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Le comte de Chambord, la Droite et les enfants
Avez-vous remarqué à quel point les enfants peuvent s’entêter pour des détails qui, à nos yeux d’adultes, nous semblent insignifiants ? Par nature et par goût, l’enfant aime à tester ses limites, voir jusqu’où il peut aller sans se brûler. Il essaiera d’exercer au maximum son autorité, jouant les petits rois capricieux pour satisfaire ses désirs les plus immédiats, rageant à la moindre frustration. Un enfant renoncera souvent à un beau jouet parce qu’il n’a pas pu obtenir un noyau d’olive qui traînait à même le sol, prêt à trépigner de frustration au premier refus, puis à se rouler par terre au second. Ne dit-on d’ailleurs pas que les enfants sont de droite ? Ils croient en l’ordre, en l’autorité, à la lutte bien plus qu’au dialogue, et sont tous des modèles de conformisme. Tant de qualités qui s’évaporent lors de la phase du caprice. Car, pour son plus grand malheur, l’enfant dépend des adultes dans toutes les phases de l’existence. Du lever au coucher, le petit d’homme compte sur l’aide et l’assistance de ses aînés.
Adrien Pérez : connaître les noms des auteurs
Adrien Pérez est mort assassiné d’un coup de poignard en plein cœur, à 5h30 du matin à la sortie d’une boite de nuit de Meylan (Grenoble), tentant de sauver Thibault d’un groupe de trois agresseurs. Ce dernier a été sauvé par l’intervention d’Adrien, hospitalisé après avoir eu le poumon perforé par une arme blanche. Ce fait divers n’en est pas un : il est un symptôme de plus de l’ensauvagement de la société. Combien de jeunes sont-ils tombés pour un regard de travers ou une cigarette refusée ? Combien de filles ont été agressées parce qu’elles avaient eu le malheur de porter une jupe trop courte, ou, tout simplement, d’être trop séduisante ? L’histoire d’Adrien évoque le cruel souvenir de celle de Marin, handicapé à vie après avoir tenté de sauver un couple des griffes de ce qu’il faut bien appeler une racaille. Aujourd’hui, on peut mourir pour rien. La particularité du cas d’Adrien Pérez est que ses parents ont parlé et ont inscrit la mort de leur fils dans un contexte général.
Bouddha et Booba
Dans la torpeur du mois d’août, une rixe opposant les rappeurs Booba et Kaaris, accompagnés de leurs entourages respectifs, est venue donner la dose de spectacle quotidien dont les médias et les commentateurs se repaissent, sans quoi ils perdraient leur raison de vivre. Ancienne moitié de Lunatic au côté d’Ali, Booba est depuis plus de quinze ans le roi du « rap game » français dans sa version « gangsta » inspirée des Etats-Unis : go muscu, tatouages, biatchs et calibres. Quant à Kaaris, ancien protégé du susnommé Booba, il officie dans un genre similaire, sinon jumeau. Filmé par des touristes ébahis, et certains plus opportunistes qui n’ont pas hésité à monétiser leurs vidéos dans le plus pur esprit « start up nation » cher à Emmanuel Macron, le « combat » entre les deux groupes de vedettes a eu lieu dans une salle d’embarquement du hall 1 du terminal ouest de l’aéroport d’Orly, provoquant les retards de sept vols et de nombreux dégâts matériels dans un duty-free, ainsi que le transfert de voyageurs vers une autre salle d’embarquement. Le groupe gérant l’aéroport a d’ailleurs décidé de porter plainte en réaction pour"trouble à l'ordre public" avec préjudice d'image et financier, mais aussi "mise en danger de la vie d'autrui", les événements ayant empêché la mise en place d'un périmètre de sécurité autour d'un bagage abandonné…
Le parcours des combattantes
Elles s’appellent Marie, Clémence, Véronique, elles ont la trentaine, tout juste parfois, elles travaillent et ont une vie de couple avec un compagnon qu’elles aiment. Seule ombre dans ce tableau qui pourrait paraître idyllique, l’absence d’enfant. Cette naissance est pourtant voulue, souhaitée avec une impatience fébrile. Et cependant la nature se fait tirer l’oreille. Des mois, parfois des années, dans l’attente de ce qui ressemble de plus en plus à l’annonce d’une libération. Rendez-vous chez toutes sortes de spécialistes, examens médicaux, compléments alimentaires, traitements à répétition, radios, IRM... un véritable parcours des combattantes qui assèche les finances et brise le moral et parfois les cœurs et les couples. Pour s’en convaincre il suffit d’aller sur internet. Là, des dizaines de blogs ou de forums aux noms évocateurs, « des bras vides », « mon bébé patience », recueillent les témoignages de femmes entre espoir et abattement. Des lieux de discussion où l’on se donne des conseils, échange des adresses, permettant à certaines de comprendre les résultats de certains examens car l’attente d’un rendez-vous chez un spécialiste est difficilement supportable. Il faut savoir, comprendre, se préparer à continuer ou se dire que ça sera « pour le prochain cycle ».
