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L’honneur des Mapuches

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Publié le

29 juillet 2018

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En 1860, un ancien avoué de Périgueux, devenu aventurier, est proclamé roi de Patagonie par les Indiens Mapuches. Sans descendance, le monarque a une dynastie spirituelle bien vivante aujourd’hui.

 

A 23 ans, le garçon a de qui tenir. Du côté paternel on trouve un arrière-grand-père général de l’armée royale roumaine, un grand-père, Jean Parvulesco, icône secrète de la Nouvelle Vague et grand ami du cinéaste Éric Rohmer; et un père journaliste partageant sa vie entre les Carpates et la Bavière. Du côté maternel, une famille d’aristocrates poitevins, les Ternay, dont l’un des membres fut archevêque de Bordeaux au XIXe siècle. C’est depuis la propriété familiale angevine de La Lucière, qui servit de cadre à la chouannerie de 1815, que Stanislas Parvulesco dirige désormais les destinées d’un royaume mythique mais bien réel: l’Araucanie-Patagonie. Par l’action et la plume du romancier Jean Raspail, on connaît mieux depuis trois décennies l’histoire de cet avoué périgourdin, Antoine de Tounens (1825-1878) parti soulever les tribus mapuches aux confins du Chili et de l’Argentine et fonder un royaume indien, indépendant de 1860 à 1862.
Ce royaume, qui possède son hymne national (composé au Chili en 1864) et son drapeau (bleu, blanc et vert), Stanislas Parvulesco l’a reçu en héritage spirituel à la mort du précédent Prince, Philippe Boiry, personnage truculent et attachant, authentique héros de la Résistance mort sans descendance en 2014. « Il y a de nombreuses personnalités intéressantes qui ont œuvré depuis un siècle et demi pour faire vivre le royaume d’Araucanie, rappelle Stanislas Parvulesco, comme les poètes Charles Cros et François Coppée, ou encore Monseigneur Jobit, professeur de philosophie de François Mitterrand, historien hispanophone réputé et prélat de sa Sainteté. » Stanislas Parvulesco est un enfant politique de la Manif pour tous, qu’il contribue en 2013 à animer à Cholet, au cœur de la Vendée militaire. Il est vite déçu par la politique française malgré un bref passage dans les rangs clairsemés du Centre National des Indépendants et Paysans (CNIP). Ce qui le passionne désormais, c’est la géopolitique avec une méfiance certaine pour « l’impérialisme américain ».

 

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Sensible à la vision eurasienne du philosophe russe Alexandre Douguine, le Prince Stanislas multiplie les interventions à l’Est: Serbie, Roumanie, Moldavie… « Il s’agit d’aider les vieilles nations à résister aux manœuvres du nouvel ordre impérial mise en place par les États-Unis. Il faut lutter contre l’asservissement des esprits et des peuples. Nous combattons pour la diversité du monde contre la matrice uniformisatrice qui se déploie sur l’ensemble des continents. » Chaque été, à l’occasion la fête de Sainte Rose de Lima, le Prince Stanislas se rend en Périgord pour la fête nationale du Royaume. Il nous détaille le programme des festivités: « Une messe est célébrée dans la chapelle du manoir natal d’Antoine de Tounens, à Chourgnac-d’Ans, près de Tourtoirac où il est enterré au cimetière. On fleurit sa tombe, on vide quelques bouteilles de Pécharmant ou de Bergerac et on ripaille dans un restaurant des bords de l’Auvezère en l’honneur du fondateur de la dynastie. Cela fait parler des Mapuches dans la presse locale, comme le jour où j’ai inauguré une stèle et planté un araucaria en hommage à leur lutte émancipatrice dans la ville pyrénéenne d’Oloron-Sainte-Marie, à l’invitation du maire de celle-ci, mon ami Hervé Lucbereilh. On ne lâche rien ! ». Gentilhomme attaché aux traditions, Stanislas Parvulesco ne dédaigne pas de lorgner parfois un peu vers la gauche : il s’affiche volontiers en photo avec Jean-Luc Mélenchon ou honore de sa présence des événements organisés par l’ambassade du Venezuela : « J’aime beaucoup la chanson de Jean Ferrat qui s’intitule “La complainte de Pablo Neruda”, dont l’un des couplets dit: “Sous le fouet de la famine / Terre, terre des volcans / Le gendarme te domine / Mon vieux pays araucan.” Il avait compris le sens de notre combat. » À quand un stand patagon à la fête de L’Humanité?

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