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La transgression en marche
Jacques Ellul était un visionnaire. En 1935, il faisait paraître Nous sommes des révolutionnaires malgré nous, en collaboration avec Bernard Charbonneau. Celui qui était engagé dans la mouvance personnaliste connue sous le nom des non conformistes des années 30, critiquait à la fois les dérives du système capitaliste et l’impasse de la réponse marxiste. Avec beaucoup d’autres, il prônait une troisième voie qui mettrait en lumière la dimension spirituelle de la personne humaine, à l’opposé du capitalisme et du marxisme qui communient dans un même matérialisme. Avant même Bernanos (La France contre les robots, 1947) ou Thibon (Vous serez comme des dieux, 1954), il avait perçu d’emblée le pouvoir mortifère et démiurgique que s’arroge la technique lorsqu’elle prétend faire le bonheur de l’homme, quitte à le faire sortir, pour cela, de sa condition d’homme en augmentant ses capacités ou en industrialisant sa reproduction.
Vite ! Le suicide pour tous avec Konbini News !

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« Bonjour, je m’appelle Jacqueline, j’ai soixante-quatorze ans, et j’ai décidé, en janvier 2020, de mettre fin à mes jours ». Face caméra, une femme extrêmement bien conservée pour son âge, déclare tout de go vouloir se suicider. Un mauvais film de science-fiction sur un scénario de Michel Houellebecq ? Non, la réalité vue par la tête de gondole de Konbini News, le si charmant Hugo Clément.

 

Il est mignon Hugo Clément avec son jean slim retroussé dévoilant des Stan Smith immaculées portées sans chaussettes, et sa chemise à col Mao en jean, toujours, sous laquelle apparaît un tricot de corps blanc. Cheveux bien dégagés au-dessus des oreilles et sourire Toniglandyl, l’apparence juvénile du journaliste passé par l’école Yann Barthès rassure. On serait d’ailleurs tenté de croire que ce costume si lisse n’est pas un déguisement, mais bien ce qu’est Hugo Clément : un chic type bien dans ses baskets, bien dans son époque, pur produit du temps, ne se nourrissant que de riz blanc japonais et de soupes miso.…

