
Il est des livres qui ne prétendent pas à la grande littérature mais qui, par leur vitalité, leur acuité sociale et leur humour ravageur, méritent d’être lus avec autant d’attention qu’un essai de philosophie politique. Yes Kids, le dernier ouvrage de Gabrielle Cluzel, s’inscrit dans cette veine combattive et réjouissante. La plume alerte de la directrice de la rédaction de Boulevard Voltaire s’y déploie sans retenue, avec cette énergie propre aux femmes qui, entre deux brassées de linge et trois batailles culturelles, trouvent encore le temps de défendre une certaine idée de la civilisation.
Dès les premières pages, le ton est donné : celui d’un pamphlet joyeux, d’un récit à mi-chemin entre le journal d’une mère de famille nombreuse et la chronique politique d’une France en pleine décomposition anthropologique. Il y a du Léon Bloy dans cette manière de mordre, mais aussi du Chesterton dans cette volonté d’opposer au désespoir du monde moderne la puissance d’un rire de résistance.…












