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Audrey Pulvar : Le réchauffement climatique, cause des votes extrêmes

« Sois blanc et tais-toi », oui. « Sois belle et tais-toi », sûrement pas.

En mars dernier, pour donner suite à la polémique autour du syndicat de l’UNEF qui organisait des réunions non-mixtes entre personnes « racisées », Audrey Pulvar avait expliqué son soutien à la cause sur le plateau de BFM TV : « S’il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc (…) on peut lui demander de se taire, d’être spectateur ou spectatrice silencieux ».  Leçon numéro 1 : Si vous êtes une personne blanche, ce n’est pas de votre faute, mais faites-vous tout de même discret et demandez pardon.

Cette fois-ci, c’est via Twitter qu’Audrey Pulvar est revenue à la charge alors qu’elle souhaite mettre en avant sa mesure phare pour les régionales, la gratuité des transports. L’intérêt premier est écologique, mais il s’agit aussi de permettre aux jeunes et aux classes modestes de se déplacer en Île-de-France sans frein financier. Bien entendu, le tout n’est pas gratuit et impliquerait une « fiscalité écologique », autrement dit un impôt. Coup de génie. L’affaire ayant suscité une vague de réaction plus ou moins favorable, l’économiste Thomas Porcher twittait à son attention : « Chère @AudreyPulvar, un conseil : n'écoutez pas ceux qui vous disent de taxer les carburants. Ce serait injuste. Pour info, taux d'actifs utilisant leur voiture pour aller travailler par département : 77 : 63% 91 : 61% 78 : 56% 95 : 54% 94 : 41% 93 : 38% 75 : 14% ».

https://twitter.com/AudreyPulvar/status/1391041403086647299?s=20

Là où nous n’avons vu qu’un tweet parmi d’autres, c’est-à-dire une information appuyée sur des chiffres en sa qualité d’économiste, le troisième œil d’Audrey Pulvar, plus alerte que les autres, a quant à lui perçu des propos discriminants. Adressé à une femme noire victime de racisme systémique, le commentaire serait une autre des nombreuses démonstrations sexistes, fruit d’une volonté inconsciente et dominatrice du mâle blanc. Voici ce qu’elle lui répondait sur le réseau social : « Quand, au plus grand des calmes et sans doute animé de bonnes intentions, tu fais un magnifique mansplaining #ViensOnVaTexpliquerCocotte #FatigueAbsolue ». Le « mansplaining », à l’instar du « manspreading » et autres concepts phares de la lubie féministe mitraillés à tout bout de champ, sert d’argument imparable en désignant la condescendance de l’homme -  infecte créature - qui donne des explications malvenues à l’égard d’une femme déjà informée sur le sujet. Machiste, non ?[...]

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La classe armoricaine : salauds de jeunes !

La figure du « vieux » a toujours oscillé entre sagesse et brejnevisme. Le vieux était, par essence, réfractaire aux idées nouvelles. Au langage trop libre. Aux libertés trop ostentatoires. À table, la famille devait réfréner les paroles des jeunes branle-couilles pour ne pas froisser les oreilles de nos augustes vieillards. Fut un temps où l’on attendait que les vieux partent au pieu pour causer franchement.

Maintenant, ce sont mes ados qui se bouchent les oreilles quand je parle librement au dîner ! Un comble ! Incroyable ! Nous avons donné naissance à des générations de coincés du fion ! Ce sont les vieux qui donnent des leçons de punkitude aux féministes et aux écolos de merde d’aujourd’hui ! Johnny Rotten, le chanteur des Sex Pistols. Le héros total de la vague punk de 77 a eu 65 berges en janvier. En 2020 il a voté Trump, est contre le « mariage » des pédales et il vous emmerde tous ! Tous et surtout les jeunes !

