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Larry Elder : l’Agitateur

Comment Uncle Tom est-il reçu ?

Le public est enthousiaste. Uncle Tom est noté 8,8/10 sur Imdb, mieux que les 15 documentaires nominés pour les Oscars 2021. Côté finances, le film a coûté 500 000 dollars et en a rapporté six fois plus. Un hit ! Pourtant notre film a été écarté, rejeté, ignoré – je vous laisse le choix du verbe – par l’Académie des Oscars qui s’enorgueillit d’œuvrer à l’inclusivité raciale. Hollywood étant à gauche dans son écrasante majorité, le fait que je sois un Noir conservateur n’aide pas. Le film a été boudé par la presse professionnelle et généraliste. Variety, The Hollywood Reporter, le New York Times, le Los Angeles Times, le Washington Post: aucun de ces journaux n’en a parlé.

Les relations inter-raciales se sont dégradées sous la présidence Obama. Pourquoi ?

C’est sous George W. Bush que les relations entre les communautés étaient les plus apaisées. Après quoi la situation n’a cessé de se dégrader, notamment à partir de 2014. La mort de Michael Brown (Ferguson, Missouri) a suscité des émeutes alors même que le policier qui a tiré n’était pas en faute. À chaque nouvel incident, les violences se sont accrues. Obama, qui avait promis d’unir le pays, n’a fait que souffler sur les braises et aggraver les tensions raciales. Dans un sondage de juillet 2016, dernière année de son mandat, 63 % des personnes interrogées qualifient les relations interraciales de mauvaises. Obama a embrassé le mouvement Black Lives Mater et invité plus de soixante-dix fois à la Maison Blanche l’incendiaire Al Sharpton [Ndlr, militant des droits civiques, fondateur du National Action Network].

Lire aussi : Uncle Tom : Liste noire

Quels sont les principes du conservatisme noir ?

Dieu, la foi, le travail, l’amour de l’Amérique et des Américains. Les conservateurs ne tiennent pas les autres pour responsables d’actes qu’ils n’ont pas commis, ils s’opposent donc à l’idée de réparations qui consisterait à prendre de l’argent à ceux qui n’ont jamais possédé d’esclaves pour le verser à ceux qui n’ont jamais été esclaves. Les Noirs conservateurs ne se considèrent pas comme des victimes. Personne ne nie l’existence du racisme. La seule question qui vaille : le racisme aujourd’hui empêche-t-il quiconque, qui travaille dur et croit en lui, de réussir ?

L’électorat noir républicain a-t-il crû depuis 2008, année de l’élection d’Obama ?

Il est marginal mais les chiffres augmentent. En 2008, 4 % des Noirs ont voté pour le Parti républicain. Ils étaient 6 % en 2012, 8 % en 2016, 10 % en 2020. Leur principale motivation est économique. La pauvreté parmi les Noirs n’a fait qu’augmenter sous Obama. Je crois aussi que la boutade de Trump « Qu’avez-vous à perdre ? » a fait son effet. [Ndlr: en meeting de campagne en 2016, Donald Trump s’adresse aux Noirs: « Qu’avez-vous à perdre, essayez autre chose, essayez Trump. Vous êtes pauvres, vous n’avez pas de bonnes écoles, 58 % de vos jeunes sont au chômage, qu’avez-vous à perdre? »] Les Noirs peu qualifiés souffrent de la concurrence des immigrés clandestins; le discours de Trump sur l’immigration les a séduits. Le problème des écoles est essentiel pour la population noire urbaine. Trump a libéralisé la carte scolaire tandis que les Démocrates refusent de laisser le libre choix des écoles aux parents.

Les statistiques établissent un lien clair entre l’absence du père et la délinquance. 70 % des enfants noirs naissent dans des foyers sans père

Quels sont les principaux problèmes auxquels se confronte la communauté noire ?

Père absent. Père absent. Père absent. Les statistiques établissent un lien clair entre l’absence du père et la délinquance. 70 % des enfants noirs naissent dans des foyers sans père. En 1950, c’était 18 %. En 1965, le président Lyndon Johnson a lancé sa « guerre contre la pauvreté ». Depuis lors, le contribuable finance par milliards les programmes sociaux, et la pauvreté demeure. Du temps de l’esclavage, un enfant noir avait plus de chance de naître sous le même toit que sa mère et son père biologiques qu’aujourd’hui.

