
La mise en abîme, le récit gigogne, la fiction dans la fiction, on connait tout ça par cœur, au moins depuis l’invention du roman occidental et au moins depuis Le Manuscrit Trouvé à Saragosse. Pourtant à l’heure où 90% de la production littéraire est dominée par l’autofiction et par des écrivains qui se racontent écrire, au prix souvent du style et de toute ambition romanesque, le cinéma semble encore réticent à s’emparer du sujet… On comprend peut-être mieux pourquoi à la vision du dernier Almodóvar, de retour deux ans après son très neurasthénique La Chambre d’â côté, qui avait tiré tellement de bâillements au jurés de la Mostra de Venise qu’ils avaient fini par lui remettre le Lion d’Or. On espérait que le réalisateur de Dans les Ténèbres (son meilleur film à ce jour, qui date tout de même de 1983) sorte de son empâtement, avec un sujet aussi ludique, qui embarque autant de promesses : l’argument repose en effet sur un cinéaste en crise d’inspiration qui utilise le drame vécu par son assistante pour nourrir un futur scénario.…








