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Le tournant de la rigueur

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Publié le

25 mai 2021

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Mitterrand s’est engagé corps et âme à maintenir la place de la France au sein du système monétaire européen, et ce en dépit des conséquences : ce fut le tournant de la rigueur, en 1983.
Mitterrand

Chef d’État permanent, François Mitterrand l’est assurément sur les questions économiques. Afin de maintenir la France dans le Système monétaire européen, il trahit ses engagements de campagne et amorce publiquement ce qu’il convient de nommer le tournant de la rigueur en mars 83. Au-delà de ses effets positifs à court terme dont la maîtrise de l’inflation, son choix accouche de politiques structurelles à moyen terme – privatisations et dérégulation des marchés – qui engagent beaucoup plus le pays. Le virage alors entamé, et entériné par Maastricht, n’a plus été depuis enrayé : conformément aux idées néo-libérales américaines du New Public Management, l’État s’est désengagé de l’économie réelle pour permettre, disent-ils, une saine et juste concurrence, quitte à brader la possibilité d’une politique monétaire, d’une industrie française et d’un protectionnisme intelligent.

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Sur tous ces points, ses successeurs n’auront été que des exécuteurs-gestionnaires, car plutôt qu’une simple et saine disqualification de la politique du Programme commun, 1983 aura été la première marque d’un balisage économique dont l’objectif, rempli, était de rendre impossible toute politique alternative. En une décennie, l’homme a liquidé tout à la fois les matériaux, les instruments et les ressources idéologiques pour faire barrage à l’orthodoxie économique occidentale. Que lui importe, lui qui préféra la construction européenne et les grandes lois sociétales aux classes populaires ; tant pis pour la France, bientôt réduite à l’apparat touristique.

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