Trump’s not dead ! Car Johnny Rotten est resté un putain de rebelle. Avec les ratiches d’une momie mais avec l’esprit libre et sain. Aujourd’hui, c’est le contraire : les jeunes ont des dents saines vu que c’est nous qu’on paye, mais une liberté de l’esprit qui schlingue la mort. Regardez les chaînes d’information : à part Eugénie Bastié et Charlotte d’Ornellas, tout ce qui a moins de 40 ans est encroûté dans la cancel culture et la bien-pensance. Les vrais rebelles ont tous, au minimum, vingt berges de plus : Finkie, Zemmour, Praud, Lévy. Même au Rassemblement national, plus c’est jeune plus ça sent l’eau de javel. On pense ce qu’on veut de Jean-Marie mais lui au moins causait comme une raclée à la chaîne de vélo. À comparer aux jeunes technos du RN ! Éviter les sujets qui fâchent, filocher, fuir la polémique. Bref, en les écoutant on se fait chier !

Lire aussi : Génération Mitterrand

Aujourd’hui, les jeunes puent la pisse. Pas à L’Inco ! Hopala ! Car il existe encore une minorité de rebelles à l’ordre médiatique établi et votre coin-coin en est bien pourvu. Mais la jeunesse en général est déprimante. Elle bêle. Les jeunes de 77 étaient des rebelles sans cause, les jeunes d’aujourd’hui des causes sans rebelles. Lisses. Lavés derrière les oreilles. Certifiés bio et commerce équitable. Même à Saint-Nicolas du Chardonnet tu ne trouveras pas pire génération hantée par l’enfer de dire une parole de travers.

Les boomers au moins, ça sait rigoler Les boomers d’après-guerre étaient pourtant censés représenter l’abomination de la désolation de l’humanité. Mais la génération actuelle me paraît bien partie dans le tiercé des connards. Autrefois, la jeunesse ne voulait pas désespérer Billancourt, maintenant elle ne veut pas désespérer le climat et les minorités chagrineuses. Autant je respecte ces gamins qui nettoient les plages et refusent de prendre l’avion, autant je m’interroge sur leurs motivations : ont-ils remplacé un conformisme par un autre ? À quoi cela sert-il de s’interroger sur l’avenir du monde si c’est pour abandonner toute liberté d’expression ? Les premiers écolos, genre René Dumont, étaient des rebelles. Lui tout en étant un gauchiste convaincu, conservera toute sa vie une liberté de parole désormais invraisemblable pour ces milieux. J’invite les lecteurs à relire certains chapitres de son livre L’Afrique Noire est mal partie. Top « supériorité blanche » ![.]

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L’illusion anti-fasciste

En mai 1981, Thierry Le Luron ne reprenait pas encore Gilbert Bécaud devant une foule hilare – courrouçant fortement au passage Jack Lang et toute l’intelligentsia de gauche – mais « l’emmerdant », c’était déjà la rose. Pas pour tout le monde, pas pour le peuple de gauche et plus généralement les « jeunes », qui ne manqueraient pas de s’organiser en monômes de zombies décérébrés. L’arrivée de François Mitterrand suscitait l’espoir d’un monde meilleur, plus juste et plus égalitaire. Osons-le dire : d’une libération ! La France rompait avec l’ère gaulliste et l’ennui giscardien. Oh, quelques grincheux esprits craignaient bien l’arrivée des chars russes à Paris, voire des Chinois de Jean Yanne, mais les maos avaient déjà troqué leurs cols de chemises pour les fauteuils confortables du Rotary Club.

À Sanary-sur-Mer, chez Olivier Duhamel, on trinquait à la victoire avec ceux qui allaient diriger la France pour toujours et instaurer un règne de prospérité. Déjà, on oubliait ses idéaux de jeunesse. Cigares cubains, vins fins et ambiance libertine faisaient office de programme commun. Mais… Il y a toujours un mais après un mai enchanteur : que faire des jeunes ? Quel horizon leur donner dans ces années yuppies où les premières crises globalisées commencent à menacer la réussite époustouflante, presque miraculeuses, des années d’après-guerre ? À Dreux, Jean-Pierre Stirbois perçoit que le socialisme d’apparat de l’élite parisienne ne répond pas aux promesses et aux attentes des Français les plus pauvres, que l’immigration est mal perçue, que le chômage explose.

