
« La vie m’a appris qu’il y a deux choses dont on peut très bien se passer : la présidence de la République et la prostate » disait Georges Clemenceau. Ce week-end, cette phrase a pris tout son sens.
Vous en avez entendu parler maintes et maintes fois, il s’agit de la vidéo réalisée par les youtubeurs français McFly et Carlito avec le président de la République Emmanuel Macron.
Pour vous remettre dans le contexte, le président avait accepté d’apparaître sur la chaîne des deux compères à condition qu’ils aient plus de 10 millions de vues sur une vidéo promouvant les gestes barrières.
Les deux amis ayant relevé le défi, c’est donc dimanche 23 mai que la plateforme a diffusé un concours d’anecdotes entre le chef de l’État et les youtubeurs. Ce scénario est un « classique » de leur chaîne. Le but du jeu est de raconter une histoire, à tour de rôle, et de demander à l’adversaire si celle-ci est réelle ou fictive. En fonction de la réponse, l’une des équipes marque un point. Si Emmanuel Macron gagne le jeu, le duo devra se rendre dans les avions de la patrouille acrobatique de France (PAF) à l’occasion du 14 juillet. Dans le cas contraire, ils auront leurs visages encadrés lors d’une allocution officielle du dirigeant. Pendant 36 minutes, nous pouvons admirer un président hilare face aux racontars des deux jeunes gens et inversement.
Aujourd’hui, on ne reconnaît pas un bon président à son aptitude à gérer les crises, à écouter son peuple, ou à améliorer la condition de vie des citoyens, mais plutôt à sa capacité à faire le pitre dans des vidéos infantilisantes.
Une minable prestation
Si McFly et Carlito ont tout à gagner en notoriété avec la réalisation de ce tournage, le « directeur de la Gaule », comme nommé dans la vidéo, se ridiculise. Le garant de la constitution et chef des armées se laisse aller à des « si j’égalise, je leur fais une béquille » ou encore « vous êtes vraiment des détraqués ». Bien sûr, pour beaucoup de jeunes et de moins jeunes, Emmanuel Macron se rend aimable et accessible. Jeune, souriant, dans le vent, voilà l’image vendu par le président. Que dirait Charles de Gaulle qui voulait donner, par le suffrage universel direct en 1962, un charisme et une légitimité à ses successeurs ? Le huitième président est une pitoyable imitation du monarque républicain. « Putain » n’est-ce pas monsieur le Président ? {...]








