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Nicolas Pouvreau-Monti : Immigration, champion mon frère !

Comment décrire l’immigration en France depuis 2017 ?

Le constat saillant est celui d’une décennie de tous les records : il n’y a jamais eu autant d’immigration en France que depuis 2017. Cette accélération migratoire n’a certes pas débuté avec la présidence d’Emmanuel Macron. Elle est engagée depuis la fin des années 1990 et s’est déployée à travers les mandats élyséens successifs, sans qu’aucun gouvernement ne l’ait endiguée. Mais cet emballement a pris une dimension inédite pendant ces dernières années.

Durant les mandats d’Emmanuel Macron, la France a accordé chaque année, en moyenne, 35% de titres de séjour en plus que sous François Hollande, et 55% de plus que sous Nicolas Sarkozy. Environ un million de premières demandes d’asile ont été enregistrées sur la même période. La France a ainsi accueilli l’équivalent de la deuxième ville du pays (plus peuplée que Marseille) entièrement composée de demandeurs d’asile. Le nombre de bénéficiaires de l’AME, qui sert à évaluer la dynamique de l’immigration clandestine, a augmenté de 47% depuis 2017.…

Aziliz Le Corre : La dénatalité, stade final de la modernité

Pour la première fois depuis 1945, il y a eu plus de décès que de naissances en France en 2025. Que vous inspire cette chute spectaculaire et inquiétante de la natalité ?

Je parviens d’habitude à trouver bien des raisons d’espérer. La dénatalité les emporte toutes. La quête d’enracinement, le retour aux traditions, le sursaut spirituel catholique, rien, rien ne résistera à la disparition de nos enfants. À la lumière de la chute continue des naissances, ces réveils apparaissent comme les derniers feux avant la nuit.

La natalité est le cœur d’une civilisation, la condition de sa survie et le signe de sa confiance en l’avenir. Or, nous sommes incapables de penser aux générations futures sans imaginer leur avenir plus sombre encore que notre présent. Quel que soit le bout par lequel on prend le phénomène – et les causes sont multiples –, les solutions semblent insuffisantes pour contrer un tel déclin.…

Pierre Vermeren : Gilets jaunes, l’impasse des ronds-points

Le mouvement social des Gilets jaunes a débuté le 17 novembre 2018 par l’Acte 1, un an et demi après l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Il a pris fin avec l’instauration du premier confinement pour cause de Covid-19 en France, le 17 mars 2020, soit 16 mois plus tard. Toutefois, même les fameux « Actes » – ces samedis de manifestations de plus en plus urbains – avaient peu à peu perdu leur puissance, pour se raidir autour d’un noyau dur de manifestants de l’extrême gauche institutionnelle.

Le mouvement des Gilets jaunes a constitué, par sa nature, son ampleur et sa durée, le principal mouvement social non-encadré par des partis ou des syndicats, que la France a connu depuis les révolutions du xixe siècle. À ceci près que les mouvements révolutionnaires advenus de 1789 à 1968 s’étaient principalement développés dans le foyer révolutionnaire parisien – avant que Paris ne soit vidée de sa substance populaire à la fin
 du xxè siècle.…

Éditorial d’Arthur de Watrigant : Planter quand même

Il y a quelques jours, un de mes arbres est tombé. Un tilleul immense. Majestueux. Probablement centenaire. Il est tombé sans prévenir. Pas de foudre, pas même un vent particulièrement méchant, il est simplement tombé. De l’extérieur, il était fier tout orné de sa belle écorce, de ses branches solides et de ses feuilles en pagaille. À l’intérieur, il était rongé. Pourri jusqu’au cœur. Il avait gardé suffisamment d’allure pour donner le change. Évidemment, j’ai pensé à la France. C’est le problème quand on dirige un canard : même un arbre qui tombe finit en édito.

