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Le bourdon de Notre-Dame
Il est né en 1686. Il a pour parrain Louis XIV. Il pèse 13 tonnes. Il est la plus grosse cloche après celle du Sacré-Coeur. Il est en fa dièse. Il a la plus belle sonnerie qui soit au monde. Pour préserver sa pérennité, il faut ménager ses sonneries à la volée. Il résonne donc pour les grandes fêtes religieuses et les grands événements nationaux. Pour Pâques (Ah ! quand, dans la nuit, on l’entend, avant le Gloria, et que la lumière se fait pour annoncer la Résurrection !) et pour la Pentecôte. Il sonne pour les Te Deum, pour la visite d’un Pape ; pour la fin des conflits de la Grande guerre, et pour la Libération. Il a résonné pour la chute du mur de Berlin et l’enterrement du gendarme Beltrame. Pour l’enterrement de Jacques Chirac (sa première sonnerie après l’incendie). Il se trouve dans la tour Sud de Notre-Dame, sauvée, comme la tour Nord. Le nom « bourdon » veut dire, en musique : « grosse cloche au son grave et plein ». Dans le Génie du Christianisme, Chateaubriand consacre un chapitre aux cloches, à leur pouvoir merveilleux de rassembler le peuple en « forçant les vents et les nuages à se charger des pensées des hommes. » Et l’écrivain de distinguer les cloches des villes et les cloches des champs, le glas de la mort qui fait frémir et peut ébranler l’athée. Il y a les cloches des hameaux qui réveillent les « fantômes dans la vieille chapelle de la forêt » ou qui, comme l’alouette - « l’ange des moissons » - réveillent le laboureur. Il y a les carillons des fêtes et les cloches des calamités. Il y a le tocsin qui résonne dans la pièce tandis que le son de l’horloge frappe tranquillement l’heure écoulée. On n’entend plus guère, dans nos villes, le son des cloches unissant terre et ciel.
Pierre Vermeren : « L’islam de France est l’objet d’une âpre bataille d’influence » 2/2
Vous expliquez qu’au sortir de la guerre d’Algérie, l’appareil d’État français congédie sa longue histoire coloniale, les administrations coloniales sont démantelées, des fonctionnaires spécialisés dans le monde arabe sont mutés ou mis en retraite, de sorte que l’État se sépare de sa compétence très poussée sur le monde musulman… Oui, l’État a délibérément perdu cette expertise longuement acquise sous la colonisation, car de Gaulle et ses hauts fonctionnaires sont persuadés en 1962 que la France n’aura plus jamais à faire avec cette histoire et ces populations. Mais l’installation en Europe de populations musulmanes qu’ils ont pourtant orchestrée, les a rattrapés. Il est vrai qu’ils la considéraient comme temporaire. Mais le regroupement familial change tout à partir de 1979. De Gaulle était déjà mort depuis longtemps, et tout le monde a feint l’ignorance jusqu’aux années 1980. Que ce soit en France ou en Afrique du nord, le lien s’est distendu avec  les populations musulmanes. C’est ce qui explique que l’on soit passé à côté des enjeux religieux de la guerre civile algérienne entre 1992 et 2002. On n’a pas vraiment compris non plus les événements du 11 septembre, qu’on a mis sur le dos des Américains alors même que la guerre en Irak a été faite à leur suite. On a effectivement décroché. La Guerre Froide avait polarisé toutes les énergies vers le monde communiste, et on a refoulé le religieux dans la sphère privée : c’est l’ensemble de la société qui est restée sur des idées anciennes. Mais l’offensive islamiste a profondément transformé l’islam maghrébin dans les années 1980-1990, à tel point que les islamistes algériens ont tenté une révolution islamiste dans leur propre pays contre le gouvernement du FLN. Nos dirigeants et nos ONG s’intéressaient au développement, à la géopolitique, en excluant le facteur religieux. Les printemps arabes n’ont pas été compris non plus. Le gouvernement français a été très surpris que les Maghrébins réclament le respect de valeurs qui sont celles des démocraties d’Europe (liberté, dignité, fin du mépris et de la corruption, élections libres…). Aussi, quand les organisations islamistes ont voulu faire main basse sur ces révolutions pour instaurer leur théocratie, cela nous a paru normal, et nos gouvernants se sont empressés de faire ami-ami avec les Frères musulmans (en Égypte, en Libye, en Tunisie, en Syrie), au grand dam des démocrates, des féministes et des libéraux de ces pays.
