
Ma fille Bernadette raconte la naissance du monde. Bernadette voit une tapisserie, découvre un arbre, sourit, pleure, boit un sirop, pousse une dent. Rien de spectaculaire. Aucun secret de famille, aucun père toxique à déconstruire au chapitre 12. Juste un bébé. Ce qui, pour Francis Jammes (prononcer à la française puisque qu’il est basco-béarnais) est déjà largement suffisant. Lorsque sa fille naît, à Orthez, le 19 août 1908, le poète a trente-neuf ans. Il aurait pu se contenter de quelques vers attendris, puis refourguer l’enfant à sa mère pour retourner contempler les ânes. Il fait exactement l’inverse. Il observe tout : le premier sourire, les coliques et les pleurs dont on ignore la cause. Jammes s’occupe de sa fille, mais surtout elle occupe son esprit. Le livre est traversé par cette vigilance particulière des jeunes parents : l’enfant dort-elle bien ? Que deviendra-t-elle ? Qui la protégera lorsque son père ne sera plus là ?…