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L’honneur des Mapuches
En 1860, un ancien avoué de Périgueux, devenu aventurier, est proclamé roi de Patagonie par les Indiens Mapuches. Sans descendance, le monarque a une dynastie spirituelle bien vivante aujourd’hui. A 23 ans, le garçon a de qui tenir. Du côté paternel on trouve un arrière-grand-père général de l’armée royale roumaine, un grand-père, Jean Parvulesco, icône secrète de la Nouvelle Vague et grand ami du cinéaste Éric Rohmer; et un père journaliste partageant sa vie entre les Carpates et la Bavière. Du côté maternel, une famille d’aristocrates poitevins, les Ternay, dont l’un des membres fut archevêque de Bordeaux au XIXe siècle. C’est depuis la propriété familiale angevine de La Lucière, qui servit de cadre à la chouannerie de 1815, que Stanislas Parvulesco dirige désormais les destinées d’un royaume mythique mais bien réel: l’Araucanie-Patagonie. Par l’action et [...] Suite à lire dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Insupportable portable
Nan ! mais c’est pas vrai! » L’apostrophe avait été prononcée d’une voix si chargée de colère, qu’E., tranquillement carré dans le fauteuil du bus, ne put s’empêcher de lever un œil de sa lecture pour voir de quoi il retournait. « C’est pas vrai! Elle va téléphoner jusqu’au terminus, cette mal-élevée! Comme si on n’avait rien d’autre à faire que de l’écouter débiter ses petites histoires! »Et la dame de prendre à témoin les autres voyageurs, certains baissant les yeux un peu gênés, d’autres hochant la tête d’un air résolu, comme s’ils étaient prêts à faire un mauvais sort à la jeune femme qui osait téléphoner dans cette enceinte sacrée. À portée de baffe, impavide, [...]
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La guerre faite aux mots
Des pouvoirs auxquels tout échappe, que leur reste-t-il sinon de s’en prendre aux mots ? Emmanuel Macron, qu’on pensait à cet égard moins « suiviste », a décidé d’exaucer une grande idée de son prédécesseur : supprimer le mot race de la Constitution, une Constitution définitivement transformée en pâte à modeler. Les représentants du peuple ont réussi à faire l’unanimité en commission sur cette importante décision, qui porte un coup de plus à la langue française, dont ces benêts semblent ignorer la polysémie, la variété, les nuances, en un mot la richesse. Il paraît donc que le mot race choque l’irénisme à la mode. Taisez ce mot que nous ne saurions entendre, disent à l’unisson nos modernes Tartuffe. Mais supprimer, voire, interdire un mot qui a deux pages dans notre bon vieux Littré, et encore deux pages dans notre moderne Grand Robert, ne va pas être facile. Le premier sens qu’en donne le Littré est : «Tous ceux qui viennent d’une même famille ». De même le Grand Robert : « Famille, considérée dans la suite des générations et la continuité de ses caractères ».
Aude Mirkovic analayse le rapport du Conseil d’État sur la bioéthique
Aude Mirkovic est maître de conférences en droit privé. Elle est l’auteur de PMA : un enjeu de société, sorti en 2018 aux éditions Artège, et du roman En Rouge et Noir, sorti en 2017 aux éditions Scholae. Nous l’avons interrogée à propos du projet de loi relatif à la biothétique. Le Conseil d’État vient de rendre son rapport sur le projet de loi à venir. Que vous inspire sa lecture ? Etes-vous rassurée par sa prise de position sur l’euthanasie ? Le CE fait état des obstacles éthiques et juridiques qui s’opposent à l’euthanasie ou encore à la gestation pour autrui, et on ne peut que s’en réjouir. Il suffit d’imaginer un rapport en faveur de ces pratiques pour mesurer combien la situation serait plus compliquée. Mais le Conseil d’État se montre laxiste dans l’interprétation des principes lorsqu’il s’agit de la PMA pour les femmes célibataires et les couples de femmes : pour lui, il n’y a aucune obligation de légiférer sur ce point, ce qui est heureux, mais aucun obstacle non plus, ce qui est très discutable. En réalité, le rapport fait état de nombreux obstacles, graves, mais il n’en tire pas la conclusion qui s’impose, renoncer à ce projet, et veut laisser la question ouverte pour le législateur.

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