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« Guérie » : miracle et bistouri

C’est l’histoire de Claudia. Une miraculée. Claudia est aussi la directrice artistique de L’Incorrect. Elle est jeune, les cheveux de Muphasa quand elle est surprise par une averse, un nom italien malgré une peau de norvégienne et une croix tatouée orne le creux entre son pouce et son index. Elle a débarqué un jour sans crier gare, dans une rédaction très masculine, sceptique à l’égard de l’Édit de Nantes, avec un rédacteur en chef culture qui serait de centre gauche sous Saint Louis. Claudia est évangélique. Elle vient de Mulhouse. L’été elle part dans les confins de l’Afrique causer de Jésus. Entre deux maquettes et Céline Dion, elle nous rappelle que Jésus l’a sauvée.

Dans Guérie : comment Jésus a sauvé ma fille publié chez Première Partie, sa mère Danièle nous raconte ce miracle. Tout commence un samedi matin : « Maman, t’as pas vu mes écouteurs ? » La banalité juste avant la catastrophe.…

Grand reportage : Nuit couleur jazz
Vous vous souvenez ? C’était en plein pendant la crise sanitaire. Le printemps bâillait aux fenêtres de toutes ses spores et de toutes ses roses trémières, et les covidés embusqués dans leurs deux-pièces se massaient sur leurs balcons pour applaudir à tout rompre… Le préfet de la Haute-Marne, un certain Pierre Pouëssel déclarait : « La bamboche, maintenant, c’est terminé », suscitant sur la toile tous les ricanements et tous les détournements dans lesquels excellent les petites mains de Twitter. Mine de rien, avec sa grosse tête épatée de vendeur de police d’assurance et ses grosses mains manucurées, le préfet Machin a tout de même mis le doigt sur quelque chose : la fin du festivisme, ce festivisme cher à Philippe Muray, et dont l’atrabilaire chroniqueur des années Mitterrand aura longuement tracé le modus operandi. Festivisme qui aura culminé en 1989 avec la célébration mortuaire de la décapitation des Rois, transformé en défilés de grognasses pomponnées sous infusion de strass jeanpaulgoudiens, et qui se sera lentement étiolé, cerné par le rétrécissement de l’arène psychosociale en vidéodrome pour retardés légers… [...]
Diane de Bourguesdon… sort la sulfateuse
Peut-on avoir une particule et défendre la France des ronds-points ?

Sus à l’aristophobie ! Je m’élève contre cette scandaleuse assignation identitaire à mon patronyme ! Plus sérieusement, je pense qu’il est possible, encore heureux, de se préoccuper du sort de la France et de tous les Français, au-delà de son petit entre-soi confortable. A fortiori quand la France va mal et qu’une majorité de Français souffre. [...]
Boualem Sansal – Pierre Vermeren : la France sous emprise algérienne
Comment qualifier la relation entre la France et l'Algérie ?

Boualem Sansal : Elle est schizophrénique. Elle relève vraiment de la pathologie. Le régime algérien se cherche, il n’arrive ni à se définir ni à fixer une façon de gouverner. C’est l’improvisation permanente. Depuis quelques années, le régime est dans un état de désorientation totale. La guerre civile les arrangeait bien car elle permettait de maîtriser, de gérer de manière militaire. Une fois la paix revenue, ils ne savent plus comment gérer. C’est la fuite en avant sur tous les plans. Quant à la France, elle ne sait plus comment se comporter avec l’Algérie. Et ce, depuis l’indépendance. Elle pensait sincèrement, une fois la guerre terminée, construire une nouvelle histoire avec l’Algérie. Mais c’est une dictature qui s’est installée ; or l’organisation et le fonctionnement d’un pays nécessitent un minimum de liberté. Vivre dans la peur et attendre les ordres empêche d’agir. J’étais haut-fonctionnaire en Algérie, mais en réalité, je vivais dans la clandestinité.
Pierre Vermeren : Je vous invite à lire Poste restante : Alger, que Boualem Sansal a publié en 2006. C'est une très belle adresse d’un écrivain à ses concitoyens, bien plus qu’à ses autorités en réalité. Il explique le cadre idéologique dans lequel fonctionne l'Algérie, et par voie de conséquence, pour répondre à votre question, la relation franco-algérienne qui est complètement déséquilibrée et pathologique. L'État algérien, c'est d'abord un discours. C'est une armée et une police bien sûr, mais c'est un discours. L’Algérie vit sur les « constantes nationales », comme Boualem Sansal l’explique, auxquelles les Algériens doivent se soumettre, ainsi que les immigrés en Europe, et au bout du compte les autorités françaises ! Un exemple : le million et demi de martyrs qu’aurait fait la guerre d’Algérie. C'est un chiffre politique, idéologique, et je le comprends très bien ; sauf que si on veut faire de l’histoire, il faut oublier l'idéologie et regarder les archives. Or pour l’essentiel, les archives en Algérie sont fermées. L’Histoire nationale en Algérie, qui est sacrée, est écrite par des instances militaires. [...]
Le mois de mai d’un mot : chinoiseries
Concomitamment au sommet Donald Trump/Xi Jinping à Pékin du 13 au 15 mai, se dénouaient, aux États-Unis, quelques affaires d’espionnage. Le 11 mai, Eileen Wang, la maire d’Arcadia, une ville de 50 000 habitants au sud de la Californie, plaidait coupable de ses activités d’agent chinois. 10 ans de prison requis. Le 13 mai, à New York, Lu Jianwang, dit Harry Lu, était accusé d’opérations de police sur le sol américain pour le compte de la Chine. Après perquisition de ses locaux situés au-dessus d’un ramen de Chinatown, le FBI découvrit que, sous couvert de renouveler les permis de conduire des gens du quartier, Lu traquait les dissidents chinois réfugiés aux États-Unis. 30 ans de prison requis. On apprit alors que la Chine pilote 100 postes de police clandestins dans 50 pays, autant d’antennes de surveillance de sa diaspora. Le 7 mai, pour la première fois de son histoire, la justice britannique jugeait deux fonctionnaires inculpés pour espionnage au profit de la Chine. Chi Leung Wai, dit Peter Wai, employé au ministère de l’Intérieur, et Chung Biu Yuen, dit Bill Yuen, cadre au Bureau commercial de Hong-Kong, tous deux bi-nationaux sino-britanniques, avaient infiltré les réseaux de Hongkongais pro-démocratie exilés au Royaume-Uni et informaient Pékin des faits et gestes de politiciens anglais. Les deux espions ont été confondus à l’issue d’un an d’enquête du service de renseignement intérieur MI5. [...]
« Magnifica Humanitas » : la doctrine sociale de l’Église 2.0