Où en est le débat sur les réparations ?

Cette histoire est ridicule. Seuls 5 % des Blancs aux États-Unis ont des ancêtres liés à l’esclavage. Parmi les 350 000 propriétaires d’esclaves en 1860, une infime minorité, peut-être 8, étaient républicains. Le Ku Klux Klan a été fondé par des Démocrates. Les Démocrates se sont opposés aux 13e ,14e et 15e amendements qui libéraient les esclaves, leur accordaient la citoyenneté et le droit de vote. Quant au Civil Rights Act de 1964, davantage de Républicains que de Démocrates ont voté pour. Le père jamaïcain de notre vice-présidente Kamala Harris reconnaît avoir des propriétaires d’esclaves parmi ses ancêtres. Alors qui doit payer ces réparations?

Le chômage des Noirs n’a jamais été aussi bas grâce à lui. Trump a gracié à titre posthume Jack Johnson, premier champion noir de boxe poids lourd, injustement condamné sur des fondements racistes

Donald Trump a été constamment traité de raciste. L’est-il ? 

Si oui, il s’y prend mal. Le chômage des Noirs n’a jamais été aussi bas grâce à lui. Trump a gracié à titre posthume Jack Johnson, premier champion noir de boxe poids lourd, injustement condamné sur des fondements racistes. Même Obama ne l’avait pas fait malgré la campagne menée auprès de lui pour rendre justice à ce héros. Trump a signé le First Step Act qui réduit en moyenne de 70 mois les peines injustement sévères pour crime non-violent lié à la drogue infligées à 5 000 condamnés (en majorité des hommes noirs). Trump a augmenté les budgets alloués aux collèges historiquement noirs. Il a développé des « zones d’entreprises » pour créer des emplois dans les quartiers défavorisés[...]

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Jérémy Bouhy : « Il n’y a aucune chance que cette Super League voie le jour »

Douze grands clubs européens ont annoncé hier la création d’une Super League. Quels intérêts les grands clubs ont-ils à créer une telle compétition ?

Tout ce que les économistes avaient prévu est en train de s’opérer. En clair, les deux grandes bulles spéculatives qu’étaient les droits télévisés et le prix des joueurs ont explosé en même temps avec le Covid. Ces douze clubs se retrouvent aujourd’hui surendettés avec aucun autre moyen de survie que de faire, selon la grande expression du moment, un grand reset. 

Tout le monde parle d’une victoire du football marketing sur le football populaire, mais vous nous dites donc qu’il s’agit plutôt d’une géante opération de sauvetage ?

C’est une opération de sauvetage. S’ils ne repartent pas d’une page blanche pour recréer une nouvelle bulle spéculative sur les droits TV, ils ne pourront pas poursuivre économiquement. Que les clubs appartiennent aux supporters (Real Madrid, FC Barcelone) ou à des actionnaires privés (Manchester, Chelsea, Milan AC, etc), tous sont financièrement dans le rouge.

Le politique mettra toujours un veto à ce type de projet, au nom de la sauvegarde de la dimension populaire du football. Or, en football, c’est le politique qui a le dernier mot

Les leviers de croissance ont été épuisés, les actionnaires sont déjà propriétaires de leurs stades, certains clubs déjà cotés en bourse, et puisque la crise a fait fondre leur valeur et exploser leur endettement, leur revente est quasiment impossible. La variable d’ajustement se situe donc dans les recettes TV. Ce projet global n’est donc ni plus ni moins qu’un projet de refinancement de la dette des clubs. D’ailleurs, la banque JP Morgan est partie prenante à l’opération. [...]

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Laïcité : un moyen, non une fin

D’un bout à l’autre du spectre politique, ne se passe pas un jour ou presque sans que la laïcité ne soit brandie comme un étendard ou un repoussoir, selon la sensibilité.

