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Mitterrand #saccageparis

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Publié le

26 mai 2021

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Les chantiers lancés par François Mitterrand sont trop nombreux pour qu’on s’attarde sur chacun ; il convient néanmoins d’en retenir quelques-uns, révélateurs de la politique culturelle du président socialiste.
immeuble

Le geste architectural le plus emblématique de ce saccage pourrait être celui doublement commis sur la voie royale. Quelques années suffirent à François Mitterrand pour massacrer (les disciples de la laideur diront investir) l’œuvre que sept siècles d’histoire et quinze rois affinèrent sur cet axe jadis connu dans le monde entier comme le meilleur goût français. À son extrémité orientale, une pyramide transparente – mais pas invisible, empêchant d’admirer le Pavillon Sully et attirant sous terre le troupeau international des visiteurs-consommateurs ; à son extrémité occidentale, une arche tout aussi inévitable, dans des matériaux inutilement luxueux (et inadaptés à la situation). Ces deux verrues sont délibérément inaugurées l’année du bicentenaire de la Révolution, évènement fondateur du saccage de la France.

Dans ce sinistre millésime est inauguré un autre monument, beaucoup plus discret mais qui mérite notre attention : dressé en plein milieu d’une allée transversale du Champ-de-Mars, le monument des Droits de l’Homme ne célèbre pas du tout l’avènement d’une égalité judiciaire, mais réunit les trois passions du souverain – l’occultisme, l’Égypte et la mort. Il s’agit d’une évocation de mastaba, mais au lieu des hiéroglyphes attendus.

Libérés de leur vocation, les bâtiments le deviennent de leurs proportions, laissant libre cours à l’orgueil du souverain

On trouve sur ses parois un attirail de symboles ésotériques comme seuls les libres penseurs aiment à en semer, pensant ainsi combler leur athéisme. Le tout flanqué de statues païennes lugubres qui semblent manœuvrer cette cabine téléphonique pour appeler les forces telluriques, à moins qu’il ne s’agisse de l’embarcadère qui a vu partir la Barque solaire exposée à Rambouillet, représentant le voyage du pharaon Mitterrand (nu et musclé) vers le royaume des morts. Les symboles ne sont pas un accessoire de ces monuments, c’est bien l’inverse : ils en décident la forme, et les monuments deviennent des symboles autonomes.

L’architecture destinée à partager l’espace pour l’homme devient alors sculpture, occupant l’espace sans l’homme comme le meilleur art totalitaire, célébrant le vide – la pyramide du Louvre, l’Arche de la Défense, le jardin de la Bibliothèque nationale sont tous interdits, aveugles, inaccessibles. Libérés de leur vocation, les bâtiments le deviennent de leurs proportions, laissant libre cours à l’orgueil du souverain.

Plutôt qu’inspirer la grandeur, Mitterrand la proclame ; on parle des Grands Travaux, du Grand Louvre, de la Grande Arche, et même de la Très Grande Bibliothèque. Complexe d’infériorité ?

Lire aussi : Le tournant de la rigueur

Grisé par un tel pouvoir, avec pour garde-fou le seul et inénarrable Jack Lang, Mitterrand se laisse aller à ses premiers instincts et retient à chaque concours le projet le plus infantile – une sphère à la Villette, un cube à La Défense, une pyramide au Louvre, un cylindre à Bastille, et des parallélépipèdes bibliomorphes pour la Bibliothèque nationale. Paris devient une gigantesque boîte à formes qui devance le musée des Arts premiers voulu par Chirac.

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