



[qodef_dropcaps type= »normal » color= »red » background_color= » »]e[/qodef_dropcaps]t si le prétendu génie qu’on prête à l’autobiographie monstre du norvégien Knausgaard fondait à l’analyse ?
Karl Ove Knausgaard rencontre depuis 2009 un immense succès avec Mon Combat, cycle de six romans autobiographiques qui totalisent plus de 3600 pages. En Norvège, son pays natal, c’est un phénomène de société ; sa notoriété est considérable également dans les pays anglo-saxons, où certains critiques le comparent à Proust. L’accueil a été plus réservé jusqu’ici en France, où trois volumes ont été traduits. Il faut dire que le parti-pris réaliste de l’auteur peut laisser perplexe : Knausgaard, écartant tout souci de style, s’efforce de consigner jusqu’au moindre détail et de coller à la vie quotidienne, c’est-à-dire à ce qui, souvent, n’intéresse pas la littérature. Là où certains croient lire Proust ressuscité, d’autres ne voient du coup qu’une logorrhée prosaïque, plate et remplie de clichés.…

[qodef_dropcaps type= »normal » color= »red » background_color= » »]v[/qodef_dropcaps]oici l’un des grands romans de la rentrée littéraire. Grand, ce roman l’est tant par sa taille que par son ambition, l’histoire et la géographie qu’il couvre comme son écriture impeccable, brillant en toute modestie et qui rend un hommage remarquable à la langue française que d’aucuns malmènent trop souvent en croyant la faire jouir. Rencontre avec Dominique Pagnier, l’auteur du Cénotaphe de Newton ( Gallimard, 2017)
Votre éditeur vous compare à Sebald ou Bolaño. Il me semble que ce n’est pas exagéré. Je rapprocherais même ce livre des grands romans russes de Tolstoï, Dostoïevski et Soljenitsyne. Par ailleurs, votre style, classique, net, semble vous rapprocher davantage de la littérature allemande. Quels goûts littéraires, quelles prédilections ont guidé votre travail ?
Si mon style semble me rapprocher de la littérature allemande, c’est peut- être par l’effet de la lecture de certains auteurs dont on peut dire qu’ils ont une écriture classique : des romantiques, Kleist, Hoffmann, qui ont cette singularité de prendre une distance vis-à-vis d’événements catastrophiques et de les traiter avec froideur.…

Le succès des émissions culinaires témoigne de l’intérêt formidable dont jouissent, depuis quelques années, les arts de la table. Selon vous, est-ce le signe d’un retour à une alimentation saine après des décennies de nourriture industrielle ? La voie d’une sociabilité retrouvée ? Une obsession toute française pour la bouffe ?
C’est un peu tout ça à la fois, je pense. Il faut dire aussi que nous avons été bombardés de messages depuis des années quant à la nécessité de bien se nourrir et que cela a fini par s’inscrire dans les esprits et créer une demande de bio ou d’équitable, même si ces concepts restent très confus pour la plupart des gens. Par ailleurs, la gastronomie représente un liant formidable : devant une assiette, comme devant un match, tout le monde se retrouve ! Les émissions culinaires ont aussi entraîné une certaine starification des chefs. Sur ce point, ce qui m’énerve prodigieusement, c’est quand certains égos démesurés masquent par leur image la médiocrité de la proposition réelle dans l’assiette.…



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