoi, a durablement marqué ses contemporains, proches ou lointains, et ouvert derrière lui un sillon de fascination et d’imprécisions.
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Matthieu Falcone : « L’IDÉOLOGIE EST PARTOUT ET LA PRESSION SOCIALE EST SON ARME »
Avec Un Bon Samaritain (Gallimard), notre collaborateur Mathieu Falcone entre en littérature par une fable subtile et corrosive. Pierre Saintonge, un universitaire bon-vivant, gouailleur et passablement réac, bien qu’il moque la compassion facile pour les migrants, propose à trois d’entre eux de les héberger, un soir que, trop ivre, il trébuche sur leurs corps étendus, prenant sa femme et ses amis de gauche au dépourvu. Au fil de la cohabitation, les trois Africains vont devenir des révélateurs de toutes les contradictions et absurdités françaises. Détonnant. Ton livre s’ouvre sur un vernissage d’art contemporain. Ce domaine n’est-il pas, finalement, une sorte de précipité des aberrations et paradoxes actuels ? Si le principe de l’art est de donner à voir par le langage de son époque, l’Art Contemporain officiel reflète précisément le nihilisme de notre société. Il y a, aujourd’hui comme à toutes les époques, des artistes de grand talent, mais l’art officiel jouit à la fois de moyens inégalés au cours de l’histoire et d’une vacuité inégalable. Il faut prendre le temps d’aller à la rencontre des artistes qui squattent les résidences d’artistes et les grandes institutions et de les écouter, car c’est souvent à hurler de rire – à leur corps défendant. Le narrateur du roman, sans véritablement agir, entretient des liens étroits avec les protagonistes et reconstitue ainsi l’histoire pour le lecteur. Pourquoi avoir choisi une modalité narrative aussi singulière ? Au départ, j’avais écrit le roman à la première personne, c’était Saintonge – le bon Samaritain – qui racontait, mais cela ne fonctionnait pas. Introduire un narrateur qui soit le témoin et le rapporteur des faits m’a permis de prendre de la distance par rapport au personnage principal, à ce qu’il professe, à ce qu’il fait. La narration à la première personne du singulier est difficile, autant pour l’auteur que pour le lecteur qui a toujours tendance à associer le narrateur à l’auteur. On trouve dans ton livre un bel éloge de la beauté des femmes, des plaisirs de la table et du vin, comme si un certain épicurisme français rayonnait toujours, quoique menacé de toutes parts par les nouveaux puritains… Rayonne-t-il encore ou est-ce là un fantasme que je partage, peut-être, avec d’autres ? L’épicurisme, qui est (…) A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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