
On se souvient de la magnifique et scandaleuse leçon que le vieil abbé de Torcy donne au jeune abbé d’Ambricourt dans Le Journal d’un curé de campagne : « Oui, aux pauvres. C’est à eux que le bon Dieu nous envoie d’abord, et pour leur annoncer quoi ? La pauvreté. Ils devaient attendre autre chose ! Ils attendaient la fin de leur misère, et voilà Dieu qui prend la pauvreté par la main et qui leur dit : “Reconnaissez votre Reine, jurez-lui hommage et fidélité” Quel coup ! » On s’en souvient et elle nous hante, car elle nous rappelle qu’ils existent encore des pauvres, des sans-dents, des cassos, bien qu’« invisibilisés » par les médias et déconsidérés par la fiction – ou alors réduits à la figure de l’opprimé du catéchisme socialiste, chanté des trémolos dans la voix sur des paroles des pères Hugo et Zola. Et quand on s’en soucie un peu, c’est pour lui faire comprendre à quel point ils puent et votent mal, à quel point on ne partage absolument rien avec lui, comme La Vie est un long fleuve tranquille ou Charlie Hebdo se sont amusés à nous les présenter, sans aucun salut possible.…