L’arrivée de François Mitterrand suscitait l’espoir d’un monde meilleur, plus juste et plus égalitaire. Osons-le dire : d’une libération ! La France rompait avec l’ère gaulliste et l’ennui giscardien

La percée du Front national, François Mitterrand l’a sentie avant tout le monde, l’a anticipée. Il s’est douté que ce parti, fort du charisme de son meneur, pouvait sérieusement enquiquiner la droite de son rival chiraquien. En 1986, avec 2,7 millions de voix, le Front national faisait pour la première fois jeu égal avec un PCF en déroute. Mieux, le parti envoyait 35 députés à l’Assemblée nationale grâce à la proportionnelle. Le piège tendu par Mitterrand à l’endroit des communistes a fonctionné à plein. Issu de la bourgeoisie provinciale, royaliste dans sa jeunesse et ami de nombreux vichystes, à commencer par René Bousquet, François Mitterrand n’aimait guère les communistes : ils lui ont un temps été utiles. Puis il les a assassinés.

Restait alors un deuxième piège : ressusciter une fantaisiste menace fasciste en agitant le danger Le Pen. Les fédérations socialistes ont tout de suite compris le sens de la manœuvre : haro sur les racistes, qui sont aux portes du pouvoir. Comptant sur une machine de propagande d’une efficacité supérieure à l’ORTF de de Gaulle, les socialistes ont su capitaliser sur la montée en puissance des radios libres et l’ouverture de nouveaux canaux hertziens, favorisant des chaînes destinées aux jeunes à l’image de Canal +, de la défunte Cinq ou de la sixième chaîne qui deviendra plus tard M6. Ajoutez à cela l’émergence de la scène dite « alternative », de personnages comme Daniel Balavoine, de SOS Racisme, Touche pas à mon pote, des MJC ou de La Marche des Beurs.

« La jeunesse emmerde le Front national » chantaient – ou plutôt, gueulaient – les Béruriers Noirs dans les squats, avant de le faire au Zenith devant des milliers de petits agités, et surtout de petits embobinés. Mitterrand avait trouvé son grand Satan. Son diable pour diviser durablement la droite française. Les lignes rouges étaient tracées, les digues construites. Pour se maintenir au pouvoir, le stratège socialiste inspiré par Louis XI n’avait plus qu’à supprimer la proportionnelle et s’appuyer sur le scrutin majoritaire à deux tours. De fait, il excluait le FN de la représentation nationale et rendait impossibles pour quarante ans les tentatives d’alliance[...]

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Emmanuel Macron, le déconstructeur

Comme il fallait s’y attendre, Emmanuel Macron a ménagé, le 5 mai, les susceptibilités dans son discours censé rendre hommage à l’empereur Napoléon 1er. En résumé, le bicentenaire de la mort de Bonaparte ne devait pas être célébré, pour ne faire totalement plaisir ni aux indigénistes ni aux nationalistes : en substance, ne célébrer ni le rétablissement du Code noir en 1802 dans nos colonies ; ni notre désormais lointaine puissance sur l’Europe entière. D’ailleurs, à quelques heures de la lecture du texte, l’Élysée s’était fendu d’un communiqué à la tonalité toute macronienne : « Le président de la République va déconstruire la figure de Napoléon [...] Ça veut dire qu'il n'y aura pas d’hagiographie béate [...] Il n'y aura ni déni, ni repentance. Commémorer n'est pas célébrer ». « Ni…ni », encore et toujours.