En 2017, lorsque L’Incorrect est né, le vieux monde devait disparaître. Il fallait déconstruire, dépasser, ouvrir, fluidifier. Les frontières étaient des cicatrices, l’héritage un soupçon, et l’identité une maladie de vieux blanc. Emmanuel Macron traversait la cour du Louvre et tout un petit monde se voyait déjà marcher derrière lui vers des lendemains inclusifs.…

Le mois d’un mot : Possédés

La saison estivale a commencé avec un spectacle cuisant. Salle comble fin juin dans un cabaret off Broadway pour Luigi, la comédie musicale. Luigi n’est pas un personnage de fiction. C’est un Américain d’origine italienne, issu d’une famille aisée du Maryland, diplômé en ingénierie dans une université d’élite. Luigi Mangione, 28 ans, est si beau gosse que les filles font le pied de grue devant la prison de Brooklyn où il séjourne depuis qu’il est accusé d’avoir abattu Brian Thompson, 50 ans, père de deux garçons de 19 et 16 ans. Il était 6h45, un matin de décembre. Brian Thompson, PDG d’United Healthcare, géant américain de l’assurance santé, marchait d’un bon pas vers l’hôtel où se tiendrait l’AG du groupe, lorsqu’il reçut plusieurs balles dans le dos, tirées à bout portant.

18 mois plus tard, la comédie musicale à la gloire du tueur présumé, martyr anticapitaliste, aura séduit son fan-club.…

Christine Goguet… sort la sulfateuse

Lequel de ces « grands hommes » fut, dans sa vie, le plus petit des hommes ?

Jean-Jacques Rousseau. Parce que le contraste entre son œuvre et sa conduite personnelle est vertigineux. L’homme qui a rédigé un traité sur l’éducation et révolutionné notre regard sur l’enfance a abandonné ses cinq enfants dans un orphelinat sordide, les promettant à une mort certaine… Jean-Jacques Rousseau, c’est « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Dans votre galerie, qui est le plus grand escroc : celui qui ment aux autres ou celui qui réussit à se mentir à lui-même ?

Il y a quelques spécimens dans le livre… Même André Malraux qui ne s’est pas contenté d’arranger sa légende : il l’a composée comme un roman. Le pillage des temples khmers, les épisodes de Résistance enjolivés, les rencontres magnifiées avec les puissants : chez lui, tout devient matière à épopée et à habiter son propre mensonge.…

Carte noire pour Louis-Henri de La Rochefoucauld : Hors de l’été

Je n’ai pas toujours été radicalisé. Comme tout le monde, j’ai d’abord aimé l’été. C’était la saison des grandes vacances et du Tour de France. Les beaux paysages de nos régions, la joie simple de la caravane, les grimpeurs et les baroudeurs, une fièvre populaire qui savait se contenir ; encore aujourd’hui, c’est un de mes plaisirs de l’année. Mais quand j’y repense, je m’aperçois que ce sont les journées où le climat se déréglait qui m’ont le plus marqué. J’adorais que la pluie et le brouillard s’invitent sur la route, ajoutant à la course le frisson du danger. Ah, cette étape du Tour 1998 au cours de laquelle Marco Pantani s’était envolé au pied du Galibier dans des conditions dantesques… 

Mon ancêtre le marquis de Launay, gouverneur de la Bastille de son état, ayant été décapité le 14 juillet 1789, je suis sceptique chaque fois qu’arrive cette date de ferveur nationale.…

Grand reportage : Bienvenue à Colon-sur-Seine

Ah, l’été à Paris ! L’indolence et le doux abrutissement qui torréfient les âmes, mollusquent les chairs ! Ah les femmes alanguies, gourmées de chaleur, avec leurs gorges encore pâles que des ombrelles gardent au secret… Ah ces nymphes lestées de livres d’occasion croisées à l’écliptique des géants de la Fontaine Médicis… Ah, ces jeunes femmes presque uniquement vêtues de cordelettes et qui exposent à la cruauté d’Hélios un corps parfaitement conscient de sa dive et pleine nubilité ! Sans parler de cette créature en minishort, qui toise du haut de sa carrosserie longiligne une cour affamée de salarymen en bras de chemise, prêts à lui mordre les jarrets à la moindre éclipse, au moindre crash de la station Mir… C’est sûr, pas très inclusif, ce soleil, tout le monde n’a pas les mêmes chances dans une telle lumière de vestiaire…

39 degrés celsius… et donc ?

Vous vous souvenez, quand c’était encore permis de trouver ça agréable, la chaleur ?…

L’Incorrect

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