
Le punk est mort, mais il aura ranimé des cœurs et jeté des adolescents contre le mur des réalités adultes avec un pessimisme flamboyant qu’on pourra longtemps regretter. Le déclic initial du dernier roman de Patrice Jean, Stay Free, c’est l’épiphanie que provoque l’écoute d’un morceau du Clash, chez Paul Enault, après que Martial Foolz, un lycéen de son âge, lui eut conseillé de se confronter à cette déflagration venant juste de retentir de l’autre côté de la Manche. De là, ces jeunes prolétaires se braquent contre le destin médiocre qu’on leur promet, mais également contre les mirages des réussites vulgaires. Ils fondent leur propre groupe, Divin Suicide, avec un désir de gloire, de vie pleine et de révolte radicale qui permet à leur adolescence de frémir vraiment, même depuis les HLM sinistres d’une banlieue nantaise. Samia, voisine de Martial et qui fréquente leur lycée, se lie d’un sentiment ambivalent avec les deux garçons.…





