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Renaud Camus : « Jamais les races n’ont pesé d’un tel poids sur la marche du monde »

Que signifie le mot race pour vous ?

Rien, justement, ou bien tout. C’est une de mes convictions les plus arrêtées : que plus les choses et les concepts sont, moins il est possible de les définir, moins leur définition est juste, plus il faut pour les cerner de définitions rivales, concurrentes et parfois contradictoires, toujours incomplètes et approximatives. Race est un des plus vieux mots, et des plus beaux, et des plus sémantiquement complexes, de notre langue, de notre littérature et notamment de notre poésie, où il est partout. [...]

Racisation » et racialisme : les rejetons de la French theory

Paradoxalement, c’est aux États-Unis que la french theory essaime le plus au cours des décennies suivantes, générant des mouvements soucieux de déconstruire l’ensemble des valeurs qui régissaient depuis trop longtemps la société occidentale blanche, réactionnaire et patriarcale. Trente ans plus tard, au début des années 2000, la french theory fait son retour en France à travers les gender studies ou les postcolonial studies, qu’une nouvelle génération découvre à travers les écrits de Judith Butler, Edward Said ou Donna Haraway. Les postcolonial studies connaissent depuis le début des années 2000 une vogue certaine dans les départements de sciences sociales.

Elles postulent que la France, nation « post » et « néo-coloniale », a imposé un statut inférieur aux populations colonisées, statut perpétué aujourd’hui dans un pays devenu multi-ethnique

Elles postulent que la France, nation « post » et « néo-coloniale », a imposé un statut inférieur aux populations colonisées, statut perpétué aujourd’hui dans un pays devenu multi-ethnique. Ainsi a pu émerger le concept de « racisation », assignant à certaines catégories de la population des représentations qui prouvent leur infériorisation. Le concept est développé par la sociologue Colette Guillaumin, dans son ouvrage L’idéologie raciste, publié en 1972, mais son usage politique et militant se répand largement à partir des années 2000, dans le champ universitaire et les mouvances militantes. [...]

L’IncoDico – le mot du mois : Sah
« Sah »? Un mot étrange qui ponctue à peu près toutes les conversations de « jeunes » et de jeunes. Mais que peut donc signifier ce « sah » prononcé en feulant comme un chat qui aurait attrapé la ruque ? D’évidence, « sah » n’est pas notre bon vieux pronom indéfini « ça », quoique certains ne maîtrisant pas les subtilités de l’arabe vulgaire puissent l’employer comme un synonyme. Équivalent de « correct » dans notre langue, l’usage du « sah » dans l’argot des cités a un peu dévié. Il est plutôt employé comme substitut d’une autre expression en vogue": « en vrai ». [...]
Le Code Noir
Je suis tombé par terre, c’est la faute à… Colbert ! Pauvre Colbert, affublé de tous les maux et dont le procès résonne près de 340 ans après sa mort. Y a-t-il prescription ? Ce n’est pas l’avis de la LDNA (Ligue de défense noire africaine) et de son président Egountchi Behanzin (Sylvain Afoua de son vrai nom). À travers un vocabulaire châtié et une dialectique des plus rigoureuses, il n’a pas hésité à vociférer : « À l’Assemblée nationale, il y a la statue de ce gros fils de… qui a écrit le Code noir, qui a dit que les noirs n’étaient pas des êtres humains » lors d’une manifestation à Paris le 6 juin. Ici débute la seconde descente aux enfers du cher Colbert. En 2017, Dimitri Casali s’était déjà offusqué de la volonté du CRAN (le Conseil représentatif des associations noires) de faire rebaptiser rues et écoles portant le nom du ministre. [...]
Les zéros sociaux : calvitie boules à 2.0
Sorcières, féministes et autres lesbiennes « vénères » ont fait des réseaux sociaux leur terrain de chasse favori. Adeptes de la « cancel culture » trouvant la science irrationnelle mais les cérémonies de pleine lune pour célébrer Gaïa très utiles, elles multiplient les anathèmes contre ces maudits hommes blancs et leurs alliés. Alors que certaines se demandent comment le Français moyen fait pour se passer d’échanger avec des fantômes – lesquels doivent se retourner dans leurs tombes en voyant débarquer ces harpies à cheveux décolorés, les autres se contentent de ricaner. [...]
Interdiction de la chasse : des chimères pour un paradis

L’argumentaire des « anti-chasse » se fonde souvent sur une vision irénique de la nature sauvage dont ils ignorent pratiquement tout ou nient obstinément les traits essentiels. Ils n’en retiennent qu’une vague poésie biblique où « le lion marche aux côtés de l’agneau ». Le problème, c’est que ce qui est annoncé au paradis ne vaut pas, par définition, dans ce bas monde.

