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Jean-Yves Camus : « La politisation arrive après la défaite »

Dans les années cinquante, les forces nationalistes se sont-elles emparées du dossier indochinois ? Quel rôle l’anticommunisme a-t-il joué ?

Par rapport à l’Algérie, la lointaine Indochine n’est pas une colonie de peuplement. L’occupation japonaise a aussi éloigné ce territoire de la métropole. Quand éclate la guerre avec le Viet Minh, l’Indochine a pratiquement quitté la conscience collective des Français. Pour toutes ces raisons, la guerre d’Indochine n’est pas abordée dans de bonnes conditions. L’idée selon laquelle elle est d’abord menée contre le communisme ne prend pas dans l’opinion, alors que la présenter ainsi aurait été le seul moyen de la légitimer.

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Cette idée n’est intégrée que par certains militaires, qui s’interrogent sur notre incapacité à gagner le conflit. Ces officiers, notamment le colonel Lacheroy, comprennent que les difficultés françaises viennent en partie du soutien de la population locale à la guerre asymétrique du Viet Minh, population enserrée dans un carcan idéologique défini par les cadres du parti.…

Maréchal, Bardella & Bellamy : il faut draguer l’électeur indécis

Le clairon sonne la charge. La cavalerie s’élance et, ça y est, les troupes des trois candidats de la droite aux élections européennes s’affrontent déjà dans une bataille qui s’annonce âpre pour les têtes de liste et sapide pour les observateurs de la vie politique que nous sommes.

Mais, en ce jour de printemps, Jordan Bardella, François-Xavier Bellamy et Marion Maréchal enterrent la hache de guerre, le temps d’une soirée. Ils ont honoré l’invitation des Éveilleurs pour répondre aux questions de Boulevard Voltaire à la Palmeraie de Paris. C’est dans une salle pleine à craquer (1 000 participants) que les face-à-face avec la rédaction de BV – Gabrielle Cluzel, Marc Baudriller ou encore Clémence de Longraye – s’enchaînent. Pour un débat, on attendra. Il semblerait que certaines têtes de liste aient imposé la condition de leur venue : ce soir, il n’est pas question d’affrontements. Olivier Ubéda, chef d’orchestre de la plupart des grands raouts de la droite, fait le même constat : « La salle est fraîche, on est loin des grands meetings de campagne.

[Tribune] Jean Louis-Geiger (RN) : Boomers repentis…

Je suis un « babyboomer ».

Enfance heureuse dans une époque post-guerre durant laquelle les familles se concentraient sur leur refondation dans une France enfin apaisée.

Adolescence insouciante dans une société qui s’éveillait à tout, dans laquelle tout était abondant, permis et tout envisageable. Peu d’interdits bien que, en ces temps, les parents assumaient leurs responsabilités éducatives dans un esprit de tolérance qu’ont ceux qui ont souffert et douté de leur avenir.

Le nôtre s’annonçait radieux et nous avons cru en l’air du temps.

Nous avons sincèrement cru que nous étions tous frères. En ces temps de décolonisation, nous nous voulions accueillants pour tous ceux qui, pour de multiples raisons, voulaient vivre dans notre pays. Cette générosité est depuis ancrée en notre société.

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Nous avons grandi dans notre culture judéo-chrétienne, persuadés que ses valeurs étaient universelles et que le dialogue inter-religieux assurerait la paix des consciences et une cohabitation des religions productrice de richesses spirituelles.…

Macron VS Poutine : quelle menace existentielle pour la France ?

Le président-philosophe a soigneusement choisi son terme : avec la guerre d’Ukraine, la Russie ferait peser sur la France une « menace existentielle ». Autrement dit, si l’on croit les dictionnaires, quelque chose « qui concerne l’existence en tant que réalité vécue personnellement et concrètement ».

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On se demande alors ce qui concerne « personnellement, et concrètement » la France dans cette guerre, malgré le narratif avancé par Jupiter. Résumons-le. En 2014, la Russie, choquée par la procédure d’adhésion à l’Union européenne reprise à la suite de la « révolution de la dignité », entre en guerre contre l’Ukraine, avec l’annexion de la Crimée et le soutien aux séparatistes. La France et l’Allemagne tentent alors une solution de paix : les accords de Minsk. Hélas, ces accords ne calment pas l’ours russe qui, en 2022, attaque l’Ukraine. Que la Russie se soit inquiétée d’une procédure d’adhésion à l’UE qui a servi de préalable à l’entrée dans l’OTAN de presque tous les anciens pays du bloc de l’Est, que la Crimée ne soit que peu ukrainienne, que les accords de Minsk n’aient pas été mis en œuvre par l’Ukraine et, aux dires même d’Angela Merkel, n’aient eu comme seul but que permettre à cette dernière de se sortir d’une mauvaise passe et de réarmer, que la CIA ait installé ses bases dès 2014, que tous ces éléments parfaitement documentés soient exclus de ce narratif manichéen montre bien que la France est partie prenante du conflit.…

