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Dr Raoult et mr médias
C’est sans conteste un des grands gagnants médiatiques de la crise épidémique qui nous frappe. En l’espace de quelques semaines, voire même de quelques jours, Didier Raoult est parvenu à passer du statut de scientifique de renom, donc confidentiel, à celui de star médiatique qui déchire la France en deux, dans une espèce de remake médical des Gilets jaunes. L’outsider, grand scientifique comme il s’en vante lui-même, marseillais pragmatique et médecin avant tout, opposé à la France d’en haut, parisienne, technocratique et empêtrée dans une incompétence qu’elle dissimule à grand renfort de protocoles, et autres considérations théoriques largement insuffisantes en ces « temps de guerre », histoire de le dire à la façon ridicule de Macron ; image que Raoult a d’ailleurs reprise à son compte en se réclamant, pour sa part, du Maréchal Foch. On sent que l’humilité n’est pas le principal atout des deux hommes, d’où leur rencontre le mois dernier, finalement pas si incongrue que cela puisqu’elle révèle des parcours sensiblement identiques, les deux étant perçus par leur séides respectifs comme ce qu’ils ne sont pas : des hussards indépendants alors qu’ils sont tous les deux des hommes de réseaux, et des communicants roués peu enclins au doute. [...]
Jérôme Rivière : « La famille n’est plus le lieu où nos aînés finissent leur vie »
« Nous sommes en guerre ». Cette phrase présidentielle, répétée à l’envie avec une emphase frisant le ridicule, couvre néanmoins une réalité nouvelle pour notre époque et deux ou trois générations qui, depuis la fin de la guerre d’Algérie n’ont pas connu l’adversité. Depuis les années 70, l’humanité, spécialement l’Europe et la France ont renoué avec le mythe du progrès apparu au XIXe siècle, avec comme horizon indépassable une science prête à tout pour éviter la grande inconnue de la mort. L’espérance de vie est passée de 70 à 90 ans en moins de 50 ans. Le tissu social, fondé sur la famille, s’est délité avec l’effondrement de celle-ci, sous les coups de boutoirs de l’idéologie soixante-huitarde, terriblement efficace. La famille n’est plus le lieu où nos aînés finissent leur vie. Les EPHAD l’ont remplacé, funeste sigle et symbole d’une société qui ne veut plus voir que la mort fait partie de la vie, et qu’il faut l’accepter. Nous avons choisi de détourner les yeux, de croire exclusivement nos désirs égoïstes, de répondre aux caprices individuels, c’est ce que prétend faire le transhumanisme. La GPA et la « PMA pour toutes » en sont des exemples parlants.
Guillaume Lapaque : Jean Carmet contre les robots
Guillaume Lapaque, caviste à l’enseigne de « La Dive bouteille », préside depuis février l’Union commerciale de Bourgueil (Indre-et-Loire), cité viticole de 4 000 habitants. Il fut candidat centriste à la mairie de Tours en 2008. Le 25 avril, Jean Carmet, originaire de Bourgueil et inoubliable interprète de La Soupe aux choux, aurait eu 100 ans. La commémoration que vous organisiez a dû être annulée. Un crève-cœur pour vous on l’imagine ? Oui, mais Jean, « Jeannot les petits bras » comme l’appelait son ami Gérard Depardieu, on le fête tous les jours, et on aura d’autres occasions! Le vrai crève-cœur, c’est que j’avais prévu de fleurir la tombe de ses parents au cimetière de Bourgueil. Mais des technocrates abrutis ont fait fermer ce cimetière dans lequel on ne croise pourtant jamais personne ! Ne le dites pas à la gendarmerie locale ni aux associations véganes, mais j’ai organisé un rendez-vous interdit chez un charcutier du coin: autour de la fabrication du fromage de tête, spécialité charcutière préférée de Jean Carmet, on prépare un hommage clandestin! Les conséquences policières du coronavirus frappent ces grands solitaires que sont les pêcheurs à la ligne ou les cueilleurs de champignons, sans oublier les jardiniers retraités dont le jardin n’est pas contigu à la maison. La réponse pénale du gouvernement est-elle un complot contre les usagers de la nature ? C’est un délire qui n’est même plus descriptible ! À Bourgueil a habité un autre grand nom de mon imaginaire français: Pierre Desproges. Il se serait bien marré de cete époque incongrue ! Le weekend dernier, la préfète a déployé des dizaines de véhicules de gendarmerie, et même de l’Office français de la biodiversité. L’OFB, je ne savais même pas que ça existait! Ils avaient même un hélicoptère pour traquer les dangereux délinquants qui se promènent sur les bords de la Loire… Après des heures de recherches, ils ont attrapé trois péquins qui lambinaient au bord du fleuve royal. Avec leur hélicoptère, j’aurais préféré qu’ils aillent nous chercher des masques ou des tests. Paradoxalement, alors que les citadins redécouvrent les joies de la vie à la campagne, l’onde de choc économique du coronavirus ne risque-t-elle pas de marginaliser encore plus la France périphérique ? Quel remède faut-il y appliquer d’urgence pour limiter la casse ? Quand vous parlez de « France périphérique », vous voulez parler de celle qui est à l’intérieur du périphérique et qui ne comprend plus rien à rien ? Ma France à moi, c’est la vraie. Celle où sont nés Vercingétorix, Jeanne d’Arc, Henri IV, de Gaulle et Jean Carmet. Une France où on sait manger avec les doigts. Si cette France-là venait à tomber, je ne donne pas cher du ridicule parc d’attractions que vous appelez « région parisienne ». C’est ma France qui tient le pays ! Et si Paris n’envoie pas rapidement les taxis de la Marne, Paris tombera ! [...] Suite à luire dans le dernier L'Incorrect (numéro 31) et en ligne pour les abonnés.