La déconstruction, concept initialement pensé par Heidegger puis vulgarisé par Foucault, devait nécessairement être le maître-mot du fieffé disciple de Ricœur dans sa conduite de l’État français. Il ne loupe, en effet, jamais une occasion de critiquer son peuple, souvent en anglais de surcroît, comme ce fut encore le cas 18 avril, sur la chaîne américaine CBS. « En même temps », le maître-mot était lâché. Du reste, son système langagier repose sur des tournures de phrase à l’envie et l’alignement de mots creux. À défaut d’agir, il ne suffirait que de tweeter. Pourtant, le projet est clair : détruire notre culture en s’en prenant à sa langue. Pas étonnant de la part d’une génération pour laquelle la culture n’affirme plus « l’éminence de la vie avec la pensée », comme le dit Alain Finkielkraut dans La défaite de la pensée. Voilà pourquoi la langue dite « inclusive » a été savamment diffusée, sans air de ne pas y toucher, dans les administrations publiques et les syndicats, principalement. [...]

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Tribune des généraux : les lâchetés de la classe politique française

Le « chaos en France » est en train de passer de l’état de prédiction à celui de réalité. Et du haut de leur posture hors les sols, les politiques prennent ombrage de ce que des observateurs les en alertent et soulignent leur responsabilité. Leur hystérie n’impressionne plus personne, à l’image des sempiternels superlatifs de l’horreur, dont le peuple français est gratifié lorsque coule son sang. Scrogneu-gneu, invectives et inutiles gesticulations, ces ingrédients de marketing visent davantage à emporter un hypothétique soutien électoral lors de la prochaine parodie démocratique qu’à mener une véritable action.

L’oligarchie politique est l’héritière d’un patrimoine exceptionnel, qu’elle a laissé glisser au bas de l’échelle morale et sociale du monde. Méthodiquement et avec hâte, elle « déconstruit » ce que des centaines d’années avaient péniblement façonné. Elle est le fossoyeur de la culture, du style et de la pensée dont la France devrait légitimement s’enorgueillir. En conscience, elle annihile tout notre passé.

Lire aussi : Tribune des généraux : les Français approuvent massivement

Quand le chaos sera installé, il sera trop tard : ivres d’un succès facile, les jaloux, les victimaires, les incultes et autres haineux vont s’emparer de ce butin qui a été mis à leur portée. La démarche n’est pas nouvelle, l’histoire regorge d’attaques de parvenus qui ont poussé en avant les miséreux pour accaparer les privilèges du pouvoir à leur seul bénéfice. Le procédé s’appelle coup d’état, ou libération. L’annoncer haut et fort est un crime de lèse bien-pensance : et si on parlait (vrai) de l’Algérie, obscène et durable pourrissement, fondé sur les mensonges et la trahison, que l’on cache pudiquement comme un viol, perpétré et répété juste sous nos yeux depuis 70 ans ? [...]

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Réflexions sur la question royale européenne

Donc le prince consort Philippe d’Édimbourg est mort à quasi-cent ans. Il synthétisait en sa personne les exigences et fantasmes que continuent de susciter, dans notre société effondrée et déprimée, les rois, princes et dynastes résiduels : élégance, distinction et incarnation d’une haute et ancienne tradition. Et de fait Philippe Mountbatten/Battenberg a vraiment bien fait, sur plus de 60 ans, le job un peu ingrat de prince consort de la reine la plus médiatique et durable de ces cent dernières années. Il ne manquait même pas à ce conte de fées britannique la dimension romantique d’un mariage d’amour avec Elizabeth, dimension qui fit les beaux jours et les gros tirages d’une certaine presse spécialisée dans « l’actualité heureuse ».

COURONNER LE DÉCLIN

Les gens de droite – pas qu’eux mais eux particulièrement – ont toujours eu pour les têtes encore couronnées les yeux de Chimène : comme si la vue des derniers fastes de ces royautés – qui ne sont pas vraiment des monarchies au sens étymologique et politique du mot – les consolait de la décadence quotidienne de tout, et d’une certaine trivialité démocratique.