Etats-Unis : une fuite en avant sociologique
On a beaucoup glosé sur les lignes de force des électorats de Donald Trump et d’Hilary Clinton, symptomatiques d’une fracture occidentale, opposant les grandes métropoles à des « périphéries », les communautés entre elles, ou même, les classes cultivées aux catégories moins éduquées. Se jouerait, en filigrane, un conflit quasi eschatologique entre un vieux monde occidental refusant de disparaître, en l’espèce celui des grands espaces, des cowboys, de l’Amérique des pionniers, et, un nouveau monde plus sensible au progrès, écolo, multiculturel, avènement d’un homme d’après. C’est ici, d’ailleurs que les visions divergent : le multiculturalisme, ce combat permanent contre le mode de vie « dominant », celui venant de l’Europe moderne, est-il l’étape préliminaire obligatoire avant l’émergence d’un monde de l’indifférence, où les races, les religions, et tous les attachements collectifs, finiraient par céder le pas au règne de l’individu monocolore, ou bien un état destiné à devenir permanent ?
Les sacrifices humains sont-ils de droite ?
Selon Megan Fox, l’inoubliable April des Tortues Ninja 1 et 2, les producteurs de films pratiqueraient le sacrifice humain en n’étant pas assez attentifs aux idées créatives des actrices. Quant aux auteurs de South Park, ils soutiennent que la rotation rapide des jeunes chanteuses, jetées en pâture aux médias et au public et littéralement consumées, est un sacrifice propitiatoire pour assurer de bonnes récoltes. Il semblerait que notre époque fabrique ainsi à la chaîne des victimes, plus ou moins consentantes, qui vivent une existence exaltante avant d’être brusquement jetées à bas des piédestaux où elles avaient été juchées. Le schéma est récurrent. Si l’on n’est pas encore dans la production industrielle, on a quitté le stade de l’artisanat d’art: héros de téléréalité ou politiques, Nabila ou Najat, tous victimes de ce goût pour la mise à mort publique, collaborative et virtuelle, en mode open sacrifice 3.0. Mais ce ne sont que de piètres succédanés de sacrifice humain, une purge régulière de nos mauvais instincts voluptueux qui laissent le peuple en attente de la véritable cérémonie.
Deuxième attentat au Bataclan
Une colère froide. La programmation pour deux dates du rappeur Médine au Bataclan a provoqué une agitation qui dépasse les seuls relais de la droite. C’est Russia Today qui a sorti le premier article sur cette affaire, relayé par plusieurs personnalités politiques, y compris au sein de LREM. Médine, ou Médine Zaouiche, est un rappeur musulman originaire du Havre. En 2005, il sort un album intitulé Jihad, album qui pourrait être l’exemple chimiquement pur de l’utilisation marketing de la Taqîya, pratique consistant à mentir effrontément aux « mécréants » pour faire avancer l’ordre islamique dans la société, c’est-à-dire la Charî’a. Une disposition tactique issue d’une réinterprétation du Coran mise au point par Al-Qaeda dans les années 90. Le rappeur apparaît sur la pochette avec un tee-shirt où le « J » de Jihad est en forme de sabre. Le sous-titre de l’album explique que « le plus grand combat est contre soi-même ». Or, lorsqu’on se bat contre sa nature, un sabre est évidemment inutile. Et il n’y a rien d’inutile sur une pochette d’album.
Pédophilie : catholiques, sortez de votre bulle !
Les cas de pédophilie dans l’Église, même quand ils datent de plusieurs dizaines d’années, sont un sujet récurrent dans la presse et le cinéma. Une atmosphère assez sordide, où les crimes de quelques-uns décrédibilisent et affaiblissent l’ensemble de l’Église et des catholiques. Pendant ce temps, le catho regarde ailleurs, et s’étonne d’être de plus en plus seul. Le lemming est un petit rongeur des régions arctiques : inoffensif et sympathique, il se reproduit à un rythme élevé et vis en groupe. Et selon la légende inuite, les groupes de lemmings se livrent régulièrement à des suicides collectifs, quand l’environnement se fait trop dur et les prédateurs, trop pressants. Toutes les caractéristiques des catholiques français.  Ces derniers ont aussi adopté depuis longtemps la posture de l’autruche : excepté lors de l’épisode de la Manif Pour Tous, ils se sont repliés sur leur sphère familiale et leur paroisse, évitant soigneusement d’aborder les sujets qui fâchent avec le reste de la population française. Celle qui navigue entre catholicisme culturel et athéisme de posture, et qui n’entend parler de l’Église que pour défendre l’immigration ou lors des affaires de pédophilie. Dernier exemple en date : en une semaine, un rapport américain qui accuse près de 300 prêtres de Pennsylvanie d’actes pédophiles (remontant jusqu’en 1940) et une lettre ouverte du Pape François dénonçant les manquements de l’Église et exhortant les catholiques à se mobiliser.
Michel Maffesoli, chantre du post-modernisme
Dans Être postmoderne, Michel Maffesoli, intellectuel intrépide et sociologue de l’imaginaire, résume et déploie les principales notions qu’il a forgées pour décrire l’univers symbolique de notre temps. Certains de ses concepts se sont d’ores et déjà imposés à tous. Une œuvre aussi prolifique que celle de Michel Maffesoli comporte forcément des ouvrages de différents types. Des livres qui lui permettent de développer sa pensée, livres parfois difficiles, ainsi, La Violence totalitaire (1978), ou encore son livre phare, Le Temps des tribus, le déclin de l’individualisme dans les sociétés de masse (1988), constamment réédité depuis trente ans et enfin, dans un registre épistémologique, La connaissance ordinaire (1985) ou philosophique, La parole du silence (2014). Des livres dans lesquels il va enrichir les précédents, les imager, ainsi Le Nomadisme,  Le Réenchantement du monde, La Raison sensible, L’Ordre des choses.  Enfin, émaillant cette production régulière, des livres plus courts et plus abordables, synthétisent, concrétisent, imagent les contenus des premiers. Être postmoderne appartient à cette catégorie, comme La France étroite  ou Les Nouveaux Bienpensants.

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