6 octobre 2019
Présente à la manifestation contre l'extension de la PMA organisée aujourd'hui par le collectif Marchons enfants, Emmanuelle Ménard, députée non inscrite, estime que le gouvernement commet l'irréparable s'il va jusqu'au bout de sa logique en légalisant la filiation d'intention. Elle en appelle à un sursaut des consciences et rappelle qu'il n'existe pas de droit à l'enfant.
Propos recueillis par Benoît Dumoulin.
Concernant le projet de loi de bioéthique, vous avez déposé un rappel au règlement, estimant que le temps de parole incombant aux non-inscrits était ridiculement court. Pourquoi ?
Richard Ferrand a fait adopter, contre l’avis de tous les groupes politiques d’opposition, un nouveau règlement intérieur qui bride encore un peu plus la liberté de parole dans l’hémicycle. Et pourtant, il refuse de l’appliquer ! En effet, les règles de fonctionnement prévoient qu’en cas de temps législatif programmé (dispositif permettant de fixer à l'avance la durée consacrée à l'examen en séance d'un texte de loi), le temps de parole global des députés non-inscrits doit être proportionnel à leur nombre. En pratique, cette règle n’est pas respectée car le groupe des communistes, composé de seize députés, a obtenu 4h25 de temps de parole alors que les non-inscrits, au nombre de 14, n’ont eu droit qu’à une heure ! J’ai protesté à plusieurs reprises, malheureusement sans succès, et surtout sans réponse, ce qui me conduit à saisir le Conseil constitutionnel de ce déni de démocratie.