Elizabeth elle-même, avait jeune, sinon de la beauté, du moins une grâce indéniable portée par un sourire irrésistible autant que diplomatique

J’ai l’air de me moquer mais je peux comprendre : Philippe d’Édimbourg avait en effet grande allure, – « de la classe » tout simplement – en uniforme d’officier de la Royal Navy, en colonel des guards en bonnet d’ourson ou en tweed de gentleman-farmer. Ajoutons à cela quelques sorties vaguement politically incorrect et notre prince s’adjugeait un facile succès dans le peuple de droite français. Elizabeth elle-même, avait jeune, sinon de la beauté, du moins une grâce indéniable portée par un sourire irrésistible autant que diplomatique. À eux deux, en vieillissant, ils sont devenus les grands-parents de la nation, des figures tutélaires et rassurantes d’un peuple, qui allait avoir de plus en plus besoin d’être rassuré.

Une fois qu’on a reconnu ça, il faut bien parler politique : la monarchie britannique n’a fait que couronner le déclin de ce Royaume de moins en moins uni, que cacher – de moins en moins là aussi – la misère du changement de population, du fédéralisme européen, de la dictature des marchés, de l’abaissement du niveau culturel. Le Brexit, ce sursaut national, n’est pas venu de Buckingham Palace. On me rétorquera que la reine a un devoir sacré de neutralité et de réserve. On l’a quand même entendue récemment chanter expressément les vertus de la diversité ethnique et culturelle – parlait-elle en tant que souveraine du Commonwealth, ce succédané d’empire colonial ?

C’est pourquoi, si illusoire que soit la fonction royale, elle a quand même un reste d’utilité outre-Manche

Et pourtant ces dynastes, de Copenhague à Londres en passant par Amsterdam, demeurent certainement populaires et pas qu’« à droite ». Même réduits à l’état de figures décoratives, ils incarnent malgré tout un principe de continuité historique. Très concrètement, si après Elizabeth II la monarchie périclitait, la nouvelle république britannique serait très certainement confrontée à la sécession de l’Écosse, à une reprise de la guerre civile en Ulster et, en Angleterre proprement dite, le sentiment de déclassement national aboutirait à une explosion communautaire, Londres plus que jamais un désolant laboratoire de la modernité post-british. C’est pourquoi, si illusoire que soit la fonction royale, elle a quand même un reste d’utilité outre-Manche. Même chose certainement en Belgique, qui ne survivrait pas en tant que nation à un départ de ses souverains, et aussi en Espagne – à ce propos on ne peut oublier la prise de position ferme, certainement assez décisive, et en tout cas exceptionnelle pour un souverain constitutionnel, du roi Felipe VI contre les séparatistes catalans, en octobre 2017. Mais cette exception confirme la règle implacable du « profil bas » des altesses d’aujourd’hui[...]

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Mitterrand le petit

Dans Révolution (XO), l’ouvrage qu’Emmanuel Macron a publié à l’automne 2016, le nom de François Mitterrand n’est cité qu’une fois. Comme celui de Giscard. Celui qui prétend à la fonction suprême préfère se référer à de Gaulle, qui « avait, plus qu’aucun autre, le sentiment de la grandeur de la France ». À l’approche du scrutin de 2017, il conte toutefois au Parisien : « Dans mon panthéon personnel, il y a de Gaulle et Mitterrand : deux moments de rupture très forte dans notre histoire contemporaine ». Et une fois élu, c’est à la pyramide du Louvre, voulue par Mitterrand, qu’il apparaît. Officiellement le lieu, entre Bastille et Concorde, a été choisi pour marquer le « ni droite, ni gauche ». La mise en scène, cependant, a des airs de déjà vu, avec ses longues minutes de marche solitaire et empesée dont même le cadrage paraît copié sur la déambulation de Mitterrand au Panthéon, avec, aussi, cet Hymne à la joie que le premier président socialiste de Ve République aimait tant.