Théorie du grain de sable
Le devenir machine de l’homme était bien avancé, le plan presque parfait. C’était oublier qu’un jour ou l’autre tout rouage se grippe.
La terre est plate
Le 22 février, Mike Hughes, 64 ans, mourait dans le crash de sa fusée artisanale bricolée dans son garage. Mike en était persuadé : notre planète est plate. Plus précisément, elle aurait la forme d’un frisbee. Cascadeur, astronaute amateur, chauffeur de limousine, il figure au Guinness pour un saut de 31 mètres avec un modèle Lincoln Town Car Extralongue, Mike Hugues avait deux enfants et vivait à Apple Valley dans le comté de San Bernardino. Au bord de la fameuse route 66, Californie. Il faisait partie de ces personnes persuadées que « l’on nous ment » sur beaucoup de sujets, en particulier à propos de la sphéricité de la Terre. Partir dans l’espace, Mike Hugues s’y est essayé à plusieurs reprises. En commençant par des entraînements. Ainsi, en 2018, il s’est propulsé au-dessus du désert du Mojave dans une fusée fonctionnant à la vapeur, et assurait avoir déjà volé sur 400 mètres dans une autre fusée, avant de, malheureusement, se blesser à l’atterrissage. Dans le Mojave, Mike a atteint 600 mètres d’altitude, trop peu pour apporter la preuve recherchée : démontrer que la Terre est un disque et non pas un globe. Il savait très bien que 600 mètres ne permettraient pas d’apporter cette preuve, ce qu’il voulait c’était progresser jusqu’au moment où il parviendrait assez haut, 1 500 mètres, pour prouver le mensonge de la Terre ronde. Il en est mort. Du plat, de la glace et un autre monde ? Ce sont les « platistes », pour nous, les « flatistes » aux États-Unis. On les estime parfois à 12 millions d’individus outre-Atlantique. Seuls 500 se sont cependant inscrits au premier Congrès international platiste à Raleigh, Caroline du Nord, en 2017. Peut-être à cause du [...] Suite à lire dans le dernier L'Incorrect (n°31) et en ligne pour les abonnés.
Pour une disruption conservatrice
Il ne restera rien du monde promis par Emmanuel Macron et ses séides progressistes. Rien sinon des mots dont le sens se retourne contre leur projet même. Peut-être le faux sera-t-il, pour une fois, un moment du vrai ? Disruption: Rupture. Fracture » (Litré, 1874) ; « disruptif: qui sert à rompre, atesté depuis le XVIe». Comme celui de « résilience », ces deux termes font partie du vocabulaire obligé de ceux qui nous préparent « le monde d’après ». Ainsi en est-il du publicitaire Jean-Marie Dru, selon lequel « il nous faudra des milliers d’idées disruptives pour réparer (sic) le monde ». Dans un entretien donné au Point, au style empruntant aux publicitaires de Lauzier et à Paulo Coelho, citant Gandhi (« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde »), que veut dire l’auto-proclamé pape français de la disruption ? Que la crise nous imposera de sortir des sentiers batus et qu’il nous faudra « être résolument inventifs, créatifs, disruptifs ». Diable. Et quelle, ou plutôt quelles disruptions ? [...] Suite à lire dans le dernier L'Incorrect (n°31) et en ligne pour les abonnés.

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