Pierre Vermeren : « Nos élites ont considéré l’islamisme comme une réaction sociologique à la pauvreté des banlieues » (1/2)
Vous publiez Déni français et expliquez que l’inconscient collectif politique de notre pays ne cesse de porter la marque de la guerre d’Algérie qu’il n’a pas digérée. Sous quelle forme ce déni perdure-t-il aujourd’hui ? La question algérienne est centrale, mais j’ai élargi mon propos aux relations entre la France et les pays arabes en général, la France ayant découvert le monde arabe et berbère à partir de l’Algérie. Par effet d’extension, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Liban, la Syrie, Les Comores, Djibouti (sans parler de l’Égypte au XIXe siècle), ont été précipités dans l’histoire coloniale française. Depuis les indépendances, la France a tissé un réseau de relations très particulier avec l’ensemble du « monde arabe » ainsi rebaptisé depuis la guerre. Le déni porte spécifiquement sur la relation ambiguë que nos dirigeants entretiennent avec le monde arabe, parce qu’ils éprouvent à la fois un sentiment de culpabilité -non dénué de supériorité-, le tout mêlé à des intérêts et à une dépendance croisés, qui débouchent parfois sur de la corruption. Par ailleurs, la question coloniale reste souvent un impensé, et celle de la décolonisation est l’objet de polémiques récurrentes. L’Algérie de Bouteflika l’a utilisée abondamment pour faire oublier la guerre civile des années 1990. Quant à l’islam, il est intriqué avec ce dont on vient de parler. Il y a un impensé spécifique sur la nature de l’islam, qu’on voit communément en France comme un autre christianisme par ignorance -laquelle concerne les deux religions chez nombre de nos dirigeants- ou par faiblesse coupable (voire par excès de charité chrétienne ou laïque). De plus, on oublie que l’islam en France est piloté de l’extérieur par des pays qui l’utilisent à diverses fins, et veulent surtout garder le contrôle sur leurs immigrés et les musulmans de France. Paresse intellectuelle et peur ne permettent pas de penser l’islam.
Les épidémies qui ont changé l’histoire mondiale
Première pandémie du XXIe siècle, la crise du « virus chinois » ne sera pas sans conséquences. Toutes les grandes épidémies laissent des séquelles: dans la chair des hommes et dans la chair des civilisations. On dit de « covid-19 » qu’il est une maladie de la mondialisation contemporaine. Il est certes possible que sa propagation ait été accélérée par l’ampleur des échanges humains et matériels actuels, mais il ne s’agit pas de la première maladie infectieuse à effrayer le monde. Panorama. [...] Retrouvez cet article dans le dernier numéro de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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De la division internationale du travail à la métropolisation, la fin des illusions
L’évangile du néo-libéralisme selon Alain Minc vient de s’effondrer. En deux semaines! En faisant des milliers de victimes physiques et en éradiquant le mythe de la croissance sans fin. Pire que 10 000 murs de Berlin pour le communisme. Il faudrait tout de même, par charité chrétienne, que L’Incorrect envoie une boîte de mouchoirs au siège de LREM (en ayant pris bien soin de tousser dessus comme des gorets) car c’est tout l’univers mental de la winneuse nation qui vient de se prendre le mur du réel dans le brushing. À la vitesse d’un go fast. [...] Retrouvez cet article dans le dernier numéro de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Pinochet, le putschiste de la dernière heure
Après une année de manifestations contre la présidence de Sébastien Piñera, la loi fondamentale du Chili léguée par le général mort en 2006 pourrait être remise en cause en ce mois d’avril. L’héritage du général Pinochet n’est toujours pas soldé. Retour sur la vie du dictateur avec Michel Faure qui en publie une très intéressante biographie. [...] Retrouvez cet article dans le dernier numéro de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Étrange mise à pied du directeur de Saint Jean de Passy
En plein confinement, le milieu catholique parisien se serait bien passé de cette polémique. Le 14 avril, le conseil d’administration de Saint Jean de Passy a mis à pied son directeur, François-Xavier Clément, ainsi que le préfet des terminales, Jean Ducret. La procédure utilisée est pour le moins inhabituelle : le 14 avril au matin, un huissier se pointe aux domiciles de François-Xavier Clément et Jean Ducret pour leur signifier leur mise à pied et récupérer tout ce qui les lie à l’établissement : ordinateur, badges d’accès et clés. Leur messagerie professionnelle est désactivée. François-Xavier Clément - qui a perdu son père André Clément, frère de Marcel Clément, le mois dernier - n’avait pas besoin de cela. La sanction est ensuite annoncée au conseil de direction de l’école et aux parents d’élèves sous les termes les plus sibyllins. Un communiqué signé le même jour par le président du conseil d’administration de l’établissement fait état de « l’existence de pratiques managériales dysfonctionnelles portant atteinte à la santé et à la sécurité physique et psychique des collaborateurs ».
L’Incoronavirus – Jour 30
Parce que L’Incorrect est à son corps défendant la pointe en tungstène de la Startup-nation, parce qu’un virus pangolino-communiste n’est rien à côté du lobby LGBT, des islamistes, et des mangeurs de steaks végétaux, parce que l’âme de l’Europe c’est l’esprit d’aventure, parce que si nous étions des Montaigne vous seriez La Boétie, nous vous concocterons quotidiennement une lettre : L’Incoronavirus !

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