A gauche, à l’exception notable d’une poignée d’irréductibles proches de Manuel Valls et du Printemps républicain, la laïcité est brocardée en survivance du néocolonialisme français et blanc. A droite, les ténors, de Xavier Bertrand à Marine Le Pen, ont adopté la définition traditionnelle de la laïcité. C’est-à-dire, outre la séparation des cultes et de l’Etat, la séparation entre espace public, neutre, et espace privé, libre d’être confessionnel. Cependant, la loi de 1905, qui, rappelons-le, ne fait figurer le terme de laïcité à aucun endroit du texte législatif, est souvent mis en avant comme un « idéal d’émancipation ». Ce qui correspond en effet à la volonté de ses inspirateurs, radicaux-socialistes et libres penseurs.

Certains voudraient faire de la laïcité un athéisme d’Etat, à l’instar de l’Albanie communiste d’Enver Hoxha, « premier Etat athée au monde »

C’est là que le bât blesse. La laïcité n’est pas une fin en soi. Elle est un mode d’organisation de la société, qui permet, par la neutralité confessionnelle de l’Etat et la séparation stricte entre le politique et le cultuel, la paix et la concorde civile, en évitant les guerres de religions. En outre, si l’Etat a légitimement un droit de regard sur la pratique des cultes, via les articles de la loi de 1905 relatifs à la police de ceux-ci, il ne s’ingère pas dans leur fonctionnement interne. La liberté de culte est donc légalement garantie. Certains voudraient faire de la laïcité un athéisme d’Etat, à l’instar de l’Albanie communiste d’Enver Hoxha, « premier Etat athée au monde ».

Ce n’est pas l’objet de la loi de 1905. Car si ses pères-fondateurs voulaient séculariser l’espace public, jamais, ô grand jamais, il n’a été question d’interdire purement et simplement l’exercice du culte. De même, la distinction entre cultuel et culturel est fondamentale. Si l’Etat est neutre cultuellement, il ne l’est pas culturellement. Le Général De Gaulle expliquait cette nuance par une formule lapidaire : « La République est laïque, la France est chrétienne ».

Lire aussi : Sondage sur les lycéens et le religieux : acte de fin pour la laïcité à la française ?

N’est-ce pas d’ailleurs la République qui institua la « fête de Jeanne d’Arc et du patriotisme », « Sainte de la Patrie », comme fête nationale en 1920 ? N’est-ce pas le très laïque Clemenceau qui, s’il refusa d’assister au Te Deum d’action de grâce à Notre-Dame de Paris le 11 novembre 1918, déclama le même jour à la Chambre des Député un discours magnifique sur la France « hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, toujours soldat de l’idéal » ?

Pendant quasiment un siècle, entre 1918, après la fin des tensions avec les catholiques suite à la promulgation de la loi de 1905, aux inventaires, et à l’expulsion des congrégations, et 1990, avec l’affaire du voile de Creil, la France a connu une longue période sans tensions religieuses. La loi de 1905 est donc une réussite, et est d’ailleurs plébiscitée, à raison, par les Français.

La République est laïque parce que la France est chrétienne

Nous savons ce qui crée aujourd’hui de nouvelles crises, ferments d’une nouvelle guerre de religions. C’est la présence, inédite, de l’islam sur le sol français. A cet égard, la question du culturel doit donc se poser. Et notre culture est, quoi qu’en disent certains amnésiques, massivement imprégnée de christianisme, et plus singulièrement de catholicisme. La phrase de Charles De Gaulle précédemment citée mériterai donc une légère modification. Proposition : La République est laïque parce que la France est chrétienne [...]

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Lettre à la mère de la petite Mia

De son prénom Lola, la « maman de Mia » - comme on dit de nos jours – a dérivé mentalement au fil des ans. Une visite sur son compte Facebook, ouvert au public, suffira à s’en convaincre. Le 19 avril 2020, elle diffusait ainsi le post d’un homme faisant référence aux Beatles, vus comme « sataniques », qui écrivait fautes incluses, que « les musiques occultes n’ont pas commencé avec Rihanna, Lady Gaga, Imagine dragon… Mais elles ont toujours existé afin d’entraîné l’humanité à chanter à la gloire de Satan ». Le commentaire qu’en faisait Lola était éloquent : « Tous les artistes qui sont très connus ont tous pactisé avec le diable… L’industrie de la musique est corrompue ». Semble-t-il déjà gagnée au conspirationnisme le plus grossier, cette jeune femme n’attendait que d’être cueillie par l’air du temps pandémique, propice à l’égarement des esprits.

