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Edmond : Cyrano en coulisses

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1546951165436{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite, il n’a que le titre : Cyrano de Bergerac. Enthousiasmant.

 

C’est un projet qu’Alexis Michalik porte depuis quinze ans. Une idée survenue lors de la sortie du sur-oscarisé Shakespeare In Love dans lequel Joe Madden racontait comment, grâce à une jolie muse, le jeune Shakespeare, alors criblé de dettes, retrouvait l’inspiration pour écrire son chef-d’œuvre : Roméo et Juliette. Le jeune Michalik s’attelle à une version made in France d’un tel scénario : la naissance du plus grand succès théâtral français, Cyrano de Bergerac.

 

 

L’ambition est immense, le budget aussi, tant et si bien que les financiers prennent peur et que le script est remisé au placard.

Le plat du jour est-il de droite ?
Il existe plusieurs sortes de plats du jour, depuis la palette gustative du matin jusqu’à la blanquette du mardi. La blanquette du mardi, si fermement accrochée à son jour qu’un distrait saurait, en considérant l’ardoise, se repérer dans la semaine ; la palette gustative du matin si intelligente, si subtile, que le jour en paraît illuminé et fragile. D’un côté la certitude solide des harengs marinés, du salé aux lentilles, du bœuf aux carottes, du quart de brie et de la crème caramel, de l’autre les délices éphémères du yaourt d’artichaut et de la neige de céréales toastées aux baies de Sichuan. On sent que le bulot mayonnaise est un roc là où les cacahuètes des Hautes-Pyrénées sont une aventure incertaine. On sent aussi que la blanquette et son riz-tout-court (pas du riz basmati indien rose, ou du riz de chez Manolo Perutzu, producteur intrépide) ne promettent aucune surprise mais une lente délibération intérieure pour savoir si cette blanquette-ci est meilleure que celle qu’on trouva si bonne l’autre jour. Le plat du jour sans surprise aide l’âme à considérer la chose en soi, l’archétype, à goûter la nuance infime, à élaborer dans le secret de sa conscience des principes d’analyse et des règles de jugement qui aideront à accueillir chaque jour non comme une expérience neuve et redoutable mais comme un chemin à parcourir en avant, calme et droit. La blanquette est une morale, le bulot est éthique. Si être de droite c’est considérer qu’un bon chevalier doit avoir été adoubé dans les règles, et que la richesse du caparaçon est moins importante que la vertu de celui qui manie l’épée, alors le plat du jour est de droite. D’un autre côté, un chevalier qui ne partirait pas à l’aventure ne serait qu’une panoplie à peine animée, un chevalier de la légion d’honneur qui n’a retenu de la cérémonie que la médaille et la rosette, et son nom dans Le Figaro (et quelle idée, franchement, que d’inventer une légion d’honneur, comme si on portait ça à la boutonnière au lieu de le serrer dans son cœur ou de le pousser au bout d’une lame ?) (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Alexandra Dezzi : Obscure clarté
De l’univers trash du groupe électro-rap Orties à la quête métaphysique de son premier roman Silence radieux (Éd. Léo Scheer), tout en étant la locataire de Michel Houellebecq, cette fille avait tout pour nous intriguer. Alexandra Dezzi a remisé « Orties » au placard. De fait, la jeune trentenaire qui nous reçoit à deux pas de la Madeleine n’a plus grand-chose à voir en apparence avec le personnage qu’elle entretenait sur scène. Calme et posée, la voix d’Alexandra Dezzi ne crache plus son dégoût du monde moderne et de ses contemporains, désormais elle l’écrit. Lorsque le duo « Orties » qu’elle formait avec sa sœur jumelle a pris fin, la jeune femme a donc tracé sa route en solo. Un épilogue qui a « accéléré le processus d’écriture. On écrit mieux face à soi-même », précise-t-elle. Renouer avec l’écriture, c’est renouer avec son premier choc artistique. Pour Alexandra, ce fut Albert Camus. Une étude de L’Étranger en cours de français plus précisément. Le Révolté partage avec Duras la paternité de sa vocation d’écrivain : fille de Duras et Camus, il lui fallut s’émanciper et c’est dans un studio parisien qu’elle entama sa carrière artistique. Un studio parisien dont le propriétaire était… Michel Houellebecq. Cela ne s’invente pas et cela pourrait paraître absurde. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Une Traviata de malades
Au Théâtre des Champs Élysées est née le mois dernier une nouvelle primadonna : Vannina Santoni.  Quel privilège d’assister à la naissance d’une primadonna. Vannina Santoni a magnifiquement réussi ses débuts dans le chef-d’oeuvre de Verdi le mois dernier au Théâtre des Champs-Elysées. Éclatante en robe rouge de bal, la jeune soprano française a fait preuve d’une rare maturité dans l’un des rôles mythiques du mélodrame. Il faut trois voix pour apprivoiser Violetta : la voix frivole de la demi-mondaine à la vitalité débridée, la voix ardente de l’amoureuse immolée par l’hypocrisie bien-pensante, la voix spectrale de la mourante condamnée par la maladie. Vannina maîtrise déjà toutes les trois, hormis une retenue parfois excessive dans les aigus. Son vibrato soutenu et pudique révèle plus de remords que de violence. Ses pianissimi sur un fil de voix donnent des frissons.