De la nécessité de réguler la population sauvage

Avec un taux de reproduction de l’ordre de 100% par an, les gros herbivores (cerfs, chevreuils, sangliers) deviendraient totalement ingérables au bout d’à peine dix ans sans chasse. Il faudrait alors craindre des destructions de culture, des destructions de forêts par surpâturage, des attaques, des envahissements de centre-villes, des accidents de la circulation, etc. Les anti-chasse répondront qu’un herbivore n’attaque pas l’homme. C’est faux : il attaque parfois, quand il est surpris ou se sent menacé. Or le sanglier est plus intelligent qu’un électeur EELV : il sait que nous sommes carnivores et il se sentira donc très facilement menacé par notre présence, surtout quand ils débarquent chez nous et qu’on veut les chasser.…

James Lindsay : parlez-vous le Wokish ?

Pour ce faire, il a lancé un nouveau site : New Discourses (Nouveaux Discours). Ce site propose d’une part un magazine en ligne qui analyse sans relâche les ressorts de l’extrémisme progressiste, d’autre part une Encyclopédie de la Justice Sociale, soit un dictionnaire en bonne et due forme qui traduit la terminologie woke (le wokish) en langage courant. Les expressions justice climatique, appropriation culturelle, violence épistémique, préjugés inconscients, oppression intériorisée, microagressions, endurance raciale, etc. ne tombent pas du ciel, ils servent un projet politique et idéologique. Explications.

Pourquoi rédiger une Encyclopédie de la Justice Sociale ? Le vocabulaire est-il l’arme la plus redoutable du progressisme ?

La subversion du langage est au cœur du mode opératoire de la Théorie Critique de la Justice Sociale (TCJS). Ils corrompent le langage en donnant aux mots des sens inédits et hermétiques tout en leur conservant leur caractère accusatoire. Ils imposent ces nouvelles définitions du haut de leur magistère universitaire. Tout contradicteur est forcément illégitime et inculte. « Vous ignorez la définition exacte du racisme ; écoutez ceux qui savent », vous rétorque-t-on, en substance. Il devenait nécessaire d’exposer au grand jour les textes universitaires qui inspirent cette TCJS. C’est un projet que je mitonne depuis début 2019. J’ai mis un an à trouver la bonne formule : pour être entendu, il faut montrer, et non pas seulement dire aux gens, la façon dont procèdent ces théoriciens.

Pour chaque mot, vous donnez deux définitions…

Je donne la définition selon la TCJS, extraite textode leur littérature, rapportée fidèlement en indiquant les sources. Puis « le commentaire de New Discourses » explique l’extrait choisi, dans une langue plus accessible. Mon objectif est de fournir les clés de cette idéologie, en offrant une approche de l’intérieur accompagnée d’une analyse neutre. C’est un gros travail d’autant que la matière première ne cesse de croître vu qu’ils inventent sans arrêt de nouveaux mots. Je prévois en tout 500 à 600 entrées, toutes ne sont pas encore complétées, je pense terminer fin 2021. [...]

L’esclavage en France : de la réglementation à l’abolition
« Il n’y a ni hommes ni femmes, ni Juifs ni Grecs, ni hommes libres ni esclaves, vous êtes tous un en Jésus-Christ », affirme l’apôtre Paul dans son épître aux Galates. À l’orée du Moyen-Âge, cette révolution chrétienne commence à porter des fruits dans le royaume de France et le lent travail d’adoucissement des mœurs entrepris par le christianisme transforme la condition de l’esclave antique en celle du serf reconnu comme une personne humaine à part entière, même s’il ne peut se marier sans l’autorisation de son maître. [...]

L’Incorrect

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