Georges Boudarel : le tortionnaire du camp 113

D’étranges affiches bleu et jaune fleurissent au Quartier latin au printemps 1991 : « Boudarel, Jussieu sera ton Diên Biên Phu ! » Elles sont signées du mouvement royaliste l’Action française. La France découvre alors le passé trouble de l’universitaire communiste Georges Boudarel (1926-2003), accusé par certains historiens de crimes contre l’humanité. Des manifestations parisiennes rassemblent des centaines de participants, principalement des étudiants de droite et d’extrême droite, demandant la démission de l’enseignant au cri de « Boudarel, assassin », « Vengeons les morts du camp 113 » et « Jussieu sera le Diên Biên Phu des traîtres ».

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Mais qui est vraiment Georges Boudarel ? Né à Saint-Étienne dans un milieu modeste, il passe par le petit séminaire des pères maristes à Valbenoîte avant d’étudier la philosophie. Marxiste chrétien, il adhère au Parti communiste et est nommé en 1948 professeur en Indochine, à Dalat puis à Saïgon.…

Terminus pour… Olivier Véran

olivier Véran, vous l’avez connu en 2020, dans son premier rôle et sans doute le plus fort : Docteur Mask, véritable justicier prêt à tout pour dé- fendre le narratif sanitaire, y compris à tomber la chemise. Toutes les ménagères se souviennent avec des sanglots dans la voix de son apparition torse nue : en pleine épidémie et alors que la ferveur antivax faisait trembler les fondations de l’Hyper-State covidé, le sémillant quadra assurait le service après-vente. Tout est truqué en Macronie, y compris les ministres.

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Vous l’avez connu ensuite dans Langue de bois et pantouflage : Véran y faisait une apparition remarquée en porte-parole du gouvernement Borne. Sa voix, il faut dire qu’on la connaît bien depuis sa prestation mythique dans Le Rossignol du Parlement, lorsque le médecin hurlait à la face des députés que oui « c’est ça la réalité dans nonononos hôpitaux » avec une jolie voix haut perchée de crécelle défoncée au Tramadol.…

Communistes Français : la défaite et le déshonneur

Au lancement de la guerre d’Indochine en 1946, les communistes français, alors au gouvernement, se trouvent dans une position ambivalente, coincés entre stratégie nationale et internationale prolétarienne : comment le « parti des 75 000 fusillés », qui revendique le patriotisme de la résistance, va-t-il se positionner sur le conflit, et ce alors que le contexte mondial transforme la question coloniale en une confrontation plus large entre bloc libre et bloc communiste ? Le chef du « parti frère », Hô Chi Minh, dans une lettre à Maurice Thorez de l’été 1946, ne s’enquiert-il pas de « nos ministres » ? Finalement exclus du gouvernement en mai 1947, les communistes vont progressivement se positionner contre la « sale guerre ».

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Du sabotage et de la propagande…

La bascule se fait au tournant de l’an 1949, alors que « le PCF est encouragé dans cette volonté par l’ensemble du mouvement communiste international » comme l’explique l’historien rouge Alain Ruscio dans Les communistes français et la guerre d’Indochine.…

Prisonniers du Viêt Minh : dans l’enfer rouge

Le 8 mai, après plusieurs semaines d’intenses combats, la dernière colline « Isabelle » est tombée aux mains de l’ennemi. Le cessez-le-feu est annoncé. Mais le calvaire ne fait que commencer pour les 11 721 soldats français qui sont faits prisonniers par les forces du Viêt Minh. Parmi eux, 4400 sont blessés et, ceux qui ne le sont pas, sont exténués par le rythme effréné des affrontements qu’ils viennent de mener. Seuls 3 300 d’entre eux survivront et retrouveront leurs foyers.

À marche forcée

Trois jours après que le général de Castries a ordonné le cessez-le-feu, il faut laisser sur place les corps du millier de camarades tombés – qui seront enfouis dans des fosses communes – car 800 kilomètres à pied attendent les soldats français. Peu importe leur état, qu’ils soient blessés, amputés, dysentériques ou autres. Tous vont marcher. Les longues chenilles humaines des prisonniers se mettent en place, avec cette « terrible rancœur envers les politiques qui l’ont emmené dans ce merdier » d’après les propos du mythique général Bigeard.…

L’Incorrect

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