LA FRANCE UNIE EN MARCHE

Même si on a pu le comparer à Giscard, ce qui n’est guère plus valorisant, Emmanuel Macron fait surtout du Mitterrand. Et pas à la manière de Monsieur Jourdain : en le sachant très bien. En lançant à Marine Le Pen le 4 avril 2017 lors du Grand Débat d’avant le premier tour « le nationalisme, c’est la guerre », c’est mot pour mot du Mitterrand cru 1995, devant le Parlement.

« Dans mon panthéon personnel, il y a de Gaulle et Mitterrand : deux moments de rupture très forte dans notre histoire contemporaine »

Comme c’est du Mitterrand, cru 1988 cette fois, qu’il répète tel un mantra au printemps dernier, en mars, puis en avril, en appelant à « la France unie » face au virus avant d’en faire lui-même un « hashtag » sur Twitter. Il s’en était resservi à l’automne aux Mureaux pour y armer que « la laïcité, c’est le ciment de la France unie ». Une préfiguration de sa campagne pour sa réélection ? Peut-être.

Car « La France unie », c’était le slogan principal de la campagne Mitterrand de 1988. Affiches et tracts partout. Avec une variante, qui avait fini par s’imposer et qui a dû s’imprimer dans l’esprit du petit garçon qu’il était à l’époque : « La France unie est en marche » ! Traduction : faites confiance au chef de l’État sortant pour maintenir l’unité de la nation face au péril qui monte.

L’ART DE LA DUPLICITÉ

Sans pousser l’analogie jusqu’à écrire que le « en même temps » d’Emmanuel Macron n’a rien à envier à la constante duplicité de Mitterrand, qui avait fait avaliser par sa majorité tout et son contraire, on ne peut s’empêcher de penser que le Macron post-Gilets jaunes, comme celui du « quoi qu’il en coûte », a su opérer, en sens inverse mais avec un même aplomb, un revirement comparable au « tournant de la rigueur » de 1983[...]

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Trafic de drogue : un commissaire de police judiciaire raconte tout

Comment l’institution policière a-t-elle réagi aux événements d’Avignon ?

Par la colère. Une colère de plus en plus affirmée face à des délinquants et des voyous qui ont de moins en moins peur de s’en prendre aux forces de l’ordre. À Avignon, on est dans le cas de violence ultime qu’on avait déjà connu à Argenteuil quand deux policiers s’étaient fait tirer dessus par des individus les ayant identifiés en tant que policiers. Sans peur aucune, ils tirent directement sur la police ; c’est de plus en plus inquiétant. Il faut bien comprendre à quel point c’est démotivant pour les policiers d’avoir affaire toute la journée à des racailles de cité ou à des trafiquants de bas étage, et de devoir agir toujours plus tout en sachant que ça n’est pas suivi d’effets.

Structurellement, quelle place occupe le trafic de drogue dans ces quartiers ?

Le trafic de drogue enrichit des familles et fait vivre une partie des cités. Il permet aussi une certaine pacification de ces quartiers, qui sont par ailleurs hyper-explosifs, parce que les trafiquants ont besoin de calme. Il faut voir que les trafics évoluent. Les trafics de hall et de rue ont tendance à stagner. La consommation et la vente de produits stupéfiants explosent parce que les trafiquants utilisent désormais d’autres méthodes, avec de la vente sur les réseaux sociaux ou la vente par colis. Les dealers deviennent de plus en plus violents pour pouvoir tenir leur territoire face à la concurrence.

Lire aussi : Grégor Puppinck : « La notion d’islamophobie interdit toute critique »

On le voit en région parisienne, à Marseille et un peu partout : les règlements de compte entre dealers deviennent des guerres de territoire. Ils doivent tenir leur territoire, ce qui est rendu plus difficile parce que les clients se déplacent de moins en moins dans les cités et se font amener leur consommation chez eux. Cela rend les trafiquants de plus en plus vénaux : gagner de l’argent passe par le gain du territoire et donc l’élimination de la concurrence. [...]

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