Alors que 20 000 pèlerins concluaient ce lundi leur fabuleux périple vers Chartres, le pape Léon XIV publiait Magnifica Humanitas, « Magnifique Humanité », sa toute première encyclique qu’il a voulu consacrer, comme c’était annoncé depuis le début de son pontificat, à l’intelligence artificielle.

Cette encyclique est signée du 15 mai, date du 135e anniversaire de Rerum Novarum, cette fameuse encyclique par laquelle son illustre prédécesseur Léon XIII donna l’impulsion première et décisive à la doctrine sociale de l’Église. Et c’est plus qu’un clin d’œil : avec cette première encyclique, le pape Léon XIV a indéniablement voulu marquer les esprits et se faire le pape de la doctrine sociale de l’Église 2.0.

L’Église au chevet du monde

Les deux premiers des cinq chapitres qui forment l’encyclique sont une réflexion de grande envergure sur l’essence de la doctrine sociale de l’Église, sans référence aucune à l’IA. Le pape y rappelle que si l’Église a la charge des âmes, elle chemine avec l’humanité dans la réalité concrète de l’histoire et que de ce fait, elle se soucie aussi des corps.…

Macron ou le crépuscule des propriétaires

Le 29 mai 2018, le journal Le Monde publiait une tribune signée par cinquante juristes et économistes socialistes, appelant à « subordonner juridiquement (…) la défense de la liberté d’entreprendre et de la propriété privée à la défense de l’intérêt général », intérêt général qui s’entendait notamment de la politique du logement ou de la lutte contre le réchauffement climatique.

Trois ans plus tard, la loi « Climat et résilience » interdit progressivement de louer son logement si celui-ci contribue par trop aux émissions de gaz à effet de serre, sauf à y effectuer de coûteux travaux de « rénovation énergétique ». Une note est attribuée à chaque local : G pour les pires, A pour les meilleurs. Depuis 2025, les G sont interdits, les F en 2028, et les E en 2034.

La Chine de Mao avait des fonderies d’acier dans chaque cour dans le but de « dépasser l’Angleterre en quinze ans » ; la France de Macron a des pompes à chaleur et des murs badigeonnés de polystyrène expansé pour « atteindre la neutralité carbone avant 2050 ».…

3è Printemps de la liberté d’expression de Perpignan : un lieu d’échange alternatif toujours plus plébiscité

Quel a été l’écho des précédentes éditions ?

Le bilan est très positif. Nous avons eu des retours de personnes étrangères à la région ayant des maisons autour de Perpignan, qui sont venues la première fois un peu par hasard et qui ont maintenant inscrit cet événement comme un rendez-vous régulier. J’ai rencontré des personnes, par exemple, qui viennent de Normandie avec leurs amis pour profiter de Perpignan et de la côte, et qui sont ravis de pouvoir en profiter pour rencontrer aussi des intellectuels et des écrivains qu’ils apprécient, d’avoir la possibilité de discuter avec eux, d’acheter leurs livres et de se les faire dédicacer. C’est un grand moment d’échange pour des gens qui, il faut le dire, sont pour la plupart de droite, ou du moins, ne sont pas à gauche, et qui sont friands de rencontrer des personnalités qu’ils n’ont pas la possibilité d’entendre sur France Inter ou les grands médias du gouvernement.…

L’Incorrect

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