
Un philosophe aussi influent que Maritain a contribué à développer une logique personnaliste récusant toute primauté accordée au politique. Pour contrer le fanatisme des religions séculières ou le cynisme du machiavélisme, Maritain et Mounier à sa suite, ont cherché à promouvoir une politique humaniste. La pierre angulaire en est le respect absolu de la dignité de la personne. Devant l’alternative entre personne et société, l’humaniste choisira toujours de privilégier la personne quelqu’en soit le coût politique. La référence à Antigone devient alors le modèle d’une transcendance de l’esprit sur la pesanteur des impératifs politiques.
Il est à craindre que le problème ait été mal posé et que Maritain soit resté trop dépendant de la manière typiquement moderne d’opposer individu et société. A ce compte, on ne peut qu’errer entre deux extrêmes, le cynisme et l’angélisme, dialectique qui tend à se stabiliser dans les compromis voire les compromissions. Or comme le dit excellemment Charles De Koninck, personne et société ne doivent pas être «jugées pour ce qu’elles sont en elles-mêmes, mais selon ce qu’est leur perfection, c’est-à-dire ce qu’est leur bien ; c’est la seule manière dont Aristote et saint Thomas aient traité ce problème.…