Il faut bien admettre que certains mots écrits par la susnommée Lola résonnent d’une brûlante et cruelle actualité, ainsi quand elle se confie sur les vicissitudes de notre post-modernité commune : « Depuis que je me suis réveillé, le fameux 'éveil', c’est dur … digérer tout ce que j’ai appris, ce que la télé et les politique nous cachent, tout ces mensonges, c’est pas facile, surtout les trucs monstrueux… J’ai voulu me battre pour nous défendre, je suis tombé malade. Toute cette vie n’est qu’une mascarade, une pièce de théâtre. J’avais confiance en ce système, je ne l’ai plus du tout cette confiance (sic) ».[...]

Épidémie : De la science avant toute chose

Au début de l’épidémie, il y a désormais un peu plus d’un an, quand j’admirais encore Raoult, parce qu’il me disait ce que j’avais envie d’entendre et qu’il s’attachait à correspondre à la figure du héros telle que nous autres, à droite, la fantasmons, je projetais d’écrire un article qui aurait vanté la revanche du littéraire sur le scientifique, le savoir humaniste contre la raison calculante, Hippocrate contre les robots.

Nul en science, je devinais bien qu’il n’était pas impossible que je me trompe et que mon emballement vis-à-vis de ce microbiologiste, youtubeur en devenir, ne soit rien d’autre que le fruit de mon ignorance en la matière

Dieu merci, ma pusillanimité et une pensée de derrière me prévinrent de l’erreur que je m’apprêtais à commettre. Moi-même nul en science, je devinais bien qu’il n’était pas impossible que je me trompe et que mon emballement vis-à-vis de ce microbiologiste, youtubeur en devenir, ne soit rien d’autre que le fruit de mon ignorance en la matière. Peu après, détrompé par les sottises de plus en plus énormes que le devin de Marseille racontait, toute honte bue, sottises évidentes, y compris pour un profane, qu’il présentait comme des preuves solides et tentant de rattraper à l’arrachée mes lacunes en épistémologie, lisant ceux que le professeur Raoult citaient mais aussi ceux qui s’y opposaient, comprenant les raisons des uns et des autres, je réalisais, un peu tard, devant les faits têtus que non seulement l’épidémie s’avérait grave, mais qu’elle ne pouvait pas être appréhendée à hauteur d’individu, qu’elle était somme toute principalement « contre-intuitive », et qu’elle déjouerait toute intelligence littéraire dans la mesure où celle-ci est une intelligence narrative, procédant par intuition, qui voit tout à la fois en avant et en arrière parce qu’elle est, dans sa nature primitive, un élan plutôt qu’une scrutation.

En fait, l’épidémie imposait tout à la fois l’humilité et de penser en dehors de soi en vertu d’une objectivité à laquelle tend la science dure, sans l’atteindre. C’est-à-dire qu’il ne s’agissait pas de choisir entre la science humaniste, pétrie de littérature et de philosophie, soucieuse de soigner plutôt que de comprendre, et une science statistique, pleine de froides études – habitées néanmoins de nombreux malades – et précautionneuse à l’excès. Il s’agissait, en réalité, de cesser de faire de la littérature pour rentrer dans la science jusqu’à son épuisement, pour en mesurer les limites et s’en effrayer, ces limites qui font que ni la science ni la littérature ne suffisent à dire l’ensemble du réel. Il s’agissait encore de cesser de penser en littéraire, c’est-à-dire par archétype, en convoquant les concepts faciles de « vie nue » ou de « biopolitique » qui ne résistent pas une seconde à révéler leur insuffisance à coller à cette gestion de l’épidémie pour peu qu’on ait fait l’effort de la considérer dans toute sa singularité. Que des intellectuels réputés, par ailleurs pertinents, aient pu se livrer à de tels sophismes doit interroger sur leurs capacités à penser par temps de crise, à penser quand il faut penser, et, peut-être même, à penser tout court. [...]