Will Franken : le point de vue d’un humoriste
Il a été prof d’anglais à Harlem avant de conquérir les comedy clubs de New York puis d’enflammer ceux de San Francisco. Cette bête de scène américaine, authentique amoureux de l’Angleterre, s’inquiète de l’avenir du stand-up au pays de l’humour. Que pensez-vous de Comedy Unleashed? Ce club est un antidote à l’inquiétante prolifération des soirées de comédie qui donnent la priorité à la bonne pensée aux dépens de la performance des artistes et même des désirs du public. Le critère des programmateurs n’étant plus la qualité de l’humour, le stand-up s’est transformé en eau tiède. L’existence de Comedy Unleashed est salutaire. Elle est aussi un indice de l’effondrement du niveau. (Allez expliquer ça aux comiques appointés!) Ma seule inquiétude c’est que, le succès venant, ce club soit noyauté par des opportunistes. Les ralliements tardifs menacent les authentiques révolutions. Les retardataires, miraculeusement convertis à la liberté de pensée, risquent de neutraliser cette puissante insurrection comique plus vite que jadis les escrocs ne parvinrent à pulvériser le mouvement punk. Notre culture occidentale tremble devant la propagande trans, les lubies victimaires et les dogmes de l’islam. Will Franken L’humour est-il aujourd’hui censuré ? Quiconque a un semblant d’humour connaît la réponse à votre question. Évidemment que la comédie souffre d’une forme de censure. Il suffit de voir la mélasse insipide qui dégouline sur nos scènes et nos écrans, pour s’en convaincre. D'ailleurs [...] Suite dans le dernier L'incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Les soleils du déclin
La rentrée de janvier est la seconde grande salve, après septembre, de productions littéraires, selon le calendrier inflexible des rites hexagonaux. Celle-ci sera dominée par le nouveau roman de Michel Houellebecq, à raison, tant l’écrivain se surpasse dans Sérotonine et offre une perspective fulgurante sur l’époque tout en dégageant une ligne de fuite. Mais derrière cette rare coïncidence entre succès et puissance réelle, se cachent un certain nombre d’autres figures considérables nous dispensant des preuves de leur folie supérieure : le titan Volodine, par exemple, chamanique et terminal, dont le rêve n’en finit pas de proliférer en renouvelant ses obsessions; Pierre Jourde, le boxeur des lettres, nostalgique et corrosif, un vrai poids lourd, que nous évoquerons le mois prochain. Mais il y a encore ces illuminés, Tristan Garcia, Simon Liberati, qui, pour le meilleur et pour le pire, assignent encore à la littérature des missions démentes.
Littérature 2018, le top/flop de L’Incorrect
Une année littéraire assez molle dans l’ensemble, une rentrée de septembre sans polémique, ni fracas, ni surprise (on ne peut pas dire qu’on ne s’attendait pas à la médiocrité du dernier Angot), des prix littéraires à la fois moins prescripteurs que jamais mais également moins absurdes. Une production ressemblant à un gros tas de merde général qui résulte des contraintes du Marché d’un côté, de la déculturation des Français de l’autre ; et un beau nombre de pépites, pourtant, comme L’Incorrect a su, toute l’année, en extraire pour vous.
Hubert de Torcy : RECONNECTER LE SPECTATEUR AU CRÉATEUR
Distributeur de films d’inspiration chrétienne, SAJE distribution ambitionne de mettre le spectateur en contact avec les Évangiles à travers le cinéma. Un vrai défi au sein d’un milieu singulièrement déchristianisé. Rencontre avec son directeur, Hubert de Torcy. Comment s’en sort-on, aujourd’hui, quand on est un distributeur indépendant ? L’offre pléthorique rend la distribution très difficile, mais notre fort, c’est d’être dans un cinéma de niche. Notre argument est de pouvoir dire : « Pour ce film-là, vous n’avez peut-être pas vu d’affiches dans le métro, mais le public concerné sait qu’il existe et il aura envie de venir le voir. » Bénéficiez-vous de subventions ? Pour les quelques films que nous avons distribués, nous n’avons jamais eu gain de cause auprès du CNC (N.D.L.R.: Centre national du cinéma et de l’image animée). Ils ne vous diront pas que c’est pour des raisons de message, mais enfin il semble que la vraie diversité que nous représentons face à celle, monochrome, du CNC, n’ait pas l’heur de plaire. Est-ce parce qu’ils sont officiellement « d’inspiration chrétienne » ? Ils ne l’écriront pas, mais je constate qu’ils boudent des films comme Lettres au Père Jacob, ou Tout mais pas ça, des films d’auteur européens, qui sont pourtant encensés par la critique, y compris la critique bobo parisienne. Pour beaucoup de gens, la laïcité doit se traduire par une forme d’athéisme officiel, il faudrait une absence totale de Dieu dans les films. Ce sont les raisons que m’opposent les chaînes de télévision. Elles auraient l’impression de commettre un (...) A découvrir dans le numéro de décembre et en ligne pour les abonnés
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