
CARPE MORTEM
CE QUI RESTE, Bernard Schlink, Gallimard, 208 p., 20 €
« Je vous souhaite encore quelques bonnes semaines », dit le toubib au héros de ce roman, après lui avoir confirmé qu’il mourra bientôt du cancer. Sonné, notre homme se trouve confronté à la question fatale : il lui reste trois mois, comment les occuper au mieux ? Voyager avec sa femme, s’occuper de son fils, lui écrire une lettre à lire quand il aura grandi ? Schlink renouvelle le thème passablement rebattu du compte-à-rebours en y injectant un ingrédient bien trouvé : Monsieur apprend que Madame le trompe, d’où dilemme – à ce stade, lui faire une scène en vaut-il la peine ? Les chapitres courts fonctionnent comme une éphéméride dont on détache les pages, le style sobre, sans relief apparent, a quelque chose de subtil et lancinant, qui fait qu’on est captivé malgré soi. L’ultime interrogation du personnage, sur la noble question de savoir s’il faut épargner à l’épouse le spectacle de sa fin, donne une profondeur sinistre à ce beau petit roman sur la mort et l’adieu. …