EELV boit (encore) la tasse

Tempête au conseil municipal de Vincennes jeudi dernier : un vote avait lieu afin de décider de subventionner ou non un club nautique. Rien de particulièrement hilarant ne se produit au long du suffrage, jusqu’à ce que sorte de l’ombre un certain Quentin Bernier-Gravat, jeune conseiller municipal et territorial EELV. Ce dernier s’est abstenu de voter, et ce à l’étonnement de tous, en particulier du maire UDI, Charlotte Libert-Albanel, laquelle lui demande d’expliquer les raisons de sa retenue pour le moins… surprenante. Retour sur un bref dialogue de l’absurde :

La maire : « Est-ce que vous pourriez nous donner un élément d’explication pour le Yacht-Club ? »

Le jeune élu (fier et sûr de lui) : « Je pense que vous savez très bien la raison de notre vote. Nous ne subventionnons pas les sports qui émettent des polluants ». (Ici, il éteint théâtralement son micro, persuadé sans doute de faire mouche, tandis que toutes les têtes se tournent vers lui).

La maire (abasourdie) : « Des ? Des quoi ? Des polluants ? Je n’ai pas bien entendu. »

Le jeune élu : « Le Yacht Club.. C’est des bateaux ! » (Rires discrets de l’assemblée).

La maire : « A voile ! »

(À ce moment de l’intrigue, on ne saisit plus très bien la cohérence des propos. Le jeune élu semble essayer de se sortir de la situation dans laquelle il se trouve en consultant ses écrans : il a devant lui un ordinateur portable, une table, et son smartphone, ce qui au passage n’est guère écologique. Le providentiel « deus ex machina » ne venant pas, sa réplique porte vaguement sur une histoire de convention avec un port en Irlande.)

La maire (qui n’a pas l’air d’apprécier du tout la plaisanterie) : « C’est de la voile, ça avance avec le vent un bateau. On est à peu près sur le même niveau de polémique que les aviateurs quoi ! »

Certes, tout le monde ne peut pas être au courant qu’un bateau à voile avance grâce au vent et non à l’énergie nucléaire. Néanmoins, l’affaire a beaucoup fait réagir, notamment sur Twitter où l’on peut lire des internautes moqueurs : « Quentin Bernier-Gravat, l’une des lumières qui éclairent l’idéologie EELV, des écolos islamistes, s’est surpassé, refusant le financement d’un club de bateaux à voile. S’il s’agissait de voile islamique, il aurait voté à deux mains ». Cécile Duflot devait, elle, être dans tous ses états et commentait sur Twitter « Si on veut y arriver (…) il faudra être organisé, radical, pro, sérieux, engagé et efficace (…) mais là certains n’ont plus aucune dignité[...]».

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Manifestations au Pakistan : le soulèvement anti-France

Appel au rapatriement provisoire

Dimanche dernier, des mouvements agressifs ont été orchestrés dans les rues à travers tout le pays, par le groupe Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP). Il s’agit d’une organisation islamiste radicale créée il y a une demi-douzaine d’années, et dont une des principales revendications n’est autre que la peine de mort en cas de blasphème. À plusieurs reprises, le parti qui entend faire respecter la charia par toutes les frontières a eu l’occasion de faire parler de lui, en délivrant plusieurs messages radicaux et autres appels à la haine. Il avait fortement œuvré pour la mise à mort d’Assia Bibi, mais également à celle du juge qui l’avait acquittée. Le mouvement avait tenté en 2018 de participer aux législatives pakistanaises.

En raison des menaces sérieuses qui pèsent sur les intérêts français au Pakistan, il est recommandé aux ressortissants français et aux entreprises françaises de quitter provisoirement le pays 

L’ambassade de France a dû inciter ce jeudi les expatriés Français à rejoindre l’hexagone, suite à ces manifestations violentes au sein des grandes villes du pays, notamment Lahore, Karachi, et Islambad la capitale. Voici les termes employés par la diplomatie française au Pakistan, dans un mail adressé personnellement aux résidents français : « En raison des menaces sérieuses qui pèsent sur les intérêts français au Pakistan, il est recommandé aux ressortissants français et aux entreprises françaises de quitter provisoirement le pays ».

Le gouvernement pakistanais à cheval

Ces manifestations qui ont soulevé des milliers de manifestants dans les rues pakistanaises, ont fait deux morts parmi les forces de l’ordre pakistanaises. Les militants TLP en déclarent trois autres dans leur camp, bien que cela n’ait pas été confirmé par la police. Le journal Atalayar annonce pas moins de 340 blessés dans la région du Punja.

Mais ces effusions brutales ne sont malheureusement pas le fruit d’un réveil soudain de la haine anti-France. Depuis plusieurs mois, les tensions se font largement sentir à l’égard des Français, qui semblent tantôt être réprimées, tantôt attisées par le gouvernement. Le week-end dernier, la police a énergiquement tenté de mettre fin à la colère qui se déchaînait dans les rues. Le ministre de l’Intérieur Sheikh Rashid a également exprimé son souhait d’en finir avec TLP en saisissant la cour suprême écrit Le Monde. Le Premier ministre aurait appuyé cette décision, afin de « protéger la population », et ce au titre de la loi contre le terrorisme.

Lire aussi : Pakistan et Turquie : Les réseaux de l’islamisme en France

Paradoxalement, une partie des dirigeants de la république islamique pakistanaise encourage le peuple à nourrir une hostilité grandissante à l’égard de la France. En témoigne ce tweet godwinien de la ministre des droits de l’Homme Shireen Mazari : « Macron fait aux musulmans ce que les nazis infligeaient aux Juifs », ajoutant ensuite : « les enfants musulmans devront avoir un numéro d’identification, comme les Juifs étaient forcés à porter l’étoile jaune sur leurs vêtements pour être identifiés ». Des propos émis en réaction à la prise de parole du président français, alors qu’il défendait la liberté d’expression lors d’un hommage à Samuel Patty. Le pays pakistanais s’était alors amassé devant l’ambassade Française, dénonçant Charlie Hebdo, tandis que le Premier ministre twittait, que Macron n’avait pas joué la carte de l’apaisement mais plutôt contribué à une « marginalisation supplémentaire qui conduise inévitablement à la radicalisation[...]».

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Pour l’amour du gin

La renaissance commence par les chiffres. Il existe plus de 6 000 marques de gin dans le monde dont 500 en Angleterre. Cette multitude surgit dans les années 2000. En Oregon et en Californie, des indépendants se lancent dans la production de gin. Contrairement à d’autres spiritueux comme le whisky (trois ans de vieillissement minimum en fûts pour obtenir l’appellation), le gin, une fois produit, est rapidement rémunérateur. Ces entrepreneurs américains du gin se libèrent des recettes traditionnelles à base de baies de genièvre et ajoutent à l’alcool neutre d’autres aromates comme l’amande, le fenouil, le réglisse, l’anis, le cassis et les zestes d’orange. C’est la naissance aux États-Unis des « gins kraft » (gins artisanaux) qui bousculent les grandes marques et offrent une plus grande palette aromatique. Chaque année, la consommation mondiale de gin augmente de 10 %, une croissance tirée par la Grande-Bretagne dont la consommation augmente de 30 %. En temps de pandémie, le consommateur est désireux de nouveauté, et en quête de nouvelles saveurs, il trouve dans le gin un univers innovant et convivial.

En France, 5 millions de litres de gin sont vendus tous les ans. Un renouveau lié à une nouvelle passion pour les cocktails. Guillaume Ferroni, qui se présente comme « barman, distillateur et historien », est propriétaire de deux bars à Marseille, et collectionne les ouvrages anciens sur les spiritueux : « Le cocktail a connu trois époques. L’âge d’or aux États-Unis entre 1850 et 1920, quand le cocktail est positionné très haut de gamme. Il prend la place du vin à table, on le consomme durant les repas et les barmen sont l’équivalent des grands chefs cuisiniers ». C’est l’époque du Dry Martini (gin et vermouth), du Gimlet (gin et citron vert) ou du Tom Collins (gin, citron jaune et sirop de sucre). Des breuvages que l’on déguste dans les bars à cocktails, lieux élitistes qui s’opposent aux bars populaires, les saloons. [...]

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